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les bandes ne savent même plus pourquoi elles se battent

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« Et en plus, vous vous battez pratiquement devant mon tribunal ! » Il y a plus que de l’agacement dans la voix du président du tribunal de Versailles, en ce lundi 31 mars 2025. Devant lui, deux frères âgés de 18 et 19 ans. L’un vit encore à Trappes (Yvelines). L’autre est installé à Vélizy-Villacoublay. Et les deux sont des grands habitués de la justice. Preuve en est, ils n’ont même pas besoin qu’on leur indique quand parler, quand s’asseoir ou quand se lever. C’est presque un automatisme.

Tous les deux ont participé à une violente bagarre, quelques jours plus tôt, en plein cœur de la cité royale. Les bandes de Vélizy-Villacoublay et de Versailles se sont affrontées sans se soucier de la sensibilité du secteur : devant la mairie, à deux pas du tribunal et de la préfecture et à une centaine de mètres du commissariat. Cela ne les a pas empêchés de sortir béquilles, marteau brise vitre et couteau. Bilan : un jeune poignardé dans le dos et un autre avec la main fracturée.

Un vague regard

Le plus sidérant est que, dans leurs auditions, les deux mis en cause ont expliqué que les deux groupes ne savent même plus pourquoi ils s’affrontent. Un vague regard mal placé sur la place du Marché, datant de Mathusalem, traîne encore dans les esprits. Mais sans que l’on en lise encore un trait bien précis, comme l’a expliqué l’un des prévenus.

Quoi qu’il en soit, c’est bien le 26 mars 2025 que la bagarre a éclaté, à 16 h. Et que les deux mis en cause ont été identifiés grâce à des témoignages, aux caméras de surveillance de la Ville, à leur passif dans la maison police mais aussi parce que l’un venait tout juste de sortir d’une audition au commissariat. À peine 30 minutes plus tôt.

« Un ramassis d’idioties »

« Qui a porté le premier coup ? Qui a dit quoi ? Je ne veux pas le savoir », tranche d’emblée le juge.

Vidéos :

« J’ai lu vos déclarations qui sont un ramassis d’idioties et de mensonges. Et vous n’allez pas me faire croire que vous étiez là par hasard. »

Le président du tribunal

L’un assure pourtant qu’il a bien vu la bagarre mais qu’il n’a pas participé. « Je venais chercher quelqu’un au lycée. Et j’avais échangé avec ceux du quartier Jussieu pour leur dire qu’il fallait qu’on arrête avant que ça ne se termine par un mort. Ça s’est battu à côté de moi. »

L’autre embraye. « Moi je sortais de chez la police. J’allais chez ma petite amie récupérer mon téléphone que j’avais oublié le matin. Et je me suis fait arrêter. »

Un mineur, qui devra répondre devant la juridiction adaptée, a pour sa part plaidé la panne de train. « Il s’est arrêté en arrivant à la gare des Chantiers. Je n’ai pas le droit d’être à Versailles mais j’avais pas le choix. Alors je suis descendu et il y a eu la baston. »

Le tout fait ironiser le tribunal. « C’est vraiment pas de chance tout ça. Et pourtant, vous vous retrouvez à huit de Vélizy pour croiser, fortuitement ceux de Versailles… »

Les tours de parole étant tous passés, la décision est rendue. Chacun des frères a écopé d’une année de prison, avec maintien en détention. Versailles leur est interdite pendant 2 ans.



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