Elle n’en a plus aucun souvenir. Pourtant, en début d’après-midi du lundi 2 décembre 2024, Tatiana Cousin est passée tout près de la mort.
Ce jour-là, alors qu’elle veut laver sa voiture, la jeune femme de 35 ans reste bloquée sous la porte du tunnel d’une station située rue Curie à Cherbourg (Manche).
« Sans lui, je serais probablement morte »
L’infirmière de profession a seulement le temps de crier au secours. Une seule fois. « Un homme était en train de passer l’aspirateur derrière. J’ai eu beaucoup de chance qu’il m’entende, réagisse et intervienne rapidement. Sans lui, je serais probablement morte. En tout cas, mes chances de survie auraient été moindres. »
Quand le sauveur anonyme de Tatiana Cousin est arrivé, la trentenaire ne respirait plus. « Mon cœur s’est arrêté pendant huit minutes. S’il n’était pas venu à temps, cela aurait été sans doute plus important voire irrécupérable. »
Douze jours à l’hôpital
Prise en charge par les sapeurs-pompiers, qui lui ont prodigué un massage cardiaque alors qu’elle était en arrêt cardio-respiratoire, la Cherbourgeoise a été acheminée à l’hôpital de la cité portuaire où elle est restée pendant douze jours.
Là encore, elle ne se souvient plus de rien. « Je souffre d’une amnésie trois jours avant mon accident, j’ai même oublié le spectacle de danse donné devant 500 personnes la veille, et les trois semaines suivantes. »
Une amnésie déstabilisante
Une perte de mémoire forcément déstabilisante, puisque Tatiana Cousin ne se rappelle plus des gens qui lui ont sauvé la vie ni de ceux qui sont venus lui rendre visite à l’hôpital.
« Je ne sais plus ce que j’ai dit aux soignants et aux personnes qui sont passées me voir. Je ne me rappelle même pas qui j’ai vu ! Forcément, quand certains d’entre eux me croisent et me parlent de cet épisode ou me saluent, je suis perdue », confie celle qui souffre toujours d’une grande fatigabilité consécutive à son coma de trois jours.
Dans ce contexte difficile, même si elle se porte de mieux en mieux, Tatiana Cousin tient à remercier tous ceux qui ont été là pour elle. Alors qu’une enquête avait été ouverte, la Manchoise a appris des médecins et de l’officier de police judiciaire qu’elle avait eu beaucoup de chance. « A priori, l’accident serait dû à une défaillance du portique. Mais on ne sait pas si j’ai fait un malaise ou si la porte était trop basse quand j’ai voulu sortir. »
Malgré un appui de son psychologue et de son médecin traitant, elle regrette également le peu de suivi à la sortie de l’hôpital. « C’est un petit bémol. Cela aurait été rassurant de ne pas être totalement lâchée dans la nature. On m’a laissée comme si ma vie était normale, alors que j’ai vécu quelque chose de peu ordinaire et pas facile. »
On lui souhaite, en tout cas, un prompt rétablissement.
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