Lille compte un 2e observatoire astronomique ! L’Université catholique de Lille a inauguré le sien, à l’abandon depuis 1992, pour le lancement de ses 150 ans. Un endroit exceptionnel à 28 mètres de hauteur. Fonctionnement, ouverture au public, travaux, on fait le point sur les activités de ce lieu rare !
C’est un moment historique pour l’Université catholique de Lille avec cette belle inauguration ! Son observatoire astronomique a été remis à neuf et rééquipé d’une lunette. « C’est une renaissance plus qu’une rénovation » a résumé Raymond Alvarez, astronome amateur, qui y tenait des permanences il y a 40 ans quand il était étudiant !
Pour l’institution, c’est tout un symbole, comme l’a précisé le président-recteur, Patrick Scauflaire : « Remettre en service un télescope montre la capacité de voir loin, de regarder vers l’avenir »

De 1889 à 1992
L’observatoire est né de la volonté d’Eugène-Marie Stoffaës, professeur de maths et d’astronomie à la Catho dans les années 1870. Il a écrit une lettre au recteur de l’époque pour demander qu’un observatoire soit installé à la Maison de famille Albert Legrand (foyer d’étudiants). « Finalement, ce sera à l’Hôtel académique, vous savez pourquoi ? Parce que c’était le point culminant de l’institution ! » sourit Éline Lefebvre, chargée de projets pour les 150 ans de la Catho.

Le dôme est construit en 1889. Ce lieu intéresse au-delà de l’université. « L’association astronomique du Nord a demandé en 1950 à l’utiliser régulièrement. Ils ont occupé les locaux entre 1956 et 1992, assurant des permanences le samedi, des séances d’observation, des conférences… » signale encore la chargée de mission. Mais le lieu finit par tomber dans l’oubli quand l’AAN le quitte.

D’une question de toiture… à l’univers
C’est la rénovation de toute la toiture du bâtiment qui a poussé à se questionner sur l’avenir de cet endroit rare. Et si on le remettait en service ? Le défi est lancé. Après un an de travaux, et de recherches, le voilà opérationnel. La toiture a été refaite entièrement, les peintures intérieures aussi, d’un bleu nuit. « Nous avons conservé au maximum la structure d’origine : l’armature en acier, la crémaillère circulaire, la coupole en bois habillé de zinc… » signale Étienne de Boisredon, responsable patrimoine de la Catho.
« On peut ouvrir le dôme, à la manivelle pour l’instant. Et cela complètement, donc on peut installer la lunette jusqu’à la position zénithale, c’est-à-dire complètement à la verticale ! » explique encore le responsable patrimoine.
La lunette presque d’origine
La lunette en question n’est pas moderne, de 28 kg, mais symbolique : « La lunette originelle n’a pas été retrouvée, mais celle présente dans les années 1970 a été rapportée il y a quelques mois » précise Eline Lefebvre. « Elle appartenait à Georges Thibault, vice-président de l’AAN dans les années 1930, qui avait installé sa lunette familiale à la Catho. La famille l’avait récupérée dans les années 1990 vu que les lieux n’étaient plus en service. Son petit-fils, Antoine, nous a contactés pour réinstaller l’engin ! ».
Il a fallu la réviser, et créer une monture sur mesures pour l’installer sur la « colonne » historique. On y grimpe grâce à un escabeau « historique », celui d’origine.
Il manque encore une étape : motoriser le dôme pour une ouverture automatique, et connecter la lunette numériquement, pour projeter sur écrans ses prises de vues.

Deux pièces en plus
La rénovation n’a pas seulement concerné le dôme. Deux autres salles ont aussi connu des travaux, elles se veulent complémentaires à l’observatoire. « Le Starlab, au 4e étage, est une sorte de tiers-lieu, une salle modulable avec livres, écrans et tables de travail. Le dôme ne pouvant accueillir que 19 personnes, ce sera un espace de travail complémentaire », signale le recteur.

Aussi, au milieu du nouvel escalier en colimaçon, juste avant d’arriver à l’observatoire, une toute petite salle est née : « Elle n’existait pas auparavant, c’est en faisant les travaux qu’on a découvert cet espace intermédiaire dans la charpente, idéal pour une salle de travail, de réunion… » dit Guillaume Timmerman, directeur délégué de la valorisation du patrimoine de l’institution. La petite pièce a pris le nom emblématique d’« Eugène Stoffaës ».

Le premier but est que les étudiants s’emparent de ce lieu pour y travailler, y découvrir l’univers. « La Catho ne dispense pas de cours d’astronomie en tant que tels, mais ce sera un outil partagé, transdisciplinaire », annonce le recteur.
Le grand public aussi
Le grand public n’est pas mis à l’écart. Pour découvrir le lieu, deux possibilités : les conférences et les visites. Le Dr Vivien Scottez, astrophysicien, enseignant-chercheur JUNIA, proposera 2 rencontres. Mercredi 26 mars de 18 h à 19 h 30 : « Histoire de l’Univers, du Big Bang à aujourd’hui. Introduction à la conférence : Passé, présent et futur de l’observatoire rénové ». Mercredi 23 avril de 18 h à 19 h 30 : « Explorer l’univers aujourd’hui, la mission spatiale Euclid de l’ESA ». Les 21 et 25 mars, des créneaux de visites guidées sont ouverts (réservation sur le site de la Catho). D’autres suivront.
« On ouvrira le lieu lors des Journées du Patrimoine, la Nuit des étoiles, pour le passage de comètes… » signale Étienne de Boisredon. Car le ciel, ça se partage !
En octobre, lors du festival Ecoposs, une « capsule temporelle » comportant un texte sera installée dans le Starlab : « Ce sera la témoignage de 150 ‘explorateurs’ qui ont réfléchi pendant plusieurs mois afin de dessiner le visage de la Catho en 2100 » dit le recteur.
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