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grossièrement effacés d’une photo officielle, des élus d’opposition dénoncent leur invisibilisation

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Entre la majorité municipale et l’opposition, le torchon brûle à Carrières-sous-Poissy (Yvelines). Et plus particulièrement avec les élus Anthony Effroy et Khadija Gamraoui, du groupe Réunis pour Carrières.

L’acte déclencheur s’est déroulé le 28 janvier 2025 lors des vœux des commerçants « auxquels nous n’avons même pas été invités alors que nous faisons partie du conseil municipal », expliquent les deux colistiers. Ils s’y sont quand même rendus.

Gommé d’une photo officielle

Le lendemain, une photo de la cérémonie était diffusée sur le compte Facebook de la Ville. Stupéfaction, quand Anthony Efrroy s’aperçoit qu’il a été supprimé de la photo. Effacé à l’aide d’un logiciel de retouche probablement. « Pas de bol, on me voit dans le reflet de la vitre », commente Anthony Effroy.

« Au début, je me suis amusé de cette situation jusqu’à ce que je réalise que cette retouche photo avait été réalisée par le service communication de la Ville et qu’elle avait donc été supportée financièrement par le contribuable. C’est hallucinant. »

Anthony Effroy, élu d’opposition du groupe Réunis pour Carrières

« Une initiative malheureuse d’un agent public »

Qui a eu l’idée de cette action ? Contactée, la municipalité, par réponse écrite, fait part d’une « initiative malheureuse d’un agent public qui a fait l’objet d’un rappel à ses obligations professionnelles ». Nous n’en saurons pas plus…

Vidéos :

Concernant l’absence d’invitation aux événements communaux, Anthony Effroy ajoute : « Quand des gens extérieurs y sont invités, sur le carton c’est marqué au nom du conseil municipal, alors que tout le conseil municipal n’est même pas au courant… »

Sur ce point-là, la municipalité affirme que « toutes les invitations aux évènements publics, organisés au nom du conseil municipal et de son représentant, le maire, sont systématiquement mises en ligne sur le site Internet de la Ville. »

Des tribunes municipales absentes des réseaux sociaux

D’autres méthodes sont contestées par Réunis pour Carrières. Dans plusieurs numéros du magazine municipal, les élus d’opposition n’apparaissent ainsi pas dans le trombinoscope « à un moment où les élections municipales approchent ».

Leur tribune, publiée sur le papier du journal de la commune, n’est également pas diffusée sur la page Facebook, « une obligation [pourtant] conformément aux règles du pluralisme ». « Si on siège au conseil municipal, c’est parce qu’on représente une partie des électeurs », souligne les deux élus.

« Ces façons de faire sont un peu discriminatoires. Les administrés me demandent même si je suis partie. »

Khadija Gamraoui, élue d’opposition du groupe Réunis pour Carrières

La Ville répond qu’elle « œuvre à la visibilité de toutes les oppositions via l’augmentation du nombre de caractères des tribunes libres publiées dans chaque édition du journal municipal et leur publication systématique sur le site Internet de la Ville ».

« Un lien permanent sur la page Facebook de la Ville permet d’accéder directement à ces tribunes, à l’ensemble des journaux municipaux et à la composition exhaustive du conseil municipal. »

Ville de Carrières-sous-Poissy

« Le trombinoscope de l’équipe municipale représente, quant à lui, l’exécutif communal composé du maire, de ses adjoints et des conseillers municipaux délégués, tous porteurs de responsabilités par les fonctions exécutives qu’ils exercent », argumente également la municipalité.

Indemnités des élus

L’opposition alerte aussi sur les indemnités perçues par certains conseillers municipaux, qui possèdent des délégations et seraient souvent absents. « Depuis 2023, deux élues auront été absentes à 90 % des séances sans que leurs indemnités, qui sur cette période avoisinaient les 10 000 €, n’aient été minorées », détaille Anthony Effroy.

Sans expliquer la raison de ces absences répétées, la Ville indique dorénavant indexer les indemnités sur le temps de présence. « L’assiduité des conseillers municipaux aux séances plénières est rendue publique par la mise en ligne systématique de l’ensemble des délibérations précisant les élus présents, représentés et absents », tient à rappeler la majorité.

« Le conseil municipal s’est également doté d’un outil de modulation des indemnités des élus en fonction de leur assiduité. Cette modulation des indemnités, que l’opposition a refusé de voter, a en effet récemment été permise par la modification du Code général des collectivités territoriales. »

Ville de Carrières-sous-Poissy

La Ville, maîtresse des horloges

Khadija Gamraoui dénonce une démocratie locale à géométrie variable. Les dates et horaires des rendez-vous de commissions, indispensables avant les conseils municipaux, sont inadéquats.

Au début du mandat, elle a été choisie pour être vice-présidente de la commission des finances. « Je me mettais d’accord avec les services sur les jours et les horaires, c’était bien. Mais au bout d’un an, la réunion a été changée et actée à 16 h le vendredi. »

« Avec mon travail, c’est très compliqué, poursuit-elle. Et je n’avais plus le dossier et les documents en amont. J’ai interpellé le maire plusieurs fois pour trouver un compromis. Au final, j’ai quitté mon poste il y a deux ans, car c’était un faire-valoir pour respecter la charte Anticor qu’il dit respecter. »

« Une fuite en avant »

« Eddie Aït fait tout son possible pour invisibiliser les élus minoritaires, assène encore l’élue. C’est une conception bien singulière de la démocratie locale. Le maire est dans une espèce de fuite en avant depuis le début du mandat, en 2020. La diffusion vidéo du conseil municipal a été arrêtée après le covid, comme pour ne pas montrer ce qui se passe en conseil. »

« Dès qu’il nous voit quelque part, il associe ça à un danger. Il psychote. »

Khadija Gamraoui, élue d’opposition du groupe Réunis pour Carrières

Respect de la charte Anticor

La Ville se dit au contraire « attachée » et « travaille en faveur des droits de l’opposition ». « Ce travail, en accord avec les principes et les engagements de la municipalité, a d’ailleurs fait l’objet d’une information sur le respect de la charte Anticor, présentée lors de la séance du 11 février 2025 du conseil municipal, et détaillant l’ensemble des mesures prises dans le cadre du développement des droits de l’opposition. »



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