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Le Gaute, Big Boubou et Romain Patraque… L’œil d’Ovale Masqué sur France

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C’est l’heure ! La plus belle période de l’année peut enfin commencer. Oui, c’est le retour de la meilleure compétition du monde, le Tournoi des 6 Nations ! Oui vous avez déjà lu cette intro 1000 fois. Oui, vous le sentez peut-être, mon enthousiasme est aussi feint que celui de François Trillo quand il doit commenter du rugby féminin.

On va être honnêtes, cette année, ce début de Tournoi est bizarre. Peut-être parce qu’il commence un vendredi soir de janvier. Peut-être parce que l’on affronte une équipe qui n’a plus gagné de match de rugby depuis une époque lointaine où on se disait tous « Trump ? Ahah ! Il va finir en prison celui-là ! ».

6 Nations : l’œil d’Ovale Masqué sur France – pays de Galles

Cette année, la première gorgée de bière du Tournoi a un vieil arrière-goût de Fernet frelaté. Alors qu’on devrait chanter la Marseillaise à tue-tête, gorgés de patriotisme, on grimace, on entend quelques fausses notes impossibles à ignorer. On dit souvent que le Tournoi est le Noël des fans rugby : et ben votre oncle gênant, celui qui porte une petite moustache parce qu’il pense que ça lui donne un air raffiné, celui qui se lance fréquemment dans de longues tirades incompréhensibles parce qu’il pense que ça lui donne l’air d’être un philosophe, a encore pété l’ambiance en vous offrant des cadeaux que vous n’aviez vraiment pas envie de recevoir. Pas à Noël en tout cas. Peut-être que si ça avait été à votre anniversaire, vous n’auriez rien dit. Mais là, c’était pas le moment.

Tout ce que j’avais demandé, c’était un kit pour un lissage brésilien… (©France 2)

On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus la compo du XV de France. Il faudra donc faire avec. Remarquez, il y a peut-être pire. Les Gallois, eux, doivent constituer une équipe avec 15 gars tirés au hasard dans la rue. « Hey toi ! Tu t’appelles Williams ? Thomas ? Allez, tu joues vendredi ! ». « Mais je vais être en face de Boudehent et Meafou monsieur Gatland ! Vous préférez pas m’envoyer en Ukraine ? ». Chacun sa merde, hein.

Regardez moi ce pauvre homme, qui a vu trop de guerre et trop de coudes de Sebastien Vahaamahina.
Regardez moi ce pauvre homme, qui a vu trop de guerres et trop de coudes de Sébastien Vahaamahina. (©France 2)
Vidéos :

Finalement, cette ouverture du Tournoi, c’est un peu la phase de poules de Champions Cup qui joue les prolongations. Une équipe semi-amateur va servir d’entrée aux ogres français. Ce sera violent, humiliant, pas très intéressant. Heureusement, il y a des affiches beaucoup plus excitantes qui vont arriver lors des mois de février et de mars. Et peut-être que, d’ici là, le mauvais goût dans la bouche aura disparu. Ou qu’on se sera habitués.

France – Galles : la compo des Bleus

Elle est par ici !

Et si vous voulez vous refaire le match, que diriez-vous d’un petit Cameron Wokisme Illustré ? Enjoy responsibly, comme on dit dans la langue de Joe Marler.

Le film du match

Étrangement, durant les premières minutes du match, on avait l’impression que les Bleus n’étaient pas vraiment dedans non plus. Il faut dire qu’entre le show d’avant façon Jean-Michel Jarre désormais obligatoire et un hommage à Medhi Narjissi tellement poignant qu’on a bien cru qu’on risquait de revivre un moment Guy Môquet, il était difficile d’entrer dans son match.

