
Emile*, un habitant d’Arpajon, tente de faire bonne figure quand il est amené à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés. « Je voulais qu’elle aille aussi mal que moi », finit-il par lâcher d’une voix submergée par la honte. Pour calmer ses nerfs, ce gestionnaire de paie auprès d’un ministère, n’y est pas allé de main morte.
« J’ai mal vécu notre séparation »
Pendant des semaines, il s’est acharné sur la mère de ses deux petites filles, en piratant ses réseaux, en créant des faux comptes à son nom, en publiant notamment des photos d’elle où il avait collé sa tête sur des images pornographiques.
Il s’en est pris aussi à ses sœurs en réalisant des montages dégradants et en essayant de ternir la réputation de son ex-compagne auprès de ses collègues de travail. « J’ai mal vécu notre séparation », marmonne le prévenu boudiné dans son pull beige. « Il n’y avait que votre vengeance qui comptait », le sermonne la présidente du tribunal.
Son acharnement a été tel que la mère de ses deux petites filles, âgées de 5 et 6 ans, s’est vu prescrire une Interruption Temporaire de Travail (ITT) de 21 jours, ce qui n’est pas vraiment commun dans ce type de dossier.
« Je vis sous antidépresseurs depuis des mois »
Emile a été placé en garde à vue au début du mois de septembre 2022. L’examen de son téléphone portable a montré qu’il passait ses journées à télécharger des images pornographiques sur l’application Telegram. Il réalisait ensuite des montages photographiques avec le visage de son ex-compagne, qu’il publiait par la suite en pagaille sur les réseaux sociaux.
« J’allais mieux sur le coup quand je le faisais. Après je culpabilisais », a finalement concédé le prévenu en baissant ostensiblement la tête.
Son ex-compagne Myriam* était présente le jour de l’audience, mercredi 12 février. Elle a parlé de ses angoisses, de ce harcèlement dégradant qui l’a plongé plus bas que terre. « Je vis sous antidépresseurs depuis des mois. J’ai un poids en moi depuis deux ans. Il faut que ça s’arrête », a-t-elle réclamé en demandant au tribunal de prononcer une interdiction de contact à l’égard du père de ses enfants.
Emile a été condamné à 15 mois d’emprisonnement avec sursis.
*Les prénoms ont été changés.
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