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Jean-Paul Le Chevalier et Georges Lebaron incarnent la mémoire du football à Dives-sur-Mer

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Quand on évoque le SU Dives et le football de manière plus générale à Dives-sur-Mer (Calvados), ils ont l’œil qui brille. Jean-Paul Le Chevalier, 71 ans, et Georges Lebaron, 81 ans, représentent aujourd’hui la mémoire d’un club dont ils ont arpenté les moindres recoins de vestiaires, de tribunes, du terrain… Les deux hommes sont les symboles d’un football, d’une institution locale qui a toujours su nourrir son attachement au milieu ouvrier.

Si le SU Dives est né officiellement en 1929, le club a toujours entretenu des liens étroits avec l’usine Cégédur, qui deviendra ensuite Tréfimétaux, véritable poumon économique de la ville de Dives-sur-Mer, duquel a émergé une équipe de foot, constituée de salariés plus habiles que la moyenne avec leurs pieds. Dès le départ, foot et milieu ouvrier sont intimement liés, puisque les footballeurs travailleurs disputent la coupe inter-usines qui voit s’affronter des équipes de chaque site du groupe Cégédur en France.

« Après la guerre, il fallait que les gens continuent à vivre et puissent se divertir » rappelle Georges Lebaron, rentré le 4 septembre 1962 dans l’entreprise.

Personnellement, j’ai été embauché à Cégédur parce que j’étais un bon joueur.

Georges Lebaron

« Au sein de l’usine, il y avait une équipe de foot, mais aussi de basket » précise de son côté Jean-Paul Le Chevalier. « Quand j’ai dû partir à l’armée, le chef du personnel de l’usine m’a dit : tu vas à l’armée, dès que tu rentreras, vu que tu joues au foot, tu vas rentrer à l’usine » relate-t-il.

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Chaque année l’équipe évoluait, de nouveaux joueurs arrivaient, d’autres partaient. L’usine recrutait et c’était un critère, certains joueurs et entraîneurs sont venus travailler dans l’entreprise.

Jean-Paul Le Chevalier

Avantage certain : « Quand on était footeux, on avait des privilèges, on avait le droit de sortir le mercredi après-midi en tant qu’éducateurs ».

Georges Lebaron présente sa première licence de footballeur dans l’entreprise Cégédur en 1962. ©Le Pays d’Auge/Nicolas MOUCHEL

« Ce sont des combattants, c’est l’esprit de la ville »

« J’ai été joueur, président, secrétaire, éducateur… » De toute évidence, aucun rôle n’a échappé à Jean-Paul Le Chevalier au sein du SU Dives entre 1974 et 2003. De son côté, Georges Lebaron a été joueur puis entraîneur au club entre 1972 et 1986. « Ma première licence au club, c’était en 1955 » évoque ce dernier, agitant le petit document en carton qui a parcouru les années. Ils ont vécu la fusion avec Cabourg, « c’était complexe, mais c’était bien, notamment pour regrouper les écoles de foot ».

L’épopée de 1999 du SU Dives en Coupe de France, « c’était extraordinaire ». Jean-Paul Le Chevalier était alors aux premières loges en tant que président du club, « on n’évoluait qu’en DH à l’époque, on a affronté que des équipes au-dessus de nous ».

La nouvelle aventure vécue par le SU Dives-Cabourg 2024-2025, « c’est historique », reconnaissent, fiers, les deux hommes, un 8e de finale, « ce n’est jamais arrivé, même si on n’a pas encore reçu de gros morceau ». Pour les deux mémoires vivantes du SU Dives, ce qui arrive actuellement à l’équipe, « ils le méritent ! », car « il y a une certaine régularité dans les résultats », avec un entraîneur, Philippe Clément, qui le mérite tout autant, qui les transcende. « J’avais recruté Philippe à l’époque, c’était dans un vestiaire, on n’avait pas de bureau, il était plus jeune que certains joueurs » s’amuse aujourd’hui Jean-Paul Le Chevalier.

Mercredi soir, les deux copains seront confortablement installés devant leur télévision pour suivre le 8e de finale. Et ils sont optimistes. « Ce n’est jamais fini avec Dives. Ce sont des combattants, c’est dans l’esprit du club, c’est l’esprit de la ville ».





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