Deux enquêtes sur le trafic de stupéfiants ont abouti ces dernières semaines à Dinan (Côtes-d’Armor), a communiqué, ce jeudi 6 février 2025, le parquet de Saint-Malo.
Ces investigations de plusieurs mois ont conduit à la condamnation de quatre hommes à des peines allant de 14 à 36 mois de prison et à la saisie, dans l’une des affaires, de 57,715 kg de cannabis et de 2,8 kg de cocaïne, dans un contexte où la lutte contre ces trafics continue « à constituer une priorité de politique pénale pour l’année 2025 », rappelle le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel.
Une dizaine de vendeurs dans le réseau
La première affaire débute au 1er février 2024. Un véhicule signalé par la police municipale et dégageant « une forte odeur de cannabis » est contrôlé par les gendarmes de la brigade de Dinan. Aucune substance n’est retrouvée, mais les deux personnes à bord sont déjà connues « pour des infractions à la législation sur les produits stupéfiants ».
Le véhicule par ailleurs déjà signalé comme étant « utilisé par des jeunes pour des transactions en lien avec les stupéfiants », l’enquête dès lors confiée à la brigade de Dinan – autorisée à utiliser la géolocalisation en temps réel – permet d’établir que le passager du véhicule contrôlé le 1er février est à la tête d’un trafic de vente de stupéfiants dans le centre-ville de la cité médiévale.
Toujours accompagné d’un chauffeur, il se rendait régulièrement à Rennes pour s’approvisionner en stupéfiants. Une dizaine de vendeurs, très mobiles et agissant à pied ou à trottinette, étaient également identifiés.
Véhicules, parfums de luxe saisis
Après dix mois d’enquête, cinq hommes suspectés d’appartenir au réseau sont arrêtés les 13 et 14 janvier 2025 et placés en garde à vue.
Trois vont reconnaître les faits : « Le dirigeant et son chauffeur principal, âgés de 23 ans, ainsi que le fournisseur rennais, âgé de 41 ans. »
Les perquisitions menées aux domiciles du chef de réseau et du fournisseur ont d’ailleurs permis de mettre la main sur 222 grammes de résine de cannabis et 37 grammes de cocaïne, ainsi que « de nombreux biens acquis avec les bénéfices du trafic ». 16 000 euros de vêtements et parfums de luxe, une télévision, des consoles de jeux, 10 smartphones et 1 600 euros en espèces chez le dirigeant. Un véhicule d’une valeur de 56 000 euros et 1 440 euros en espèces chez son fournisseur.
Prison ferme et interdiction de paraître
Vendredi 17 janvier, au tribunal de Saint-Malo, les trois hommes ont comparu sur reconnaissance préalable de culpabilité et ont été condamnés à des peines de prison ferme, toutes assorties d’un sursis probatoire de deux ans : 36 mois dont 18 de sursis pour le dirigeant du trafic, auquel il est interdit de paraître à Rennes pendant 3 ans ; 36 mois dont 16 de sursis pour le fournisseur qui a aussi interdiction de détenir ou de porter une arme pendant 5 ans ; 14 mois dont 9 assortis d’un sursis pour le chauffeur. Tous sont en détention et les biens saisis, confisqués.
L’homme de 22 ans avait laissé des traces
La seconde affaire remonte à peu près à la même époque. Le 26 janvier 2024, une enquête de la brigade de recherches de Dinan « permettait la découverte de 57,715 kg de cannabis, 157 grammes d’herbe de cannabis et une arme de poing ».
Identifié grâce à des prélèvements effectués sur des gants et emballages, un homme de 22 ans a finalement été arrêté le 16 décembre. Et une autre importante quantité de stupéfiants saisie, chez lui : « 2,831 kilos de cocaïne pure (valeur marchande au détail d’environ 180 000 euros), 256,8 grammes de résine de cannabis, 3,54 grammes d’herbe de cannabis, 2 grammes d’héroïne, 730 € en espèces », ainsi que deux armes de poing, des balances, conditionnements et couteaux.
Placé en garde-à-vue, le mis en cause minimisait son implication, reconnaissant seulement avoir récupéré, au début du mois, à Rennes, un sac contenant des stupéfiants en vue de le remettre à un individu dont il ne connaissait pas l’identité, pour la somme de 1 000 euros.
Jugé en comparution immédiate mercredi 18 décembre 2024 à Saint-Malo, il écope de 3 ans de prison dont 1 an avec un sursis probatoire de 2 ans.
Il devra se soigner, travailler et il lui est interdit de paraître à Dinan et à Rennes. Lui aussi dort en prison.
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