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Il soutire de l’argent à sa grand-mère de 83 ans, laissée le visage en sang au port de Cancale

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Ce Cancalais de 33 ans se dit très proche de sa grand-mère, chez qui il vit depuis des années. Mais la vieille dame subit l’alcoolisme de son petit-fils. C’est son argent à elle qui lui sert à acheter du tabac et de quoi boire…
Lundi 24 février 2025, il était jugé en comparution immédiate au tribunal de Saint-Malo, comme son cousin de 23 ans. La scène qui leur vaut de se retrouver là fait froid dans le dos. 

Il lui « demande tout le temps de l’argent »

C’était le 9 février. Une femme de 83 ans gît au sol lorsqu’elle est trouvée par un couple, au port de la Houle. Elle a une plaie ouverte au front, ses lunettes cassées et une fracture du poignet.

« C’est pas grave », dit-elle d’abord aux témoins, avant de parler d’un « coup de poing » donné par l’un de ses petits-fils qui lui « demande tout le temps de l’argent ». Elle perd connaissance à l’arrivée des pompiers… Une ITT de 45 jours sera prononcée.

Le début de la scène filmé

Que s’est-il passé exactement ? Les caméras d’un distributeur automatique de billets ont capté le début de la scène. On y voit l’octogénaire essayer de récupérer l’argent liquide des mains de son petit-fils et lui porter une gifle. « Elle voulait garder 20 € pour elle et vous ne vouliez pas », décrit la présidente du tribunal.

« Elle a été la première à me mettre des grands coups, elle a dû perdre l’équilibre quand j’ai levé le bras pour me défendre, raconte le prévenu. Elle tombe souvent. Il n’y avait pas plus de sang que ça… Mon cousin m’a aidé à la remettre sur le banc. »

« On se casse sinon je vais la défoncer… »

« Elle a expliqué par la suite que vous l’aviez poussée ? », interroge la juge. « Pas du tout. Elle m’a dit ‘tu dégages, je vais me démerder pour rentrer’. Elle a dû essayer de repartir et retomber. » Le cousin abonde : il n’a pas vu de coups. Mais il n’a pas vu non plus la supposée deuxième chute.

Il faut dire qu’ils étaient tous les deux ivres. D’ailleurs, alors que leur mamie était secourue par les passants, ils étaient encore à quelques mètres de là, en train de boire et de fumer, et de tituber d’un trottoir à l’autre… Les témoins évoquent aussi une phrase qu’ils ont entendue avant de trouver la victime : « On se casse sinon je vais la défoncer… » Le trentenaire admet l’avoir dit mais n’en démord pas : « Je paniquais, j’aurais jamais touché ma grand-mère. »

Ils « forcent un peu »

Celle-ci est toujours hospitalisée. Elle a fait semblant de dormir pour échapper à l’expertise psychologique. Pour protéger son petit-fils ou se protéger elle-même de représailles ? Difficile à dire, mais elle n’a pas porté plainte.

L’intéressé parle « des crises de nerfs » de sa parente. « C’est peut-être quand vous ‘forcez un peu’ pour avoir de l’argent, comme le dit votre cousin ? », suppose une des juges. « Je pensais pouvoir la rembourser plus tard, c’était en accord avec elle », dit-il. « Comment pouvait-elle être d’accord puisque vos demandes excèdent largement ses ressources ? », insiste la présidente, qui a évalué à plus de 4 000 euros le préjudice de la victime. Le prévenu finit par admettre :

Je suis honteux, je ne me rendais pas compte.

« C’est minable »

« C’est minable », résume pour sa part la vice-procureure. Qu’il s’agisse d’un coup de poing ou d’une bousculade, « les violences sont constituées ».

Le Parquet estime que le cousin, qui « n’a pas levé le petit doigt » pour sa grand-mère, doit être condamné pour avoir participé à la scène de violences.

Ce n’est pas l’avis de son avocat, Me Faist, qui « ne voit pas quels actes on peut reprocher à mon client ». Ce dernier sera relaxé.

Pour le trentenaire, la tâche de la défense est plus difficile. « Nous ne sommes pas dans le cas d’une grand-mère terrorisée par son petit-fils », clarifie d’abord Me Lesimple. « Il y a un vrai doute sur le déroulement des faits du 9 février. Vous ne pouvez pas écarter la version d’une deuxième chute. »

18 mois de prison

Le tribunal n’est pas convaincu et le déclare coupable à la fois d’abus de faiblesse et de violences sur ascendant. La peine est de 18 mois de prison, dont 10 avec sursis probatoire pendant deux ans. Il a l’obligation de se soigner pour son addiction et interdiction de fréquenter les débits de boissons. Il n’a plus le droit de paraître chez sa grand-mère.



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