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Enceinte de six mois, la cleptomane de Saint-Malo est envoyée en prison

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Long comme un jour sans pain : le parcours de cleptomane d’Amélie * n’en finit plus. Au tribunal de Saint-Malo, au commissariat, dans les centres commerciaux, elle est connue comme le loup blanc.

C’est qu’Amélie, 39 ans et mère de famille, en est à sa 19e condamnation. Toujours pareil : des vols. Elle ne peut pas s’en empêcher.

Dernièrement elle a été présentée à la justice en juillet 2023, en décembre 2023, et puis en janvier 2024 aussi…

Déjà interdite de centre commercial

À chaque audience c’est la même litanie : des sanglots, des soupirs, la tête dans les mains et des promesses pour dire que cette fois c’est fini, elle ne recommencera plus. Interdite de centre commercial, elle avait pris la résolution de faire ses courses au Drive pour éviter de repartir avec un aspirateur volé sous le bras.

Ce mercredi 5 février 2025, on reprend les mêmes et on recommence, à peine un an après être sortie de prison. Cette fois, c’est au domicile des personnes chez qui elle faisait le ménage que des bijoux et un chèque ont disparu. Son boulot d’aide à domicile, elle l’aura gardé deux mois.

La juge pose la question sans détour : « C’est pas un peu dangereux quand on est diagnostiqué cleptomane d’aller travailler chez des gens ? »

La prévenue acquiesce.

Enceinte de six mois

Si elle a pensé qu’elle en était capable c’est parce que le traitement qu’elle prenait pour l’aider à gérer ses pulsions marchait bien. Mais elle l’a arrêté.

Car cette fois il y a comme un inattendu, une nouveauté dans l’équation : Amélie est enceinte. Six mois de grossesse déjà, et une mauvaise grippe qu’elle a dû affronter dans les geôles des locaux de police, en pleine garde à vue.

Le banc du box vitré n’a pas franchement l’air beaucoup plus hospitalier.

La prévenue essaie de plaider sa cause : depuis qu’elle était sortie de prison, elle accueillait de nouveau sa fille aînée chez elle, une semaine sur deux. Elle s’était occupée de son père malade, avait rencontré un homme et ensemble ils voulaient fonder une famille. « J’ai refait ma vie », dit-elle en essuyant quelques larmes.

Diagnostiquée cleptomane

Mais la cleptomanie, finalement diagnostiquée par un psychiatre, a été plus forte, dit-elle.

Le procureur de la République voit plutôt chez elle un certain machiavélisme :

« Elle dit les choses avec un certain détachement, ce qui est habituel d’après mes collègues du Parquet. Elle n’a pas choisi par hasard de travailler pour une société qui fait du ménage chez des personnes âgées. » Il évoque la clémence de la justice : l’autre fois, elle a écopé de jours-amendes.

« Les faits sont commis alors qu’elle est enceinte »

J’imagine qu’on va vous dire qu’on n’incarcère pas une femme enceinte. Mais les faits sont commis alors qu’elle est enceinte, ça ne l’a empêché de rien : c’est elle qui s’est mise dans cette situation. 

Le Parquet

Marina Guilloux, pour la défense, n’a pas la tâche facile : « Alors quoi ? perpétuité pour Amélie ? pour des faits de vol ? » tonne l’avocate. « Une incarcération ne lui permettrait pas de se sortir de cette maladie qui lui pourrit la vie. »

Après une bonne demi-heure de délibéré, les juges reviennent dans leurs fauteuils : 12 mois de prison ferme, et révocation du sursis probatoire précédemment prononcé, même si elle est relaxée pour deux des vols, faute d’éléments. En tout, 22 mois. Le mandat de dépôt est prononcé : Amélie est partie à la prison des femmes de Rennes le soir même.

* Prénom d’emprunt



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