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« Il laisse un vide terrible ! »

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Jeudi 27 mars, en milieu de matinée, Salto, un imposant chien de race Braque de Weimar a été tué d’une balle en plein cœur, à la sortie du bourg de La Digne d’Aval, près de Limoux (Aude). Sollicité par Actu.fr, François Salto, vigneron indépendant de 38 ans, propriétaire de l’animal, a accepté de revenir sur ce drame qui a bouleversé sa famille. Avec ses mots.

En vadrouille

« Vers 8h, le matin des faits, j’embarque Salto avec moi pour aller avec mon frère dans mes vignes, bordant le village. On part à 4, avec nos chiens respectifs dont Salto en pleine forme », entame, la voix marquée par l’émotion le trentenaire.

Une fois arrivé en 4×4 sur la parcelle de vignes, les deux hommes s’activent. Une longue journée de travail les attend. Les deux chiens, eux, profitent de la nature.

Salto était toujours très remuant mais gentil, vraiment pas agressif. Il faisait sa vie, à la maison, comme à la vigne. Mais il revenait toujours de lui-même près de nous. C’était instinctif, naturel pour lui. On n’a jamais eu à aller le chercher ou que ce soit. Jamais. Et nous l’avions depuis l’automne 2021.

François Sarda
Vigneron, propriétaire de Salto

Au pied de la vigne

« Comme il faisait à chaque fois, Salto est resté avec nous puis il est parti se promener, faire sa vie de chien. Mais, il revenait à son point de départ, toujours. Et ce matin-là, il a fait ça puis il est reparti », poursuit le trentenaire. Mais cette fois, le chien n’est pas revenu.

Très occupés, les deux hommes poursuivent leur labeur sans s’apercevoir que Salto n’est pas revenu.

« Vers 9 h 45, mon frère est avec son chien et me fait remarquer que Salto n’est pas là et que ça n’est pas dans ses habitudes. Je ne m’inquiète pas plus que ça. On doit aller sur une autre parcelle. Il faut traverser le village. J’ai pensé qu’on le verrait dans le village ou qu’il était rentré à la maison », se souvient le chef d’entreprise.

Au volant de son puissant 4×4, François Sarda prend la route vers son autre terrain. Il ne regarde pas les pieds de vigne, qu’il frôle au volant de son véhicule.

« Peu après 10h15, mon frère m’appelle. Il me demande si je n’ai vraiment rien vu en route. Non. Et là, il me dit de revenir vite vers le premier terrain. Il me dit que le chien est là, aux pieds des vignes », détaille le vigneron, très ému à l’évocation des faits.

Le corps froid du chien

La vision de la dépouille de son chien foudroie sur place le trentenaire. « Je l’avais tous les jours avec moi, près de nos enfants, à la maison, à la vigne. Et le découvrir, là, mort… », soupire l’Audois.

Quand j’ai aperçu mon chien comme ça, au pied de la vigne, j’étais dans tous mes états. J’étais choqué. J’étais choqué. J’étais dans le désespoir complet. Je me suis effondré sur lui. J’étais prostré. Seul, mon père a pu me relever, quand il nous a rejoint. J’étais allongé sur le chien.

François Sarda
Vigneron, propriétaire de Salto

Peu de temps après, il a fallu annoncer à sa compagne puis aux enfants, la mort du chien. « Mon frère nous a ramenés à la maison avec le corps froid du chien dans le coffre. Je n’étais pas du tout capable de conduire », se souvient, ému, l’exploitant viticole.

Arrivé à son domicile, l’Audois ne trouve pas les mots pour expliquer la situation à sa compagne, Manon.

« C’est en ouvrant le coffre qu’elle a tout de suite compris le drame qui venait de se dérouler. Elle a vu le corps froid de Salto, allongé dans le coffre. Elle a été marquée, choquée. Puis on a eu la force d’aller ensemble chez notre vétérinaire à Carcassonne (Aude). Seul, j’en aurai été incapable », assure François Sarda.

Un membre de la famille

Plus d’une semaine après les faits, l’Audois prend grand soin de n’accuser personne et laisse les gendarmes poursuivre leur travail. Il préfère garder en mémoire, les bons moments vécus aux côtés de Salto.

« C’était un vrai beau chien que nous avions récupéré en 2021, près de Nîmes (Gard). Il a toujours vécu au grand air, auprès de nous, sans jamais poser de problème que ce soit à la maison ou lors de promenade », se souvient, ému, François Sarda, reconnaissant « être toujours dans l’incompréhension après acte aussi affreux, envers un chien aussi gentil ».

C’était un chien vraiment super ; super gentil, super actif, jamais agressif. Il a grandi chez nous, jamais solitaire, jamais mis à l’écart. Il a été élevé dans la maison, auprès de nos jeunes enfants.

François Sarda
Vigneron, propriétaire de Salto

Une enquête a été ouverte par les gendarmes de l’Aude. Un appel à témoins a été diffusé pour retrouver l’auteur des faits. Géraldine Labialle, Procureure de Carcassonne (Aude) suit ce dossier.

François Sarda et sa compagne, Manon, sont bien loin de ces considérations techniques et judiciaires. Ils laissent les militaires mener leur enquête. « On ne vit plus vraiment. On doit faire avec. C’est un énorme manque. Il dormait et vivait avec nous. Nous avons perdu le 5e membre de notre famille et il est irremplaçable », conclut le trentenaire.

Toute personne susceptible de détenir des informations sur ces faits ou permettant d’orienter l’enquête est invitée à contacter la brigade de gendarmerie de Limoux au 04 68 31 03 63.





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