Match amical certes, mais match capital. Car la précédente sortie de l’équipe de France (match amical également) a été catastrophique (défaite 3-0 à Bruxelles). Et avant de jouer un match décisif contre la Yougoslavie en avril prochain, pour la qualification (ou pas) pour la phase finale de la coupe du monde 1966 en Angleterre, il faut donc tenter de trouver des solutions pour montrer un autre visage qu’à Bruxelles.
Vas-y Jacky !
Et cet autre visage, il passe par la première sélection en équipe de France de six nouveaux joueurs, dont l’attaquant du FC Nantes, Jacques Simon. Dans le Cotentin, cette première « cape » est saluée unanimement. Car celui qui est né en 1941 à Omonville-la-Rogue, a fait les beaux jours de l’UST avant de passer à l’ASC quand l’équipe cherbourgeoise débutait son aventure en seconde division pro en 1960. Et puis en 1963, « Jacquot » Simon est devenu « Jacky » Simon en signant pour le FC Nantes.
C’est là que son grand talent s’est épanoui, ravissant les tribunes de Marcel-Saupin en inscrivant le 1er but du FC Nantes en première division (1er septembre 1963 contre Sedan). Au printemps 1965, grâce à son sens du but mais aussi du collectif, Jacky Simon emmène les Canaris vers leur premier titre de champions de France. Cette sélection (la première d’un joueur du FC Nantes) tombe donc sous le sens.
Un beau palmarès
– 442 matches sous le statut professionnel, de 1960 à 1973 (Cherbourg, Nantes, Bordeaux, Red Star), 141 buts marqués.
– 2 titres de champion de France avec le FC Nantes (1965 et 1966).
– Meilleur buteur du championnat de France 1965 (24 buts).
– 2 finales de coupe de France (1966 et 1969).
– 15 sélections en équipe de France.
Deux occasions
Sur la pelouse du Parc des Princes ce soir du 24 mars 1965, Jacques Simon commence son match en trombe. Dès la 6e minute de jeu, sur une ouverture de Rodighiero, l’attaquant français a le but au bout du pied. Mais il se croit hors-jeu, hésite une seconde avant de tenter le lob. Une seconde de trop qui permet au gardien autrichien de se retourner et de stopper le ballon – freiné dans sa course par le terrain détrempé – juste avant qu’il ne franchise la ligne de son but…
Malgré une nette domination française, ce sont les Autrichiens qui ouvrent la marque par Seitl à la 15e minute. Les Français ne baissent pas les bras et égalisent par leur ailier Gérard Hausser à la 26e, avant de continuer sur leur lancée, tambour battant. Domination stérile. Et ce sont les Autrichiens qui tirent les marrons du feu, marquant contre le cours du jeu un second but en contre-attaque, juste avant la mi-temps : 2-1 pour l’Autriche.
La seconde mi-temps va être beaucoup moins animée, les Français s’escrimant et s’essoufflant à faire le siège du camp autrichien, retranché devant son but. Ayant ouvert le feu côté français en début de match, c’est Jacques Simon qui l’éteint en toute fin de match par un ultime tir, qui échoue dans les mains du gardien autrichien. Score final, 2-1 pour l’Autriche. Et une première sélection mi-figue, mi-raisin pour Simon.
Simon en bleu
Jacques Simon est sélectionné 15 fois en équipe de France, entre 1965 et 1969. Une période compliquée pendant laquelle les Tricolores sont au fond du trou.
En 15 matches avec les Bleus, Simon ne connaît ainsi qu’une seule fois la victoire (2-1 contre la Pologne en 1966). Pour le reste, 3 nuls et 11 défaites…
Lors de ces 15 matches (14 comme titulaire), Simon marque un seul but, mais quel but ! Un tir de 30 mètres qui laisse sur place Lev Yachine, le grand gardien de l’équipe soviétique de 1967. Jacques Simon quitte l’équipe de France en mars 1969, après une fessée administrée par les Anglais à Wembley : 5-0…
Jacques Simon n’est pas le premier Manchois à avoir porté le maillot de l’équipe de France. Avant lui, le Portbaillais René Fenouillère a été sélectionné en 1908 pour jouer contre le Danemark.
En revanche, Jacques Simon reste à ce jour le Manchois le plus capé (15 sélections) devant Roger Lemerre (6).
Il est aussi le seul Manchois à avoir disputé une phase finale de Coupe du Monde (Angleterre, 1966, avec deux matches joués).
Une Coupe du monde à oublier
Un mois plus tard à Belgrade, la France perdra son match contre la Yougoslavie (1-0). Bye bye l’Angleterre 1966 ? Non, parce qu’à l’automne suivant, les Tricolores enchaînent avec trois victoires (Norvège, Yougoslavie, Luxembourg) qui lui permettent de finalement se qualifier.
En Angleterre, Jacques Simon jouera deux matches, contre l’Uruguay (défaite 2-1) et contre l’Angleterre, future vainqueure (défaite 2-0). Un mauvais souvenir pour le Cherbourgeois qui terminera le match contre les Anglais, amoindri par une blessure. Et un mauvais souvenir pour les Français, éliminés dès cette première phase de groupe.
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