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Jugé pour trois voitures brûlées à Alençon, il comptait déjà neuf ans de prison pour des faits similaires

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Laurent Moisan, 47 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Alençon (Orne), mercredi 29 janvier 2025. Il était jugé pour avoir incendié trois voitures : une première le 6 octobre 2024, une deuxième le 8 décembre et une troisième le 10 décembre, toujours de la même année.

Deux de ces feux avaient engendré des dégradations sur un immeuble et sur un autre véhicule.

Voitures brûlées rue Tison

Son interpellation a eu lieu le 10 décembre 2024. Cette nuit-là, vers 1 h 40, la Police a remarqué un véhicule mal garé, rue des Tisons à Alençon. En s’approchant, elle a pu constater que le chauffeur était installé sur le siège passager, allongé comme pour se cacher.

Au même moment, à une dizaine de mètres de là, une voiture était en train de brûler.

En souhaitant interroger l’homme allongé dans son automobile, ce dernier s’est redressé sur son siège et a démarré à vive allure, obligeant les policiers à le poursuivre et à l’interpeller.

Il a été contrôlé avec 0, 57 mg d’alcool, soit 1,14 g par litre de sang, et a été placé en garde à vue.

Vidéos :

Impliqué dans deux autres incendies à Alençon

Lors de l’enquête, les forces de l’ordre ont fait le rapprochement avec deux autres feux de voitures, qui se sont déclarés les 6 octobre et le 8 décembre 2024.

Le premier a eu lieu rue Porchaine. Sur place, la Police a entendu un sifflement continu, suggérant une fuite de gaz dans un immeuble adjacent. « Cela aurait pu dégénérer si les flammes étaient entrées en contact avec le gaz. Des gens auraient pu mourir », insiste Eric Martin, le président de séance, auprès de Laurent Moisan. Le feu a été maîtrisé, mais a tout de même abîmé la façade d’un bâtiment privé.

Le second du 8 décembre a partiellement détruit le véhicule, « mais il est tout de même bon pour la casse », observe le président. Sur la vidéo surveillance, les enquêteurs ont pu remarquer la voiture du prévenu, stationnée non loin du lieu de l’incendie.

Interrogé une première fois, l’homme de 47 ans a d’abord nié être l’auteur de ces feux. Mais lors d’une deuxième audition, il les a tous les trois reconnus, et a été placé en détention provisoire.

Déjà neuf ans d’emprisonnement

Sur son casier judiciaire, cinq mentions de condamnations apparaissaient pour destruction par le feu ou pour dégradations. « Au total, vous avez été condamné à neuf ans d’emprisonnement cumulés et six ans ont réellement effectués », liste le président.

L’alcool comme déclencheur

Devant les juges, Laurent Moisan a confié avoir un problème avec l’alcool. « Quand je suis dans cet état, c’est comme si j’avais une pulsion », explique l’homme.

Les nuits des incendies, il était sorti en discothèque ou au bar juste avant. « Je bois quotidiennement 2-3 bières par soir, c’est un fléau, j’ai un vrai problème avec ça. Je ne me reconnais plus quand je suis alcoolisé », détaille-t-il.

Un contrôle plein et entier

Le prévenu a eu du mal à expliquer son geste devant les juges. « Ça fait 30 ans que je suis comme ça, que ça ne va pas dans ma vie. Quand je pars en prison, j’y arrive toujours pas et je recommence en sortant. J’ai besoin de soins, c’est sûr. » Il faisait l’objet d’un suivi socio judiciaire depuis 2018, « mais rien n’a changé. »

L’expertise psychologique n’a pas relevé de pathologie psychiatrique ou mentale. En revanche, elle a considéré qu’un sevrage total de l’alcool était nécessaire pour éviter la récidive. « Vous avez un contrôle de vos actes plein et entier », lit Eric Martin sur le compte rendu médical.

« Il se dit responsable de rien »

« Je suis inquiète et insatisfaite des éléments avancés par monsieur Moisan, qui ne se remet pas une seule fois en question », a avancé la procureure.

Elle requiert cinq ans de prison ferme avec maintient en détention, ainsi qu’une interdiction de port d’arme pendant cinq ans, du renouvellement de son suivi socio-judiciaire et une interdiction de paraître à Alençon.

Pour son avocat, Me Bertrand Deniaud, le condamner à nouveau serait « inutile ». « Il lui faut une peine pour le soigner et le soigner uniquement. La justice n’a fait que l’enfermer, rien d’autre. Peut-être qu’essayer une autre méthode pourrait lui être bénéfique. »

« Vous êtes un danger pour la société »

Le tribunal judiciaire l’a finalement condamné à cinq ans de prison ferme avec maintien en détention et interdiction de porter une arme pendant cinq ans.

À titre de préjudices matériel et moral, Laurent Moisan devra rembourser les différentes victimes de ses incendies. « En l’état, vous représenter un danger pour la société. La seule solution pour que des voitures ne brûlent pas à Alençon, c’est que vous soyez en prison », a lancé le président, avant de lever la séance.

Cette décision est soumise à la possibilité d’interjeter appel dans les dix jours



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