Même quand il est ému, Ramos a la tête de quelqu’un qui a envie de te démarrer.
Même quand il est ému, Ramos a la tête de quelqu’un qui a envie de te démarrer. (©France 2)

Le XV du Poireau, lui, a réussi son entame. Du moins, il est apparu appliqué. Je ne trouve pas de meilleur terme. En même temps, si demain, tu me mets dans une cage contre Francis Ngannou, moi aussi je vais essayer de m’appliquer. Les Gallois, qui sont donc désormais officiellement détenteurs du titre de « valeureux » du Tournoi, envoient des lancement de jeu proprets, quoiqu’un peu robotiques : on dirait presque les combinaisons dans Rugby 08. Ils défendent avec sérieux, sans trop subir, ce qui va leur permettre de terminer le premier quart d’heure sans prendre un seul point. Franchement, on devrait leur accorder un point de bonus rien que pour ça !

Nouvelle règle du Monopoly : vous allez en case Tournoi B sans passer par le barrage contre la Géorgie !
Nouvelle règle du Monopoly : vous allez en case Tournoi B sans passer par le barrage contre la Géorgie ! (©France 2)

Les Français se montent assez brouillons dans un premier temps, comme des enfants en sortie scolaire qui attendraient qu’on leur dise où qui faut aller. Et les moniteurs sont clairement identifiés : le XV de France, c’est l’équipe à Toto et à Thoto. Ramos éclaire d’abord le jeu avec un 50-22 tout à fait ramossien.

Presque sûr qu'il peut faire ça les yeux fermés maintenant.
Presque sûr qu’il peut faire ça les yeux fermés maintenant. (©France 2)

Puis, sur une pénalité vite jouée dans les 22 gallois, Dupont passe près de marquer, et il faut environ 8 joueurs gallois pour le museler et l’empêcher d’aplatir. Quelques minutes plus tard, le demi de mêlée nous offre le pire coup de pied de sa carrière.

Légende Comme Zeus qui se déguise en chèvre pour descendre sur terre, parfois Antoine Dupont se déguise en Yoann Huget pour attirer la sympathie des humains.
Légende Comme Zeus qui se déguise en chèvre pour descendre sur terre, parfois Antoine Dupont se déguise en Yoann Huget pour attirer la sympathie des humains. (©France 2)

Mais rassurez-vous, le meilleur joueur du monde et de tous les temps, Le Gaute comme on dit en bon français, ne tarde pas à retrouver son toucher magique. Après une bonne avancée des avants, le N°9 déclenche un coup de pied millimétré pour offrir l’essai à Théo Attissogbe. 7-0.

Etre ailier avec les Bleus, c’est finalement plus jouer au frisbee qu’au rugby.
Être ailier avec les Bleus, c’est finalement plus jouer au frisbee qu’au rugby. (©France 2)

Le premier, c’était probablement le plus dur. Maintenant, malgré toute leur bonne volonté, les Gallois vont regarder les essais défiler comme des vaches regardent les TGV. Tiens, en parlant de TGV : Bielle-Biarrey. Avec un beau mouvement français, l’ailier de l’UBB va polir ses stats. 

Ramos se fait même pas chier à sortir une passe correcte tellement y'a personne en face.
Ramos se fait même pas chier à sortir une passe correcte tellement y’a personne en face. (©France 2)

Cette fois, c’est Ramos qui est à la passe décisive, après un beau service en pivot d’Atonio, et un relais de Ntamack qui se contente ce soir de passer les plats. Pour l’instant, on l’a plus vu dans la pub l’Oréal que sur le terrain, mais quelque chose me dit qu’il va bientôt faire un truc que personne ne pourra louper.

Le 9 gallois, Big Boubou ne l'a pas loupé non plus.
Le 9 gallois, Big Boubou ne l’a pas loupé non plus. (©France 2)

En attendant, les Bleus continuent leur entraînement en opposition, avec la bienveillance des Welsh qui décident de prendre un jaune pour leur permettre de travailler un petit scénario de supériorité numérique. Dupont, lui, n’a pas le temps de jouer : il veut absolument être douché à 22h30 pour pouvoir savourer sa tisane d’après-match devant le Bigdil sur RMC Story.

