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Ils laissent pour mort un cycliste au bord de la route à Yffiniac : « J’ai fait une connerie »

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Le 2 décembre 2024, un cycliste de 74 ans trouvait la mort avenue Georges Pompidou, à Yffiniac (Côtes-d’Armor), à hauteur du pont qui enjambe la RN 12, après avoir été percuté par un véhicule puis écrasé par un autre.

Les conducteurs avaient pris la fuite sans porter secours à la victime. 

Mardi 4 février 2025, ces deux conducteurs, quinquagénaires, se sont retrouvés à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc afin de répondre de leurs actes.

Deux profils différents

Le premier présente un casier judiciaire vierge et uniquement deux infractions routières datant de six ans. Il est chauffeur de bus depuis quatorze ans. 

Le profil du second est plus inquiétant. Il est celui d’un délinquant routier multirécidiviste. Depuis plusieurs années, il s’est rendu coupable d’une à deux infractions routières par an.

Excès de vitesse, conduites sous alcool, et ce malgré l’annulation de son permis de conduire, garnissent son passé d’automobiliste.

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« Ebloui » par le soleil

Le jour de l’accident, vers 16 h, le soleil se couche. 

Le cycliste est percuté par l’arrière. Le conducteur ralentit. Dans son rétroviseur, il voit l’homme allongé sur la chaussée.

« J’ai été ébloui par le soleil. J’ai eu peur, j’ai paniqué. J’ai vu qu’il bougeait les jambes », a déclaré l’un des accusés. Il ne sait pourquoi il est parti.

Il apprend le décès de la victime le lendemain. Choqué, il décide de boire. Raison pour laquelle il est alcoolisé lorsque les gendarmes viennent l’interpeller en fin de journée.

Le second conducteur, également alcoolisé lors de son interpellation le lendemain des faits, a toujours déclaré ne pas s’être aperçu avoir roulé sur quelqu’un. Il pensait avoir heurté la bordure du trottoir. Il a réitéré ces mêmes propos devant le tribunal.

« Il y a eu un choc. Le fourgon a sursauté, j’ai cru avoir pris la bordure. Je ne voyais rien, je fixais la ligne blanche au milieu de la route. » 

« On vous reproche d’avoir tué quelqu’un »

« Savez-vous ce que l’on vous reproche aujourd’hui ? », a questionné la présidente. L’homme a répondu : « De ne pas m’être arrêté ? » « Non monsieur, on vous reproche d’avoir tué quelqu’un ! »

Contrairement aux deux prévenus, deux conductrices se sont arrêtées pour porter secours à la victime. L’une a prodigué, en vain, un massage cardiaque.

Elles ont été choquées par le bruit du second choc, lorsque la victime a été écrasée, mais également d’avoir constaté la présence du casque du cycliste à plusieurs mètres, au milieu de l’autre voie de circulation.

Ces témoignages, ainsi que la découverte de débris des deux véhicules, ont permis l’identification des deux auteurs. 

Un message vocal inquiétant

Le jour de l’accident, le second prévenu « emprunte » un fourgon de la société dans laquelle il est employé. Son patron ne sait que depuis un an qu’il n’a plus de permis depuis des années. Il lui a trouvé un emploi sédentaire.

Tard dans la soirée, cet employé, addict à l’alcool, laisse un message vocal à son patron : « Je pense que j’ai fait une connerie. »

« De quoi parliez-vous lorsque vous dites avoir fait une connerie, pas d’avoir heurté une bordure de trottoir ? », s’est questionnée la présidente. L’homme a évoqué le simple emprunt du fourgon.

Le ministère public a requis 4 et 5 ans d’emprisonnement à l’encontre des prévenus, dont une seule année ferme, pouvant être aménagée.

Après délibérations, le tribunal a rendu sa décision. Les deux prévenus ont été déclarés coupables et condamnés à 4 années d’emprisonnement dont trois avec sursis simple pour le premier conducteur et assortis d’un sursis probatoire pour le multirécidiviste d’infractions routières. L’année ferme sera effectuée à domicile sous bracelet électronique.



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