Il ne détenait pas moins de 6 775 fichiers au caractère pédopornographique ! C’est pour cette raison qu’un habitant d’une commune située près de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) a comparu le jeudi 6 mars 2025 au tribunal judiciaire de Versailles.
Ces fichiers, cet homme de 25 ans les a téléchargés principalement en 2023 et 2024 à Besançon et dans les Yvelines, avant son interpellation le 19 novembre 2024. La veille, il était encore actif. Tellement actif que son adresse IP a fini par être repérée par les enquêteurs lors d’une patrouille numérique.
« Un profil très inquiétant »
Dans ses fichiers, ils ont découvert plus de 5 900 images et près de 800 vidéos téléchargées via des liens « Torrent », la plupart ayant un contenu considéré comme choquant, mettant notamment en scène l’exploitation sexuelle de mineurs.
« Votre profil est très inquiétant, a constaté le président du tribunal. La question que l’on peut se poser, c’est de savoir si vous allez un jour passer à l’acte dans la vraie vie en agressant un enfant ? »
Le prévenu, à l’allure soignée, a assuré qu’il n’envisageait pas le passage à l’acte.
« Quand j’en ai parlé avec la psychologue, on a en a conclu que c’était le côté vidéo qui était en jeu, le fait d’avoir accès à des images qu’on n’est pas censé voir. La présence de l’écran peut créer un détachement. »
Des explications qui n’ont pas convaincu le président du tribunal. « Vos cibles sont des enfants âgés entre 5 et 15 ans. À 5 ans, on est en maternelle ! Qu’est-ce qui vous excite dans le corps d’un enfant ? Dans le fait de voir une petite fille en pleurs en train de se faire violer ? »
« Vous montez en puissance »
Moment de silence chez le mis en cause. « Une forme de curiosité malsaine, reconnaît-il. C’est arrivé à un moment où plus grand-chose n’allait dans ma vie. J’avais un grand sentiment de solitude, je n’entrevoyais aucun avenir. Mes études ne me plaisaient pas. »
« Vous n’avez pas seulement été passif dans ce dossier. Vous êtes entrés en contact avec des pédophiles pour échanger avec eux des contenus. Vous avez 25 ans, vous montez en puissance. Oui, vous êtes inquiétant ! »
Le mis en cause, qui comparaissait libre, sous contrôle judiciaire, a expliqué à la barre qu’il avait entrepris un travail sur lui pour mettre un terme à ses agissements.
« En garde à vue, j’ai pris conscience de ce que j’avais fait. Le travail avec la psychologue m’a permis d’analyser des événements de mon passé. On a exploré des pistes pour que ça ne se reproduise plus. Je vais continuer ce suivi sur la durée. »
« Le chemin va être long »
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a décrit un jeune homme qui n’avait « pas pris conscience de la gravité de ses agissements ».
« En récupérant des images et en les diffusant, on alimente un réseau pédopornographique. Je demande 3 ans d’emprisonnement assorti d’un sursis simple et un suivi sociojudiciaire pendant 5 ans. »
Après délibération, le tribunal a rendu son verdict : 12 mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, avec un aménagement de peine via le port d’un bracelet électronique. Le prévenu devra également suivre des soins et a reçu une interdiction définitive d’exercer un travail professionnel ou bénévole avec des enfants (NDLR : il avait brièvement été professeur dans un collège dans la région où il habitait précédemment). Il a par ailleurs été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
« Vous avez un travail important à faire (ndlr : sur vous-même). Le chemin va être long, vous êtes juste au début », a conclu le président du tribunal.
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