Depuis cette année, les élèves du collège Roger-Martin-du-Gard de Bellême (Orne) ne jouent plus au golf. Auparavant, l’Association Sportive du Golf de Bellême Saint-Martin (ASGB) accueillait des élèves des classes de 4ᵉ et 3ᵉ, puis de 5ᵉ et 6ᵉ.
À son apogée, l’initiative comptait près de 25 élèves du collège Roger-Martin-du-Gard
Entre 2003 et 2024, à hauteur d’une ou deux sessions par semaine, soit trois heures hebdomadaires durant les périodes scolaires, les élèves se régalaient. « En 2024, la dernière année du programme, 14 élèves, de la 6ᵉ à la 3ᵉ, ont participé pour un coût global d’environ 500 €/mois ».
No comment
« L’intégralité de cette somme était destinée à la rémunération du professeur » poursuit le président de l’ASGB.
Qui tient à préciser que « le département et l’ASGB mettaient à disposition les équipements et les infrastructures gratuitement ».
Les 10 bonnes raisons pour jouer au golf
Forme physique. Coordination. Discipline mentale. Aptitudes sociales. Résolution de problèmes et stratégie. Développement du caractère. Sport pour toute la vie. Appréciation de la nature. Soulagement du stress. Esprit de compétition.
Reza Ghaem-Maghami ne sait pas pourquoi les élèves du collège ne viennent plus, il n’a obtenu aucune explication de l’institution scolaire et de sa nouvelle directrice.
Mais il regrette la décision quelles que soient les raisons qui ont présidé à la décision.
Combien de villages de 1 500 habitants possèdent-ils un golf d’une telle qualité, totalement équipé pour recevoir des enfants ? L’opportunité de recevoir des enfants dans un cadre éducatif est désormais loupée, je ne comprends pas.
Le président ajoute : « C’est un golf de tout premier plan, en très bon état, les installations sont adaptées à l’enseignement ludique d’un sport exigeant ».
Contactée à plusieurs reprises par Le Perche, la direction de l’établissement n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.
Pas de profit en vue
L’argent ne peut pas être le moteur du choix. L’association n’a pas pour but de faire du profit mais d’éduquer.
Les élèves des écoles de Bellême profitent d’une initiation totalement gratuite.
« L’an passé, l’école Saint-Michel nous a sollicités pour organiser une initiation pendant deux journées dans le cadre des Jeux olympiques. Destinée aux classes de CM1, CM 2 et CE2, l’initiation a permis à 38 élèves de découvrir ce sport, encadrés par notre professeur, Éric Boucau, et accompagnés de deux enseignants de l’établissement. »
Quant à l’école publique de Bellême, Reza Ghaem-Maghami parle « d’échanges très positifs pour une opportunité similaire en mai/juin ».
La découverte de soi et la concentration
Il insiste sur les valeurs du golf.
C’est un sport que l’on peut pratiquer toute sa vie. Nous sensibilisons les parents sur les bienfaits de ce sport pour leurs enfants. Notre moteur, c’est la jeunesse, et le golf aide, entre autres, à la découverte de soi et à la concentration.
La question de la représentation sociale du golf, souvent jugé très élitiste, a-t-elle joué un rôle dans la décision du collège ?
Reza Ghaem-Maghami est formel : « nous proposons un golf à l’antithèse de l’image bourgeoise ou aristocratique de ses débuts british. Considéré comme le seul art martial européen, notre golf est populaire et il peut être pratiqué par tout le monde ».
Comment populariser l’activité du golf
Bien sûr le fait que l’on doive consacrer quatre heures de son temps à évoluer sur un parcours n’aide pas à populariser l’activité.
Mais comme le souligne le président, « marcher en forêt, faire une balade d’une heure à poney quand il faut le préparer et s’en occuper après la promenade, ça prend aussi beaucoup de temps ».
Et il compare le golf au tennis : » Le tennis était un sport très élitiste il y a trente ans, gageons qu’il en sera de même pour le golf ».
Une école pour tous
D’ailleurs Bellême accueille toute l’année des jeunes à l’école de golf.
« L’école de golf de l’ASGB compte 25 élèves cette année, pour une cotisation annuelle de 180 € pour l’association, ainsi qu’un coût additionnel de 25 € pour la licence de golf ».
Le golf exige de la discipline, de la concentration, de la technique, il appelle à l’excellence. C’est une leçon de vie, on est seul avec la balle et l’on joue avec trois ou quatre amis.
Dès l’âge de 6 ans
Gabriel Javitch, joueur à l’école de golf de l’ASGB a été initié très tôt, à l’âge de 6 ans. Sa maman se souvient : « il était haut comme trois pommes » et chaque samedi pendant 1 h 30 il suivait ses cours.
« Au début ça ne lui avait pas plu tant que ça mais il avait la morphologie pour, il est grand, longiligne, élancé ».
Et puis Bellême ne compte pas des possibles infinis en matière d’activités sportives.
Et le golf avec son infrastructure au top représentait un atout non négligeable. Alors entre l’équitation où les horaires sont stricts et la pratique en plein air par tous les temps difficile et le golf, Gabriel a choisi.
Il a persévéré tant et si bien dans la pratique du putt qu’il caresse même l’idée d’en faire son métier. « Mais il ne faut pas rêver », relative l’adolescent âgé de 13 ans, « c’est un rêve, une idée plaisante qui me traverse l’esprit car pour en vivre il faut faire partie des 300 meilleurs mondiaux ».
Être professionnel, un rêve inaccessible ?
Pour l’instant Gabriel poursuit ses entraînements « pour jouer de mieux en mieux » , multiplie les concours avec l’école et en solo. Il l’affirme, « j’aime bien les compétitions » , et sa mère l’encourage dans ses choix. « Le golf, ça lui donne une très grande maturité, ça forge son caractère, il doit se confronter à des situations difficiles et se dépasser ».
Enfant, j’aurais rêvé découvrir un tel sport.
Mais le goût pour la pratique du golf, la découverte et l’initiation comme enfant ou ado, à l’école ou au collège, c’est encore Reza Ghaem-Maghami qui en parle le mieux.
D’où son incompréhension face à la décision brutale et à ce jour toujours inexpliquée de la direction du collège de Roger-Martin-du-Gard.
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