C’est après une soirée loto organisée par l’Amicale des pompiers de Vimoutiers (Orne) que son président a commencé « à avoir des doutes ». En effet, à l’issue de cette soirée, le trésorier n’a pas été en mesure d’en fournir la recette. Doutes renforcés après la démission de ce même trésorier, quand le président a constaté « des virements suspects et des factures pas honorées ».
Un détournement de 14 000 euros
Ont été constatés des virements pour une somme d’environ 14 000 euros du compte de l’amicale vers le compte du prévenu, et une « baisse significative » des dépôts en numéraire sur le compte de l’amicale, dépôts principalement issus de la vente de calendriers, et qui sont passés de 17 000 à 2 200 euros en quelques années.
Une baisse que le prévenu n’a pas été en mesure d’expliquer. Ont été également découverts de nombreux emprunts, octroyés à l’Amicale des sapeurs pompiers, mais qui ne sont jamais arrivés à destination.
Un trésorier en difficulté
Selon le trésorier, le président était au courant de ce qu’il appelle « des emprunts », permis afin de faire face à une période difficile, entre séparation d’avec sa femme, procès pour violences envers elle et ses trois enfants, endettement régulier et difficultés à s’acquitter de la pension alimentaire.
Il tente d’assurer le tribunal de sa bonne foi, admettant n’avoir peut-être pas toutes les compétences requises pour la fonction, mais animé par le souci de faire du mieux qu’il peut. Il évoquera des cahiers et un disque dur dans lesquels « tout est noté », mais qu’il n’a cependant pas pu produire à l’audience.
Des bilans invisibles
Le président affirme ne pas avoir autorisé ces pratiques. Selon les personnes entendues au cours de l’enquête, le trésorier n’a jamais rendu compte de ses activités au sein de l’association, pas plus qu’il n’a produit de bilan, ou alors de manière trop insuffisante, « un seul en 4 ans » selon la déposition d’un témoin. Des bilans que même le trésorier-adjoint n’a jamais pu consulter.
Le trésorier plaide l’erreur
Le trésorier reconnaîtra quand même avoir utilisé le compte de l’Amicale à des fins personnelles, pour y cacher de l’argent issu d’activités non déclarées. « Je me suis peut-être trompé », avance-t-il, tout empêtré qu’il était dans un contexte de vie difficile, entre alcool et séparation. Il n’empêche qu’il a récupéré plus d’argent qu’il n’en a caché. Il a également financé une partie de l’achat d’une moto avec le compte de l’association.
À lire aussi
Exaspéré par les dépôts sauvages dans l’Orne, il les transporte jusque sous le nez des élus
L’Amicale partie civile
Le président a évoqué ses doutes aux membres du bureau de l’association. Le prévenu a été convoqué à plusieurs reprises « mais ne s’est jamais présenté ».
Le président a cédé sa place en février de cette année, mais c’est lui qui est à l’origine du déclenchement de l’affaire et qui a reçu la convocation, d’où sa présence à l’audience avec son successeur. Celui-ci s’est constitué partie civile au nom de l’Amicale et entend récupérer les sommes détournées, environ 14 000 euros, obtenir un dédommagement et le remboursement des frais engagés par l’affaire.
Abus de confiance caractérisé, selon le procureur
Le prévenu a réponse à tout, il est précis, ce qui est contradictoire avec le dossier, ou rien n’est traçable
Rien ne justifie les mouvements d’argent vers le compte du prévenu qui a « fait tout le contraire de ce qu’il fallait faire ». Selon lui, la bonne santé financière de l’association ne justifie pas qu’elle ait recours au prêt. L’abus de confiance « est particulièrement caractérisé » a-t-il conclu. Il requiert une peine de 8 mois de prison avec sursis, l’indemnisation de la partie civile et l’interdiction pour le prévenu d’exercer des fonctions au sein d’une association pendant 3 ans.
Contraint à rembourser l’Amicale
Le juge suivra ses réquisitions. Le prévenu devra également rembourser l’Amicale des sommes détournées et lui verser une indemnité de 200 euros, au titre du préjudice d’atteinte à l’image.
Source link