« Je ne suis pas médecin, je ne me suis jamais présenté comme ça », indique Michel* à la barre du tribunal judiciaire du Havre ce jeudi 13 mars 2025. L’homme âgé de 69 ans, qui réside à Mont-Saint-Aignan, comparaissait pour exercice illégal de la profession de médecin entre le 26 décembre 2016 et et le 8 février 2023 à Fécamp.
L’homme exerce la pratique de la médecine chinoise depuis 40 ans
C’est une dénonciation auprès de l’Agence régionale de santé de Normandie par un « patient » qui a permis à la justice de remonter jusqu’à lui. « Vos pages Facebook laissent apparaître que vous êtes acupuncteur, relate le président du tribunal à l’audience. Lors de votre audition, vous indiquez que vous exercez la médecine chinoise depuis de nombreuses années, mais aussi l’épilation au laser. »
« Je pratique la médecine chinoise depuis 40 ans et l’acupuncture fait partie des techniques associées à la médecine chinoise », justifie le prévenu, qui précise que cela correspond à environ « 10 % de [ses] actes ».
« Un désir découvert par la pratique des arts martiaux »
Devant le tribunal, il affirme ne pas poser de diagnostic mais « déterminer les zones de vide et de plein pour rétablir un circuit énergétique ». « Pour moi, l’acupuncture n’est pas un acte médical mais énergétique », ajoute l’homme qui continue à exercer « la médecine chinoise et japonaise » à Rouen et à Paris, soit environ « 40 clients par mois »
La médecine chinoise est « un désir d’enfant » qu’il a « découvert par la pratique des arts martiaux ». « Il y a 50 ans, il n’y avait pas d’école donc il fallait se débrouiller pour se former. »
Condamné à une lourde amende, il va faire appel
À son encontre, le procureur de la République du Havre a requis 10 000 euros d’amende et l’interdiction d’exercer la médecine. Une peine justifiée par le ministère public par « le danger et la tromperie pour les patients ». « Il pratique l’acupuncture, qui est réservé aux médecins ».
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, condamnant Michel à 10 000 euros d’amende et à l’interdiction d’exercer l’activité d’acupuncteur. « Et si vous deviez obtenir un diplôme de médecine, vous ne pourriez pas non plus exercer », ajoute le président.
À l’issue de l’audience, le prévenu a fait part de son intention d’interjeter appel de cette décision.
*Le prénom a été modifié
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