Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné le lundi 17 mars 2025 un sexagénaire de Port-Saint-Père (Loire-Atlantique) à quinze mois de prison avec sursis probatoire pour avoir tenté d’agresser en pleine journée une promeneuse aux alentours du marais de Brains (Loire-Atlantique), au sud de Nantes.
La victime avait en effet porté plainte le 8 août 2024 en début d’après-midi, relate l’agence Presspepper.
Elle qui se « baladait » seule ce jour-là avait repéré un « monsieur échanger avec deux pêcheurs » vers 12 h 20, sans y prêter plus d’attention, et avait « continué [s]on chemin ». Elle avait toutefois revu un peu plus loin l’homme la « doubler » avec un « vélo orange et bleu », sentant au passage une « forte odeur de manque d’hygiène », a-t-elle raconté à la barre du tribunal correctionnel de Nantes.
« J’ai réussi à attraper sa main et à enfoncer mes ongles en hurlant »
La promeneuse l’avait ensuite « perdu de vue » un moment, mais elle avait aperçu son vélo « jeté dans les herbes » en arrivant « au marais », sur un « passage plus étroit ».
Une fois « arrivée à sa hauteur », cet homme de 61 ans « sûrement pas en pleine possession de ses moyens » s’était « retourné d’un coup », s’était « jeté » sur elle et avait « tenté de l’enlacer ».
« Très vite, j’ai réussi à attraper sa main et à enfoncer mes ongles en hurlant », s’est-elle remémoré.
Bien qu’il soit parvenu à l’agripper « en tombant », la victime a réussi à se défaire de son agresseur et a « couru dans le marais de toutes [s]es forces ».
« Terrorisée », la « proie » – comme elle se considérait à ce moment-là – « avait peur » qu’il ne la rattrape « avec son vélo ».
Cherchant de l’aide mais ne croisant « personne », elle avait finalement appelé son « compagnon », qui avait lui-même joint son « voisin » qui était venu la « récupérer ».
Depuis ces faits, la victime souffre d’une « hypervigilance » et a encore « énormément de flashs » et de « difficultés de « concentration ».
Elle suit d’ailleurs des séances d’EMDR pour tenter de soigner son « choc post-traumatique » : alors que la campagne « l’apaise » en temps normal, elle est aujourd’hui devenue une « source d’angoisse » pour elle.
Visé par une autre procédure envers une adolescente
Poursuivi pour une simple « tentative d’agression sexuelle », le prévenu était déjà connu de la justice : ce sexagénaire sous curatelle renforcée avait été condamné le 5 avril 2023 pour « agression sexuelle » à huit mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.
Une autre procédure était par ailleurs en cours : une « jeune fille de 16 ans » qui « attendait à l’arrêt de bus cimetière » à La Montagne (Loire-Atlantique) a porté plainte après qu’un homme qui « circulait à vélo » lui a « demandé son âge » et « ce qu’elle fait ici ».
Il avait ensuite « essayé » de la « toucher », a-t-il été rapporté à l’audience.
Selon les dires de l’adolescente, celle-ci avait réussi à le « repousser fortement ». « Un tiers » serait ensuite « arrivé » et l’agresseur aurait « quitté les lieux ».
Une « détérioration mentale de nature organique »
Présent à son procès grâce au « taxi » qui était venu le chercher « chez lui » alors qu’il était dans son « canapé », ce sexagénaire s’est souvenu de son « coup de folie » à Brains, d’une « bête bêtise », tout en expliquant qu’il n’avait « pas insisté vu qu’elle était partie en courant ».
Une expertise psychiatrique, réalisée lors de sa première affaire pour agression sexuelle, avait mis en lumière chez lui un « déficit intellectuel lié à une détérioration mentale de nature organique », qui pourrait être due à un « agent toxique comme l’alcool »…
Un « risque de réitération »
Le sexagénaire n’a d’ailleurs pas été en mesure au cours de l’audience de donner le nom de l’actuel Président de la République et a soutenu être « en octobre 2020 ».
Selon le psychiatre, sa précédente agression sexuelle n’aurait cependant pas été en lien avec ce « déficit intellectuel », mais bien à une « frustration sexuelle » créant un « risque de réitération ».
Reste que ce « prédateur qui attend sa victime comme une proie » est la source d’une « angoisse permanente » pour la victime, puisqu’elle le sait « encore dans la nature ».
La procureure de la République avait requis pour sa part quatre ans de suivi sociojudiciaire avec injonction de soins.
Me Flora Touron, l’avocate du sexagénaire, s’est-elle interrogée sur la « capacité » de son client à « comprendre le sens de la décision ».
Le tribunal l’a finalement condamné à quinze mois avec sursis probatoire « renforcé » pendant deux ans, avec obligation de soins et interdiction de contact avec la victime.
L’homme sera aussi interdit de revenir à Brains et devra verser 2 840 € de dommages et intérêts à sa victime.
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