Tout un symbole. Dimanche 23 mars, les quelque 2 500 coureurs d’Alençon – La Croix Médavy ne seront pas sous les ordres de n’importe quel starter. Le départ de la course sera donné par Michel Baudouin, sans qui ils ne seraient pas tous réunis, un dimanche matin de mars, aux abords de La Luciole, pour avaler 15,5 km (ou moins pour les relayeurs) jusqu’au sommet de la côte de La Croix Médavy.
Précurseur
C’est lui qui a eu cette idée un peu folle, précurseure assurément, de créer Alençon – Médavy en 1974. Avec l’ambition de développer la course sur route, encore à ses balbutiements à cette époque en France. En s’inspirant de ce qui se faisait en Suisse et en Belgique, où le jeune Baudouin se rendait pour courir. « À cette époque, il n’y avait peut-être que trois ou quatre courses sur route dans l’Orne », se souvient-il.
Pour le tracé, il a choisi tout simplement le parcours sur lequel il avait l’habitude de s’entraîner, lui qui habitait au niveau de l’avenue de Basingstoke, l’axe parallèle à la route de Médavy. Et la machine était lancée pour l’instigateur, alors âgé de 29 ans, et sa « petite équipe », pourtant « pas encouragés par la fédé ». « Elle nous mettait des bâtons dans les roues. À cette période, il y avait la piste et les cross pour eux, ça s’arrêtait là. »
Un succès immédiat
Mais le jeu en valait la chandelle : la greffe a pris immédiatement avec 900 coureurs dès la première édition. « 1 700 la deuxième, environ 2 000 la troisième. Il y avait des bus entiers qui venaient de Paris pour courir », rappelle le fondateur de la classique ornaise. « Il n’y avait pas d’informatique, je faisais tout à la main. Les classements, ça me demandait trois jours pour les faire ! »
Après trois opus, Michel Baudouin s’est installé par amour en Alsace et transmis le flambeau aux « copains », les frères Paul et Pierre Vannier en tête, qui ont fait vivre la course durant des décennies. Celle-ci a été jusqu’à dépasser la barre des 5 000 participants dans les années 90. « Je ne pensais pas que cette course allait durer aussi longtemps », reconnaît l’amoureux de course à pied de 79 ans.
Pour lui, le « charme » de l’épreuve réside dans son arrivée en côte, avec un peu plus de quatre kilomètres de montée à l’arrivée. « Si c’était tout plat, ça n’aurait pas eu la même histoire. Le parcours, avec du dénivelé, en fait une course chouette. Et, à la fin, il y a une ambiance comme au Tour de France. »
« Ça aurait été dommage d’arrêter »
Michel Baudouin s’est réjoui de voir l’initiative de Vincent Épiphane, rapidement suivi par l’ASPTT Alençon, de faire perdurer Médavy, après l’arrêt de l’ancienne organisation en 2023.
Ça aurait été dommage de tout arrêter. Cette course s’est fait un nom, comme Paris-Versailles ou le marathon du Mont Saint-Michel, on a envie de la faire ! Elle a créé de l’engouement au niveau local pour la course à pied. Pleins de gens s’y sont mis grâce à Médavy.
Et de saluer : « La nouvelle équipe, c’est du costaud. Il faut avoir envie de reprendre une telle course. »
Malgré son déménagement dans l’est, Michel Baudouin revenait régulièrement pour faire Médavy. « Presque tous les ans, je l’ai loupée cinq ou six fois », indique celui dont le meilleur chrono est de 58’45 en 1982 (44e). Sa dernière participation remonte à 2019.
Il donnera le départ à 2 500 coureurs… dont ses frères !
Forcé d’arrêté la course à pied depuis, le septuagénaire, invité par l’organisation, fera son retour six ans plus tard. Dans la peau de starter, cette fois-ci. « Je vais essayer de ne pas me tirer dessus », plaisante-t-il. Il donnera notamment le départ à ses frères Gérard et Claude, qui réalisent la course à deux en relais.
Alençon – La Croix Médavy : dimanche 23 mars, départ à 10 h 30, au niveau de la Luciole.
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