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imbroglio au conseil municipal de Villeneuve-lès-Maguelone

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Séance étonnante du conseil municipal de Villeneuve-lès-Maguelone, ce lundi 24 mars 2025. Tandis que le budget était à l’ordre du jour, les élus de l’opposition ont décidé de quitter la séance protestant ainsi contre l’absence d’une grande partie de leurs homologues de la majorité ne permettant pas d’atteindre le quorum. Après une interruption et quelques coups de téléphone, la séance a finalement repris…

Une majorité absente

C’est un conseil municipal bien particulier qui s’est tenu ce lundi à Villeneuve-lès-Maguelone où dix affaires étaient à l’ordre du jour dont la présentation du budget 2025 de la commune. Une séance importante qui n’a pourtant pas attiré les conseillers de la majorité comme le révélait l’appel. Des absences certes compensées par les procurations qui ne manqueront pas d’avoir leur importance.


Après la présentation du budget primitif 2025, et une quarantaine de minutes déjà écoulées,  la conseillère d’opposition, issue de la liste L’avenir avec vous (DVG), Virginie Martos Ferrara interpella la maire Véronique Négret (DVG). « Permettez-moi ce soir d’exprimer un profond malaise. Depuis plusieurs mois, nous constatons une absence croissante des élus de votre majorité dans les conseils municipaux. Être présent est un devoir et encore plus pour débattre du budget et de l’avenir de notre ville. Au delà de ce soir, comment expliquer qu’autant d’élus majoritaires soient si souvent absents ? Depuis votre élection, l’absentéisme des élus de la majorité n’a cessé d’augmenter : 17% en 2022 et 2023, 24% en 2024 et 35% depuis le début de l’année 2025. On peut être absent bien sûr pour des raisons de force majeure ou de santé mais certains élus n’ont été présents que six fois en cinq ans. Pour nous il s’agit d’un abandon de mandat pur et simple. Vos propres élus aurait-il perdu confiance en vous ? »

Le départ de l’opposition

Voyant dans ces absences « un mépris total pour la démocratie et les habitants de notre commune », Virginie Martos Ferrara juge que « dans ces conditions, ce vote ne peut être considéré comme pleinement représentatif. Un budget voté ainsi perd de sa légitimité et sa crédibilité » et de préciser : « Nous avons pris le temps d’analyser ce budget. Malgré son équilibre comptable, il ne s’agit pas d’un budget juste et responsable face à des dépenses que nous jugeons inadaptées aux priorités des Villeneuvois. Nous ne pouvons pas cautionner des choix qui ne répondent pas aux véritable attentes des habitants ».

Vidéos :

Un coup de gueule accompagné, après avoir fait les comptes, d’un geste réfléchi en groupe durant la séance. « Face à toutes ces absences manifestes et donc au manque de quorum initial, nous tous, membres de l’opposition refusons de cautionner cette situation en ne prenant pas part au vote ce soir pour le budget. En conséquence, nous quittons la salle ». Le groupe de l’ancien maire Noël Ségura était immédiatement suivi dans sa démarche par l’ancien premier adjoint Christophe Dérouch.

Un quorum par procuration

Laissés entre eux, les membres de la majorité fulminèrent d’abord à l’instar de Serge Desseigne. « Je viens de ne rien entendre à part que le budget n’est pas approprié mais sur le contenu du budget rien. Donc quand on n’a rien à dire on s’en va ». Et si la maire Véronique Négret avançait que « s’en aller alors que le quorum est atteint, donc on va pouvoir continuer, alors que l’on reproche que des élus ne soient pas là c’est hallucinant. C’est encore un geste d’inefficacité politique », tout en reprochant à son opposante de ne pas avoir siégé au conseil d’administration CCAS ou encore à différents membres de l’opposition de ne jamais être présents dans les commissions, un agent venait finalement lui glisser à l’oreille un point du règlement : les procurations ne sont pas prises en compte dans le quorum. « Donc cela veut dire quoi ? » demanda-t-elle avant d’annoncer : « Cela veut dire que l’on arrête le conseil municipal. Super ». Effectivement avec 16 conseillers présents sur 33, le conseil n’aurait même jamais dû commencer.

Agacé par la situation, en justifiant les absences de certains élus par des raisons professionnelles, Serge Desseigne jugea : « Nous sommes là face à une opposition qui vise à bloquer le fonctionnement démocratique de la municipalité. Par leur départ, ils nous empêchent d’avoir un véritable vote qui aurait pu être pris en compte et nous imposent de convoquer un nouveau conseil municipal. C’est une volonté manifeste qui n’a jamais eu lieu dans les autres mandats de la part de l’opposition. C’est une volonté de couper la vérité d’un débat démocratique au nom de soit disant la démocratie. Cela me rappelle un peu Trump ». Par ailleurs, comme l’a souligné en colère Sonia Richou, cette absence de vote du budget implique le non versement des subventions aux associations.

Quelques coups de téléphone…

Le moment de flottement fut alors suivi d’un épisode digne de l’Assemblée nationale. À la tribune, Véronique Négret demanda une pause dans la diffusion vidéo du conseil le temps de passer quelques coups de téléphones afin de rameuter suffisamment d’élus pour atteindre le quorum. Après une vingtaine de minutes, la séance reprenait comme si de rien n’était avec cette fois, comme se félicita la maire, « 18 élus présents autour de la table ». Mais pas ceux de l’opposition. Le budget et la suite des affaires à l’ordre du jour, limitées à de simples présentations sans débat, ont évidemment été adoptés à l’unanimité. Inutile de dire que le compte-rendu de ce conseil risque d’être aussi périlleux à rédiger qu’il ne sera décortiqué avec deux quorum établis à des moments différents et un seul appel…

« Bizarrement ces élus qui étaient censés être au travail, en déplacement et indisponibles sont apparus en catastrophe au dernier moment. Leurs obligations professionnelles ne tenaient donc plus ? Ce procédé est tout simplement inacceptable : appeler des élus absents au dernier moment pour sauver un vote, c’est du racolage politique et révélateur d’un manquement évident d’investissement et d’un gros malaise au sein de la majorité en perdition. Ce budget, voté dans ces conditions, est un déni de démocratie. Nous ne laisserons pas passer cette irrégularité » indique par ailleurs Virginie Martos Ferrara, qui compte saisir le préfet et le tribunal administratif.



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