S’il n’est pas encore très connu sur la scène politique, Emmanuel Michaud, 51 ans, artisan sur corne de père en fils, gendarme réserviste, est bien connu à Saint-Claude et dans les environs. L’envie de se lancer en politique lui vient de son grand-père gaulliste. Mais au fil des années, Emmanuel Michaud s’est plutôt laissé séduire par l’extrême droite.
Il soutient le Front National, puis prend sa carte au parti de Marine Le Pen.
Lorsqu’en juin 2024, le président de la République dissout l’Assemblée nationale et que de nouvelles élections législatives, il assure avoir « alerté les instances du RN sur la problématique de la candidature du candidat Thierry Mosca », qui s’est révélé être inéligible.
Emmanuel Michaud dit alors avoir « postulé » auprès des instances du RN pour être candidat, mais n’avoir pas été entendu. Il se rapproche alors de l’Union des droites (UDR) d’Eric Ciotti, dont il est le référent dans le Jura depuis novembre, explique-t-il.
« Je me présente à l’élection législative sans étiquette, mais en fait j’ai deux étiquettes : l’UDR et le RN ».
« Du local, que du local »
Ses idées, son programme ? « Du local, que du local ». Sur la santé, l’hôpital, l’éducation, l’agriculture, ses propositions mises noir sur blanc dans la profession de foi, s’inspirent clairement d’un agenda de droite conservatrice.
Pour sa toute première campagne politique, Emmanuel Michaud fait figure d’outsider face à la députée sortante Marie-Christine Dalloz (LR) – à laquelle il voue cependant une loyauté sans faille : « pour moi c’est toujours Mme la députée »; mais aussi face à la stratégie affichée du Rassemblement National, qui s’est choisi un candidat local, Gilles Guichon, tout en le flanquant de figures nationales du parti d’extrême droite pour les prises de parole publiques.
Des pressions
Emmanuel Michaud, qui a pris seul la décision de se lancer en politique, avoue subir de « nombreuses pressions », pour retirer sa candidature. Mais il n’en démord pas.
« Quand on voit ce qu’il y a eu localement en politique, ces élus qui ne s’entendent pas entre eux, moi je peux discuter avec tout le monde, je crois que je peux être la solution »
Et si l’outsider se retrouvait à jouer le rôle d’arbitre pour le second tour? « Je ne peux pas vous dire pour quel candidat j’appellerais à reporter les voix que j’aurais obtenues, car mon objectif, c’est passer au premier tour, en faisant plus de 50% », conclut-il.
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