Hausse de la délinquance en 2024, fusillades, actes de violences sur l’espace public… À Grenoble, la sécurité est au cœur des préoccupations des habitants à un an des élections municipales. C’est la conclusion du collectif Demain Grenoble, présidé par Hakima Necib, ancienne adjointe PS de la Ville sous le mandat de Michel Destot.
« Tous les Grenoblois sont touchés, que ce soit dans l’hypercentre ou dans le sud de la ville, pointe Hakima Necib, contactée par actu Grenoble. Alors, à l’issue de la visite du ministre de l’Intérieur, je l’ai interpellé en tant que membre du collectif et en tant qu’habitante. »
Les solutions avancées par le collectif
Elle a même envoyé, au nom du collectif, une lettre à Bruno Retailleau pour « porter la parole des habitants qui ne se sentent pas écoutés par cette municipalité dogmatique ».
Car oui, sans trop de surprise, le bilan d’Éric Piolle et son équipe n’est pas saluée par celle qui a quitté le PS en 2022, alors que son parti prône l’alliance avec LFI. « Le maire est entêté : s’il va sur la légalisation du cannabis, c’est pour masquer son bilan catastrophique en termes de sécurité ! »
Dans cette lettre, le collectif Demain Grenoble propose au ministre de l’Intérieur des solutions pour « améliorer le cadre de vie » des habitants. Parmi lesquelles, le renfort du continuum de sécurité entre la Ville et l’État, l’augmentation des effectifs de police municipale et les armer lorsqu’ils se rendent dans des quartiers dits sensibles, ou encore le déploiement de la vidéosurveillance.
« Ne fermez pas les équipements ! »
L’ancienne adjointe est également très critique concernant la fermeture de grands « équipements d’éducation populaire » sous la mandature Piolle, utiles à la « prévention de la délinquance », notamment contre le narcotrafic, alors que « beaucoup de guetteurs sont des jeunes en décrochage ».
Elle cite la fermeture du Plateau au Mistral ou de la MJC Théâtre Prémol au Village olympique. Deux quartiers qui ont fait, dernièrement, les gros titres de l’actualité avec l’attaque à la grenade ou l’incendie d’une bibliothèque à la voiture bélier …
« C’est vraiment inquiétant, soupire Hakima Necib. Il y a eu un basculement dans la délinquance. Les jeunes ont besoin d’un cadre éducatif et la Ville a les moyens de le faire. Qu’une municipalité ne souhaite par armer sa police ou la vidéosurveillance, d’accord. Mais alors, ne fermez pas les équipements ! »
Quid des municipales ?
À un an des municipales, cette prise de position n’est pas complètement anodine. La présidente du collectif ne s’en cache pas : « je porterai pendant la campagne cette question prioritaire de la sécurité ».
Sans pour autant se déclarer candidate à la course pour la mairie de Grenoble. « Mais rien n’est exclu », glisse Hakima Necib, qui pose ses conditions pour une éventuelle présence sur une « liste citoyenne rassembleuse » : ce sera sans la majorité écologiste sortante et ses alliés LFI. Quant à ses anciens collègues du PS, Hakima Necib ne leur ferme pas la porte s’ils décident de faire cavalier seul.
Mon combat, il est face au bilan de la municipalité sortante. On a l’impression qu’on va à la catastrophe. Alors, s’il faut prendre des responsabilités, on le fera. Il y a un chemin à prendre : celui d’une gauche républicaine qui puisse s’allier avec le centre.
En tout cas, une chose est sûre pour Hakima Necib, la sécurité « va être au cœur de la campagne des municipales à Grenoble ».
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