Le capitaine français dépose toute la défense galloise, peut aller marquer tout seul, mais comme pendant la finale des JO il se dit « allez je fais croquer les copains » et Attissogbe peut claquer un doublé. Imaginez le kif pour ce jeune garçon, clairement réussir à marquer des essais n’est pas aussi facile quand tu joues tous les week-ends avec la Section Paloise. Là, il peut enfin tester le mode easy !

On vit globalement dans une époque de merde, avec une seule consolation : nous sommes les contemporains d'Antoine Dupont.
On vit globalement dans une époque de merde, avec une seule consolation : nous sommes les contemporains d’Antoine Dupont. (©France 2)

Ça fait déjà 21-0. Plus qu’un essai, et c’est déjà le bonus. Toto se dit « oh non, deux essais pour Théo, Louis va être jaloux » et décide donc d’équilibrer les parts. Sur une passe sautée, il offre son deuxième essai à LBB. 28-0 à la pause, allez, ça c’est fait.

L'ailier gallois a terminé sa glissade dans le canal Saint-Denis.
L’ailier gallois a terminé sa glissade dans le canal Saint-Denis. (©France 2)

À la mi-temps, le type de la météo de France 2 nous refait son classique coup du « regardez, ça c’est l’évolution des températures en France et au Pays de Galles depuis 30 ans, surtout n’oubliez pas qu’ON VA TOUS CREVER ! ». Tu dois être marrant en soirée, toi.

Ce gars là, je l'appelle le Vincent Clerc de la déprime et de l'angoisse de mort.
Ce gars là, je l’appelle le Vincent Clerc de la déprime et de l’angoisse de mort. (©France 2)

Ceux qui ne sont pas rigolos non plus, ce sont les Bleus. À leur grande époque, une telle domination était généralement suivie d’une prise de confiance excessive, d’un gros trou d’air et d’une remontada adverse. Plus maintenant. Les Gallois n’auront rien du tout ce soir, la défense tricolore continuant à leur mettre des stops avec la même cruauté froide qu’un pylône dans le tunnel du Pont de l’Alma.

Les minutes défilent, et rien de notable ne se passe. Jusqu’à l’évènement : Antoine Dupont sort, dès la 50e. Quelque part en tribunes, Maxime Lucu s’arrache les derniers cheveux qu’il lui reste (donc ses sourcils) en repensant à toutes les fois où on lui a fait confiance pour jouer environ 45 secondes. Le Garrec entre en jeu, accompagné de toute une armada de remplaçants, un bomb squad un peu futile, puisqu’il n’y a plus grand-chose à bombarder à part des ruines (toute ressemblance avec une certaine actualité serait purement fortuite).

Cela a au moins le mérite de faire souffler les titulaires : quand on voit comme les Anglais se sont dépouillés jusqu’à la 80e à Dublin, c’est toujours bon à prendre en vue du week-end prochain.

Tiens Fabien si tu cherches un seconde ligne, celui-là n'est pas très vieux mais il pisse plus au lit.
Tiens Fabien si tu cherches un seconde ligne, celui-là n’est pas très vieux mais il pisse plus au lit. (©France 2)

Il y a eu un petit peu de tout dans ce match, des exploits de Dupont, des bouchons de Boudehent, du Alldritt partout comme si on était revenus en 2022… il manquait juste un petit essai sur ballon porté. Et ben tiens, le voilà. Et c’est Marchand qui marque. La surprise est totale.

Bref, on se fait carrément chier, et mon esprit divague. Je me demande : et si on virait le pays de Galles du Tournoi ? D’abord, parce qu’ils sont nuls. Ensuite, parce que de toute façon ça n’a jamais vraiment été un pays. À la place, on pourrait mettre la Géorgie, enfin ! Ça ferait un peu de nouveauté. Déjà, l’intégralité des effectifs du Lou et d’Aurillac seraient réquisitionnés pendant deux mois. Karim Ghezal passerait son temps à se plaindre des doublons, et hériterait du surnom d’Ugo Moladze.

