Home Faits Divers le patron de la police répond

le patron de la police répond

20
0


Yves Cellier est devenu officiellement le directeur interdépartemental de la police nationale de la Loire lundi 3 mars 2025.

Désossages de voitures, insécurité dans le centre-ville et les transports en commun, trafics de drogue, effectif… Le patron de la police ligérienne, âgé de 48 ans, a répondu à nos questions le 13 mars 2025, au commissariat central de Saint-Etienne.

« Les pièces volées sont revendues à l’étranger »

Actu : Les désossages des voitures continuent malgré le récent démantèlement d’un garage clandestin à Saint-Étienne : comment l’expliquez-vous ?

Yves Cellier : C’est une forme de délinquance récente et localisée dans le sud de la Loire et du Rhône, qu’on ne voit pas dans d’autres départements. Avec le récent coup de filet (90 victimes recensées pour un préjudice de 500 000 euros), il y a eu un ralentissement des faits mais pas un arrêt total. C’est l’une de nos priorités inscrites au Plan d’Action départemental de la restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ).
Ce phénomène s’appuie sur des réseaux existants. On sait que les pièces volées des voitures partent en conteneur puis revendues vers l’étranger, notamment le Maghreb.
On espère une réussite (des opérations) dans les mois prochains.
Plus globalement, en zone police, nous sommes au-dessus de la moyenne nationale concernant ce type de délinquance sur la voie publique (désossage, vols, etc).

« Pas plus de faits de délinquance en centre-ville qu’ailleurs »

Certains commerçants parlent d’une hausse du sentiment d’insécurité, des violences en centre-ville et veulent voir plus de « bleus » sur le terrain : que répondez-vous ?

YC : Chacun à son ressenti sur le sentiment d’insécurité. Ce qu’on peut dire dans les chiffres, c’est qu’il n’y a pas plus de faits de délinquances en centre-ville qu’ailleurs. Nous sommes sur le terrain et je suis content qu’on veuille davantage nous voir. Nous travaillons étroitement avec la police municipale et avec les militaires de l’opération Sentinelle qui patrouillent.
Il n’y a pas d’explosion de la délinquance à Saint-Etienne. Elle est à un haut niveau avec un volume d’affaires important.

Vous faites des troubles à l’ordre public aussi une priorité : comment se caractérisent-t-ils dans la ville ?

YC : On s’attaque aux troubles à l’ordre public occasionnés par des établissements (tacos, pizza, barbiers, bars associatifs) qui pullulent dans le centre-ville, dont on doute d’une activité réelle (ou pas).
Il y a une quantité de personnes qui mangent des kebabs dans cette ville, c’est absolument incroyable. Entre l’offre et la demande, on sent qu’il y a une différence (hiatus). Il va falloir qu’on s’en occupe et les fermer s’il le faut.

Le patron de la police ligérienne a répondu à nos questions le 13 mars 2025, au commissariat central de Saint-Etienne. (©Mathias Souteyrat / actu.fr)

« Nous sommes épargnés par les homicides du narcotrafic »

Narcotrafic, trafic de drogue… Saint-Etienne est-elle touchée aussi par cette criminalité ?

YC : Nous sommes épargnés par les homicides et les règlements de compte liés au narcotrafic, assez curieusement car nous avons du trafic de stupéfiants. On a identifié 39 points de deal sur nos secteurs.

« On reprend pied dans certains secteurs de l’espace public »

Une patrouille de police a été prise à partie dimanche soir à La Ricamarie : ces violences sont-elles en hausse ?

YC : Ce que je dois à mes policiers, c’est de les protéger. Depuis deux ans, il y a une diminution des violences urbaines (outrages et violences contre les forces de l’ordre, incendies de poubelles, dégradations…).
Mais les jets de projectiles contre les policiers sont tout de même en légère augmentation. La raison ? On reprend pied dans certains secteurs de l’espace public où on n’a pas forcément envie de nous voir. On dérange les délinquants et c’est une bonne chose.

Yves Cellier est devenu officiellement le directeur interdépartemental de la police nationale de la Loire lundi 3 mars 2025.
Yves Cellier est devenu officiellement le directeur interdépartemental de la police nationale de la Loire lundi 3 mars 2025. (©Mathias Souteyrat / actu.fr)

La préfecture de région annonce le recrutement de 200 policiers adjoints dans la métropole de Lyon et le Rhône : y a-t-il aussi besoin de renforts à Saint-Etienne ?

YC : Les effectifs de police ont augmenté depuis 2017 malgré le manque d’effectif actuel. L’objectif est de recruter 60 policiers adjoints, avec une ambition portée à 100 recrutements. Une campagne de recrutement va être prochainement menée dans la Loire.

« 70 % de la délinquance de la Loire en zone police »

On parle de plus en plus des violences intrafamiliales, de la sécurité dans les transports en commun : la police a-t-elle les moyens d’y répondre ?

YC : Les violences intra-familiales sont en baisse mais elles restent dans le secret du domicile et donc moins perceptibles par nos services. Toutefois, il y a une masse considérable d’affaires et cela nous met en difficulté dans le traitement judiciaire qui est technique, long et fastidieux.
Nous sommes présents aussi dans les transports en commun où un fait de violence est commis tous les deux jours. C’est aussi l’une des priorités et renforcer la sécurisation et notre présence pour rassurer les gens.

L’extinction de l’éclairage public fait-elle augmenter la délinquance et y a-t-il assez de caméras de vidéoprotection dans la ville ?

YC : Il faut tordre le cou à l’idée reçue que l’extinction d’une partie de l’éclairage public la nuit fait augmenter la criminalité, ce n’est pas vrai. Dans les chiffres, il n’y a pas d’impact sur la délinquance, on remarque même qu’à Terrenoire, les faits ont diminué.
Pour ce qui est des caméras de vidéoprotection, la métropole est bien dotée en nombre avec plus de 400 appareils installés.
Pour rappel, 70 % de la délinquance du département se fait en zone police.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here