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Le calvaire de deux gamins dans l’Orne, victimes des coups de leur mère toxicomane

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Les faits se sont produits à L’Aigle (Orne) entre le 1er janvier et le 13 avril 2024. Cette maman toxicomane, qui comparait détenue, s’est livrée à des actes de plus en plus violents sur ses deux garçons âgés de 8 et 5 ans, les frappant à coups de balai et de clubs de golf. Les enfants ont été placés provisoirement chez une tante.

Le dossier est particulièrement accablant pour la prévenue. Il lui arrivait d’« oublier » ses enfants à la sortie de l’école. Ceux-ci étaient alors pris en charge par des voisins. Dans de telles circonstances, les enseignants font état de « difficultés à joindre la maman ».

« Elle a pris un truc de golf et m’a frappé »

Le témoignage des enfants est consternant. Il confirme les nombreux coups reçus par les deux garçons. Parlant de son petit frère L. 5 ans, A. 8 ans précise qu’il « a été frappé là, là, là et là », en montrant du doigt les parties du corps du jeune garçon où effectivement le médecin expert a retrouvé des traces d’hématomes.

Elle a pris un truc de golf qui sert à mettre les balles dans le trou et m’a frappé à la jambe

A. 8 ans

Les garçons étaient parfois abandonnés seuls, enfermés dans la maison. Dans ces cas-là, ils mangeaient ce qu’ils trouvaient notamment des gâteaux. Mais l’aîné des garçons, prenant en charge son petit frère, a su aussi faire preuve de résilience et d’initiative. C’est ainsi qu’il a déclaré aux enquêteurs qu’il « savait faire cuire des nouilles et un steak ».

« Chez tata je mange tous les jours »

Parlant du placement chez sa tante, il dit que « chez tata, je mange tous les jours et je mange bien… ». L’ex compagnon de la prévenue parle d’une « femme qui a toujours été violente », « elle met des tartes et des coups de balai partout » précise-t-il au point que le plus jeune des garçons la qualifie de « maman tarte ».

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Il est également fait état « d’enfants jetés contre les murs ! ».

Consommation et trafic de stupéfiants

La clef de cette affaire réside dans la consommation addictive de stupéfiants, en particulier d’héroïne, pour laquelle la maman a déjà été condamnée à plusieurs reprises, consommation qui la rend potentiellement dangereuse pour ses enfants.

La prévenue, qui sortira de détention en octobre 2025, est désormais sans domicile fixe. Elle évoque dans le passé quelques périodes de travail comme agent d’entretien.

Des survivants

Représentant l’aîné des garçons, Me. Guyomard rappelle les sévices et privations subis et les qualifie de « survivants ».

Représentant le plus jeune, Me. Gautier évoque « des enfants délaissés, témoins de la consommation de toxiques de leur mère ».

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Les deux défenseurs laissent le dernier mot à A., 8 ans  qui leur a déclaré, « cela me rend triste. Je voudrais voir ma maman comme avant ».

Chaque mois, un enfant meurt sous les coups de ses parents

Pour le Ministère public, Cécile Marot-Quéré rappelle que chaque mois, un enfant meurt sous les coups de ses parents.

24 % des Français de plus de 18 ans ont déclaré avoir été victimes de violences

Cécile Marot-Quéré

Elle retient la culpabilité de la mère avec la circonstance aggravante résultant de sa qualité d’ascendant.

Faisant le pari d’une possible réhabilitation de la prévenue, elle requiert 12 mois d’emprisonnement assortis du sursis probatoire avec obligation de soins, de travail et de fixer sa résidence, ainsi qu’une interdiction de contacts avec ses enfants en dehors des droits de visite accordés par le juge des enfants.

Retrait de l’autorité parentale

Le tribunal prononce finalement huit mois d’emprisonnement avec sursis probatoire assorti de l’ensemble des obligations et restrictions sollicitées par le Parquet. Il attribue une indemnité de 1 000 € à chaque enfant et prononce, à titre conservatoire, le retrait de l’autorité parentale, à charge pour les magistrats spécialisés (juges des enfants, juge aux affaires familiales, juge d’application des peines) d’apprécier les modalités d’application de cette mesure en fonction de l’évolution de la situation.



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