Le grand public apprendrait à connaitre d’autres joueurs que Davit Niniashvili. Évidemment, une fois passé le frisson de la nouveauté, on finirait par se lasser : soyons lucides, les Géorgiens aussi se feraient massacrer chaque week-end. Les hipsters du rugby balanceront des phrases de type « mouais, les Lelos, je préférais avant, quand c’était moins mainstream » et se déclareraient instantanément fans de la Roumanie. Ouais, ce serait marrant, quand même.

Visiblement l'eau des douches du Stade de France était froide (oui, les blagues de zizi c'est rigolo aussi).
Visiblement l’eau des douches du Stade de France était froide (oui, les blagues de zizi c’est rigolo aussi). (©France 2)

Le temps que je sorte de ma rêverie, les Bleus ont encore marqué. Depuis la sortie de Dupont, Ntamack a le droit de mener le jeu et de tenter des choses. C’est donc à son tour de délivrer une belle diagonale pour l’essai de Gailleton, cet homme qui a joué environ 42 minutes en équipe de France depuis 2 ans, mais qui compte tout de même déjà trois essais.

La belle histoire aurait pu se terminer comme ça pour Ntamack, qui reportait le maillot bleu pour la première fois depuis un an et demi et quand même : qu’on soit team Romain, team Matthieu ou team Joris (oui, ça existe) il nous avait un peu manqué. Hélas, le drame va se produire. La Zizou vs l’Arabie Saoudite en 1998. Alors qu’il n’y avait plus aucun enjeu, notre Grandisse écope d’un carton rouge plus que logique pour avoir envoyé son épaule dans la gueule de son vis-à-vis.

Romain patraque.
Romain patraque. (©France 2)

Ntamack, c’est le bon élève ultime, le type préparé depuis sa tendre enfance à tout déchirer : Bac S avec mention, prépa, sciences Po, l’ENA, le monde. Un sang froid à toute épreuve, jamais une seule émotion sur son visage parfait, jamais un épis dans sa chevelure parfaite. Le cyborg.

Et pourtant, il a fini par se montrer humain, il a pété un câble sans que personne ne comprenne pourquoi. Et voilà comment, comme par magie, Jalibert va passer de banni à vie à titulaire dans le temple du rugby. Merci Romain de remettre une pièce dans la machine, les médias rugby ont retrouvé leur histoire favorite à raconter, la semaine du Crunch.

Moi à l'idée de me taper une semaine d'articles en mode « JALIBERT, LA RÉDEMPTION DE LA DERNIÈRE CHANCE».
Moi à l’idée de me taper une semaine d’articles en mode « JALIBERT, LA RÉDEMPTION DE LA DERNIÈRE CHANCE». (©France 2)

L’autre histoire à raconter sera celle de Greg Alldritt, annoncé mort et enterré dès qu’il enchaîne deux matchs moyennasses, puis finalement ressuscité à chaque hiver. Le N°8 termine son très bon match par un essai en mode « on va pas y passer la journée », et les Français concluent ce premier entraînement à très moyenne intensité sur un score de 43 à 0.

« Mais putaaaaain faut tout faire soi-même iciiiiiii » (voix de François Cluzet)
« Mais putaaaaain faut tout faire soi-même iciiiiiii » (voix de François Cluzet) (©France 2)

Le pire dans tout ça ? Les Gallois n’ont pas démérité, ils étaient à leur max. Avant de réfléchir à développer le rugby partout dans le monde, faudrait peut-être déjà faire gaffe à ce qu’il survive dans des pays où il était historiquement implanté. En 2025, un Pays de Galles – Australie, c’est l’équivalent d’un Iles Féroé – Paraguay au foot, et ça fait chier.

Puisqu’on parle de monuments en péril, samedi prochain, les Bleus iront défier l’Angleterre à Twickenham. L’Angleterre nouvelle, celle que tout le monde aime désormais, car elle joue bien, mais elle a la politesse de perdre à la fin. Surtout, ne changez rien.

Meafou et Boudehent n'ont plus que 5 jours pour réfléchir à un plan de jeu pour fracasser Marcus Smith.
Meafou et Boudehent n’ont plus que 5 jours pour réfléchir à un plan de jeu pour fracasser Marcus Smith. (©France 2)



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