La semaine dernière, Mattia Bellucci a créé la sensation sur le circuit ATP en atteignant les demi-finales du prestigieux tournoi de Rotterdam (ATP 500), après s’être offert le scalp de Daniil Medvedev ou Stefanos Tsitsipas.
Un an plus tôt, cette exposition médiatique était impensable pour l’Italien de 23 ans, alors modeste 193e mondial quand il fut éliminé au 2e tour du Challenger de Cherbourg sur le court « annexe », dans l’anonymat et le froid du complexe Bagatelle, devant une poignée de spectateurs qui n’imaginaient sûrement pas voir à l’œuvre le désormais 68e mondial.
Nadal ou Djokovic, les meilleurs exemples
Des trajectoires « express » comme celle de Mattia Bellucci sont loin d’être des cas isolés. Le Challenger de Cherbourg, et plus globalement l’ensemble de la 2e division du tennis mondial, ont depuis longtemps éprouvé leur rôle de tremplin pour des jeunes joueurs en « formation ».
D’autres exemples ? Rafael Nadal a été finaliste à Chantereyne en 2003 avant de décrocher deux ans plus tard le premier de ses 14 titres à Roland-Garros… Novak Djokovic a atteint les demi-finales en 2005 avant d’atteindre les quarts de finale Porte d’Auteuil l’année suivante…
Encore ? Gaël Monfils s’est incliné au 1er tour à Cherbourg en 2004 avant de remporter un an plus tard le premier de ses 13 titres ATP… Jo-Wilfried Tsonga a perdu au 2e tour en 2007 contre le 262e mondial avant de disputer moins d’un an après la finale de l’Open d’Australie.
Enfin, comment ne pas citer le cas de Sébastien Grosjean, vainqueur dans le Cotentin en février 1999 et finaliste à peine un mois plus tard du Masters 1000 de Miami où il avait battu Gustavo Kuerten et Carlos Moya, alors n°1 mondial.
Tout peut aller très vite dans le tennis. C’est pour ça que les classements ne veulent rien dire, il ne faut pas s’y fier. Un joueur qui vient à Cherbourg en étant 150e mondial ne joue pas forcément moins bien que lorsqu’il monte 50e.
Alors que le plateau de la 32e édition de l’événement phare du tennis manchois sera dévoilé mardi 18 février 2025, les organisateurs ne sont pas inquiets par rapport à l’éventuelle absence d’une belle tête d’affiche connue du grand public comme Richard Gasquet.
La liste des joueurs dévoilée le 18 février
« On aura quoi qu’il arrive des jeunes prometteurs et c’est sur cet aspect que l’intérêt du tournoi a toujours reposé. On a toujours des noms à retenir », insiste Alain Thiébot, qui prend en exemple de nombreuses éditions où le « tableau était truffé de joueurs mal classés, inconnus » mais devenus ensuite des stars du circuit, comme en 2003 (Nadal, Tsonga, Tipsarevic, Baghdatis, Simon…), ou 2005 (Djokovic, Wawrinka, Gasquet…) pour ne citer que ces deux années.
À l’image de Mattia Bellucci passé du 193e au 68e rang, plusieurs joueurs présents à Cherbourg en 2024 ont depuis grimpé dans la hiérarchie à l’image de Brandon Nakashima (désormais 43e mondial), Quentin Halys (74e) et surtout Giovanni Mpetshi Perricard. 164e mondial lorsqu’il fut battu au 1er tour par Benoît Paire, l’espoir français est maintenant installé dans le Top 30 à l’ATP et membre de l’équipe de France de Coupe de Davis. Les fidèles du Challenger étaient présents à Jaurès pour assister aux prémices de son éclosion.
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