L’accélération du calendrier du procès en appel de la cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen, qui devrait se tenir d’ici à l’été 2026, ne représente aucunement « un quelconque désaveu » du jugement en première instance, a déclaré, ce mercredi 2 avril 2025 à l’AFP la procureure générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau.
« Il ne s’agit pas d’avoir un quelconque désaveu, puisque le propre de l’appel, qui est un droit, c’est de recommencer à zéro l’examen de l’affaire », a-t-elle dit.
« Je ne veux pas que ce soit un enjeu de la campagne présidentielle »
Jugée coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens de son parti, le Rassemblement national (RN), Mme Le Pen a été condamnée, ce lundi 31 mars 2025, à quatre ans de prison (dont deux fermes aménagés sous bracelet électronique) et à une amende de 100 000 euros, assortis d’une peine d’inéligibilité immédiate de cinq ans qui, en l’état, l’empêche de briguer la présidence française dans deux ans.
Les plus hautes instances judiciaires françaises ont annoncé mardi soir que la cour d’appel examinerait ce dossier « dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026 », soit bien avant la présidentielle française de 2027.
Cette décision a été saluée par Marine Le Pen et d’autres personnalités politiques. L’avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, a estimé mercredi matin que la décision de la cour d’appel d’accélérer son calendrier était « totalement exceptionnelle » et constituait un « désaveu » du jugement en première instance.
Un coup de tonnerre
« Il y a déjà bien plusieurs mois que nous regardons le calendrier 2026 » pour voir à quel moment cette affaire pourrait être fixée, a relaté la magistrate.
« Je ne veux pas que ce soit un enjeu de la campagne présidentielle » à venir, a-t-elle fait valoir, disant vouloir « que les magistrats qui seront appelés à rendre leur décision dans cette affaire puissent le faire avec la sérénité nécessaire au terme d’un débat contradictoire ».
Je ne veux pas que, dans le cadre de la campagne présidentielle qui s’annonce et qui va donc s’intensifier, l’institution judiciaire soit en permanence critiquée, vilipendée, interrogée.
Le jugement du tribunal correctionnel de Paris, dans lequel 23 autres personnes et le RN en tant que parti ont aussi été condamnés, a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde politique français, l’extrême droite française et ses alliés à l’étranger multipliant les attaques contre cette décision longuement étayée par la justice.
Avec AFP.
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