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Le député socialiste de l’Eure brigue la place de premier secrétaire du Parti socialiste

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En juin aura lieu le congrès du parti socialiste, vous venez d’annoncer votre candidature au poste de premier secrétaire. Que souhaitez-vous impulser ?

Alors ce n’est pas une candidature. D’abord, on dépose un texte qui fusionne avec d’autres textes et ensuite, on vote. Si on est dans les deux premiers textes retenus, on peut se présenter comme premier secrétaire. Je suis donc dans une démarche préalable pour être candidat. Avec d’autres élus qui nous soutiennent dans cette contribution, nous souhaitons doter le parti socialiste d’un nouveau logiciel qui tire les conséquences de la montée de l’extrême droite en France et de notre déconnexion vis-à-vis des classes populaires. Le PS a été inventé au début du XXe siècle pour servir les intérêts des ouvriers et des employés. Aujourd’hui, ils ne votent plus pour nous. Nous avons proposé d’augmenter le Smic et même les smicards ne votent plus pour nous. Je propose donc de doter le parti d’un nouveau programme, d’un nouveau langage qui sorte de l’enfermement mondain qui, aujourd’hui, déconnecte le Parti socialiste des préoccupations des gens qui travaillent.

Votre démarche se rapproche de celle de François Ruffin…

Oui, alors il n’est pas membre du Parti socialiste mais c’est vrai que François Ruffin comme moi, nous essayons de ramener la gauche à ses fondamentaux et retrouver un chemin pour qu’elle puisse enfin gagner. Depuis 2022, on constate qu’on arrive à faire de très hauts scores dans les centres-villes urbains aisés mais il y a un vrai problème avec les ouvriers et les employés qui ne votent plus pour nous.

On reproche aux membres du Parti socialiste leur côté « gauche-caviar », vous voulez casser cette image ?

En 2012, François Hollande faisait quand même 70 % chez les ouvriers. Aujourd’hui, ça ne va pas, il y a un problème.

« Ce ne sera pas la guerre des chefs »

Que proposez-vous de différent des trois autres candidats qui briguent le poste de premier secrétaire du PS, Olivier Faure, Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol ?

Je n’ai pas à qualifier les autres candidatures mais ce ne sera pas la guerre des chefs. C’est une démarche idéologique, de refondation du PS, un nouveau logiciel, de nouvelles personnes pour l’incarner et nous proposons de réserver aux élections des investitures à des gens issus de milieux populaires. Il y a un vrai embourgeoisement de notre parti. À l’Assemblée nationale, le groupe est composé essentiellement de cadres supérieurs. Moi qui ai créé l’école de l’engagement – première école politique en France pour les ouvriers et les employés – je souhaite porter l’idée que le Parti socialiste doit présenter des ouvriers et des employés aux élections. Pierre Bérégovoy était premier ministre de François Mitterrand, il était tourneur-fraiseur. Pierre Mauroy disait souvent ‘j’ai fait l’ENA, l’école nationale des apprentis’. Nous voulons soulever la question de l’écologie sous l’angle populaire. Nous nous inscrivons en faux contre l’écologie des ZFE (zones à faible émission) qui exclut les gens qui travaillent dur, qui ont des petits salaires en dehors des métropoles. On est favorable à une écologie qui met à contribution ceux qui polluent le plus. On est également favorable à un féminisme populaire. Le texte que nous avons déposé, qui s’appelle ‘le nouveau socialisme’, vise à donner à la fois une orientation nouvelle, un programme nouveau et une organisation nouvelle au Parti socialiste pour gagner en 2027 et battre l’extrême droite.

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Vous souhaitez impulser de la nouveauté au parti socialiste, ce qu’Olivier Faure proposait ne vous convenait pas ?

En 2017 et 2025, nous avons eu une phase tactique. Il s’agissait pour le Parti socialiste de sauver les meubles après l’effondrement de 2017 et le relatif échec du quinquennat de François Hollande. Il faut désormais laisser la tactique de côté et affirmer ce qu’est notre identité. On a besoin d’un Parti socialiste fort au sein de la gauche, qu’il ait des choses à dire. Sur la circonscription, les habitants me le disent, ‘on ne vous entend pas, affirmez-vous davantage’. On a besoin d’un Parti socialiste fidèle à ses engagements envers les classes populaires.

« On a besoin d’un Parti socialiste fidèle à ses engagements envers les classes populaires »

Vous êtes deux Normands à vous présenter. Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, vous avez soutenu lors des élections législatives anticipées. Étant tous les deux candidats, quels sont vos rapports ?

On est tous dans le même parti. Le principe d’un congrès est de mettre sur la table des idées différentes, avec des nuances entre les uns et les autres et de rassembler ensuite. Nicolas Mayer-Rossignol est un ami comme l’est Olivier Faure ou Boris Vallaud. Au congrès, on met au vote des militants un certain nombre d’options. On verra dans quelles conditions nous nous rassemblerons. J’ai une vraie proximité, amicale et intellectuelle, avec Nicolas Mayer-Rossignol. D’ici au mois de juin, il y aura des discussions, des rassemblements.

Vous souhaiteriez rassembler des militants et élus qui avaient pris un peu de distance à la création du Nouveau Front populaire, comme Jérôme Guedj ?

Oui, bien sûr, Jérôme Guedj est membre du Parti socialiste à l’Assemblée nationale, je crois qu’il se retrouve dans notre ligne. La question du NFP n’est plus une question clivante. Jean-Luc Mélenchon a décidé unilatéralement sa fin et mettre fin, dit-il, ‘à une alliance toxique avec les socialistes’. On arrive au bout d’un cycle, le PS ne peut plus compter sur la France insoumise pour exister et faire valoir ses propositions. Le parti doit s’affirmer.

Quelle est votre position sur la question d’un grand rassemblement à gauche ? Et notamment avec La France insoumise ?

Nous proposons déjà dans notre texte de rassembler toute la famille socialiste et de créer une fédération entre le Parti socialiste, Place publique de Raphaël Glucksman, la Convention de Bernard Cazeneuve, Benoît Hamon et son groupe Génération, la gauche républicaine et socialiste d’Emmanuel Maurel, l’Engagement avec Arnaud Montebourg, et pourquoi pas François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière. Cette fédération de gauche permettrait de discuter entre nous et de se présenter unis aux élections. Je suis favorable à la désignation d’un candidat à la présidentielle et qu’un rassemblement soit organisé avec les écologistes et les communistes, au minimum. Il faudra être le plus uni possible pour être au second tour et battre Marine Le Pen. Quant à La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a déjà déclaré sa candidature à l’élection présidentielle, ou il y a aura, quoi qu’il arrive, un candidat insoumis. Je crois que ça ne sert à rien de rechercher une union. Il faut que la gauche plurielle trouve le chemin d’une candidature commune qui passe d’abord par un PS fort.



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