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l’alerte de Sébastien Vincini à François Bayrou

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Un véritable cri d’alarme. Président (PS) du Conseil départemental de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini s’est fendu mardi 1ᵉʳ avril 2025 d’une lettre au Premier ministre François Bayrou — et à ses ministres — dans laquelle il fait part de sa « vive inquiétude » quant à « la situation que traverse aujourd’hui le secteur médico-social », dont les acteurs battaient le pavé ce même jour à Toulouse.

Un secteur en « crise d’attractivité »

Dans cette missive qu’Actu Toulouse a pu consulter, le président s’inquiète de « la crise d’attractivité que traverse le secteur du lien, du soin et de l’accompagnement ».

« Dans de nombreuses filières », écrit Sébastien Vincini, qui a par ailleurs reçu des représentants syndicaux du secteur ce mardi, « les difficultés de recrutement s’amplifient, les départs se multiplient, et le turn-over devient difficilement soutenable ».

Sébastien Vincini dépeint « un système à bout de souffle »

« J’ai alerté sur un système à bout de souffle », explique le président Vincini à Actu Toulouse, « car celui-ci repose sur un financement obsolète, qui n’est plus en adéquation avec les besoins sociaux des personnes les plus vulnérables ».

Cette mise sous tension s’explique notamment par une montée des vulnérabilités dans la société, qui accroît la pression sur des métiers déjà fortement sollicités.

Sébastien Vincini
Président (PS) du Conseil départemental de la Haute-Garonne
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En dix ans, 25 % d’enfants de plus confiés en l’ASE 

Le président alerte aussi le Premier ministre sur « l’accroissement continu » du nombre d’enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), alors même que « les parcours deviennent plus complexes, les dispositifs saturés » et que « les ruptures d’accompagnement augmentent ».

En 10 ans, en Haute-Garonne, ce sont 25 % d’enfants de plus qui nous ont été confiés (au titre de la protection de l’enfance, NDLR). C’est très révélateur de notre société.

Sébastien Vincini

« Le mur du vieillissement est devant nous »

Dans le domaine du handicap, il s’émeut des « difficultés croissantes dans l’accompagnement scolaire ». Et sur le champ de l’autonomie, autre compétence dévolue au Conseil départemental, l’élu prévient : le « mur du vieillissement est devant nous », avec « le choc du papy-boom qui se profile ». Alors que la question du financement des Ehpad revient régulièrement sur la table, « le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie prises en charge ne cesse d’augmenter chaque année ».

« Les limites de ce qu’un Département peut porter »

En somme, si sa collectivité est prête à « assumer » son rôle de « chef de file de l’action sociale », le président l’assure : « Nous atteignons les limites de ce qu’un Département peut porter seul. L’effet ciseau entre des besoins en forte augmentation et des ressources financières contraintes ne peut plus durer », ajoute Sébastien Vincini, qui a dû supprimer des centaines d’emplois ces derniers mois dans ses services, en raison des coupes budgétaires imposées par l’État.

L’État ne peut pas continuer à faire peser sur les seules collectivités la responsabilité d’une solidarité nationale qui devrait être partagée.

Sébastien Vincini

« L’ADN des Départements, c’est la solidarité. Mais alors qu’ils sont déjà dans une situation exsangue, l’État ne met pas les moyens pour compenser les nouvelles dépenses qu’il leur impute ». En somme, pour le président de la Haute-Garonne, « l’État est défaillant, complètement en retrait, et surtout, il ne pose pas les bases du débat… ».

Appel à « ouvrir un débat national » sur les vulnérabilités

Car aux yeux de Sébastien Vincini, ce n’est « pas qu’un enjeu financier », mais aussi et surtout « une question sociétale ». Inquiet du devenir du « modèle de solidarité » à la française, il demande au locataire de Matignon « d’ouvrir un véritable chantier national pour repenser les moyens de nos politiques médico-sociales, avec un réengagement clair de l’État ».

Je demande à l’État de lancer une conférence nationale sur les politiques médico-sociales, de remettre à plat la question de leur financement et du modèle de solidarité que l’on veut pour notre société.

Sébastien Vincini

Ce « débat sur la prise en charge des vulnérabilités, de la petite enfance au grand âge » est l’occasion de s’interroger sur ce modèle qui « repose en grande partie sur les Départements ».

« On peut tous y être confrontés »

« Qu’il s’agisse de perte d’autonomie, de handicap, ou d’enfance en danger… On peut tous y être confrontés », invoque Sébastien Vincini. Mais alors que les finances publiques sont dans le rouge, et qu’il reste sur un siège éjectable faute de majorité claire à l’Assemblée, le Premier ministre va-t-il se saisir d’un tel dossier ? « Le gouvernement actuel a un devoir moral d’ouvrir ce chantier », insiste Sébastien Vincini. « Le choc du vieillissement est là, la solidarité est un pilier constitutionnel. Aucune raison, quelle qu’elle soit, ne peut l’évacuer ».



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