Home Faits Divers il mangeait trop lentement, un garçon de 5 ans violenté par sa...

il mangeait trop lentement, un garçon de 5 ans violenté par sa mère

14
0



En décembre 2024, la gendarmerie de Saint-Soupplets (Seine-et-Marne) est missionnée par le Parquet de Meaux pour enquêter après la réception d’un signalement au sujet d’un enfant probablement maltraité. Il émane de la directrice d’une école maternelle, relayée par les services sociaux.

Des hématomes sur les deux jambes

Tout a commencé un mois plus tôt par les confidences faites par Arthur* à son ATSEM, une personne chargée d’assister les enseignants en classe. Il venait d’être puni pour avoir fait une bêtise en classe et paraissait effrayé à l’idée que ses parents soient informés. « Faut pas prévenir papa maman », a-t-il répondu. Puis il a prétendu être souvent battu lors des repas parce qu’il mangeait trop lentement. Aussi, quand elle a découvert des hématomes sur ses deux jambes, trois semaines plus tard, elle s’est souvenue de la réaction d’Arthur et de son appréhension. Alors, elle a prévenu la responsable d’établissement qui a reçu le couple. L’explication fournie par Muriel* ne l’a pas convaincue et les informations ont suivi le circuit prévu dans une telle situation.

Les parents en garde à vue

Lorsque les gendarmes se présentent au domicile de la famille, la mère, qui affiche une certaine réticence, les accueille très froidement et quitte les lieux pour raison professionnelle. Plus enclin à coopérer, Rémi* accompagne son fils à la gendarmerie pour être entendu par un militaire spécialisé dans la relation avec les enfants.

Pendant l’entretien, Arthur fait des révélations qui concerne surtout sa maman dont il mime d’abord les gestes – deux coups de poing dans le ventre et deux gifles sur le visage, main ouverte – avant d’ajouter : « elle m’a donné aussi une douche froide. » Quand l’enquêteur lui demande pourquoi, le garçon répond spontanément : « parce que j’ai fait pipi au lit et que je mange trop lentement. ». Au cours de la discussion, il évoque aussi une fessée de papa.

Vidéos :

À partir de ces renseignements, la décision est prise de placer les parents en garde à vue. Durant son audition, Rémi fournit des détails sur leur couple. Après avoir lui-même reconnu quelques très rares fessées, il affirme que Muriel est incapable d’être violente avec leur enfant, même si elle est très à cran ces derniers temps à cause d’une restructuration potentielle dans son entreprise en cours de rachat. Dédouané par le rapport du Service d’aide sociale à l’enfance, Rémi est libéré sur décision du Parquet avec pour seule obligation un stage de responsabilité parentale.

« Il avait fait pipi, alors j’ai vrillé ! »

Interrogée à son tour par les gendarmes, Muriel tente d’expliquer ses gestes violents à défaut de les justifier : « Au réveil, la couche d’Arthur était sèche mais quand il est arrivé dans la cuisine, il avait fait pipi ! Pourtant, il venait de passer devant les toilettes. Alors j’ai vrillé. » Par contre, elle nie les coups de poing et les violences signalées, faisant comme son mari allusion aux activités vélo sans roulettes et judo.

« Un électrochoc »

Une fois face aux magistrats, et ayant constaté « une absence totale d’autocritique », le procureur de la République a questionné Muriel sur « les mesures préventives adoptées pour éviter tout nouvel accès de colère ». Répondant du tac au tac, elle a commencé par signaler que le psychologue en charge du suivi d’Arthur n’a décelé aucune répercussion psychologique. Comme pour renforcer cette affirmation, elle a renchéri en annonçant que son fils ne faisait plus pipi au lit depuis plusieurs semaines. Enfin, elle a répondu à l’interrogation en arguant d’un allègement de son emploi du temps et de ses responsabilités professionnelles afin de mieux se consacrer à son jeune fils.

Rémi a été appelé à la barre en tant que représentant légal d’Arthur. Il a qualifié d’électrochoc l’épreuve vécue par la famille. Humble et réaliste, il a qualifié son couple de « parents pas parfaits avec quelques faiblesses passagères ».

6 mois avec sursis

Le procureur a renoncé à requérir sur l’autorité parentale considérant que « la prévenue n’avait pas la volonté de faire mal à son enfant mais qu’il s’agissait seulement d’une perte de contrôle. » Il a réclamé huit mois de prison avec sursis en précisant bien à Muriel que cette peine planerait au-dessus de sa tête pendant cinq ans telle une « épée de Damoclès » et que la sévérité serait au rendez-vous en cas de récidive.

La juge a suivi le ministère public en réduisant toutefois le sursis à six mois. Elle a ajouté l’obligation d’assister à un stage de responsabilité parentale à ses frais.

*Les prénoms ont été modifiés.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here