Joël Le Scouarnec est accusé de viols et d’agressions sexuelles entre 1989 et 2014 sur 299 personnes. Il répond de ses actes pendant quatre mois à la cour criminelle du Morbihan à Vannes (Morbihan). Mardi 4 mars 2025, lors de l’interrogatoire de l’accusé, il a évoqué une victime oubliée.
Une victime sans visage
Lundi 3 mars 2025, l’accusé a déclaré être « prêt à reconnaître certains faits de viols » qu’il niait jusqu’à présent. « Pourquoi maintenant ? J’ai changé ma position sur la définition du mot viol. Je n’acceptais que l’on puisse dire que j’ai fait des viols sur des filles impubères. Dans le mot viol, il y a de violence. Je ne pouvais pas admettre que c’était violent. J’ai changé de position depuis. […] Le premier jour de ce procès, j’ai dit que je devais reconnaître les actes que j’ai commis », a avancé l’accusé.
Le lendemain, le mardi 4 mars 2025, encore lors de son interrogatoire, l’accusé est questionné sur une série de photos pédopornographiques sans visage. Les photos prises en 1988 sont diffusées par la présidente de la cour criminelle.
Joël Le Scouarnec se souvient de la personne mais pas des détails :
C’était la fille des propriétaires de notre maison à Loches. Elle devait être fatiguée. J’en ai profité pour faire des photos sous sa jupe.
« On voit vos doigts sur certaines photos. Avez-vous fait des attouchements ? », demande la présidente. « Je ne pense pas », indique l’accusé.
Cette victime n’est pas mentionnée dans l’ordonnance de mise en accusation de ce procès. La victime n’a jamais été contactée par les forces de l’ordre.
D’autres victimes oubliées ?
« Dans mes écrits, je ne me censurais pas. Au fur et à mesure, j’utilisais des mots de plus en plus grossiers. J’écrivais tout », estime l’accusé.
La présidente demande si des victimes ont pu être ne pas être dans les carnets du pédocriminel. « Si j’ai commis des actes de ce type dans cette période, il est possible qu’il y ait des victimes qui l’ignorent. Je suis incapable de dire si mes écrits étaient exhaustifs », explique l’accusé.
« On ne peut pas exclure que j’ai commis plus que mes écrits », ajoute l’accusé. Bon à savoir, un carnet de l’année 1994 n’a jamais été retrouvé.
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