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En Vendée, il violente un médecin pour défendre l’honneur de sa femme

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Jeudi 13 février, un homme de 32 ans était jugé par le tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon pour des violences commises sur un professionnel de santé officiant dans un établissement hospitalier privé en Vendée.

Les faits remontent au 13 mars 2023. Ce jour-là, le trentenaire, accompagné de son père et de son frère, se présente au cabinet d’un chirurgien. Une visite qui n’a rien de courtoise, l’homme venant défendre l’honneur de sa femme, avec qui le médecin a eu une relation pendant un mois. Très vite, la discussion s’envenime. Le médecin reçoit une claque. « Vous lui auriez aussi attrapé les parties génitales », souligne la juge reprenant l’audition de la victime.

Accusations de harcèlement

A la barre, le jeune homme assume. S’il réfute le geste sur les parties génitales, il reconnaît la gifle et avoir cherché à en découdre avec le professionnel de santé. « Ma réaction faisait suite à ses provocations », se justifie le prévenu. Selon ce dernier, le médecin aurait harcelé et abusé de la vulnérabilité de sa femme, une infirmière qui travaille aux côtés du chirurgien. « Quand je lui ai dit qu’il avait eu des relations non consenties avec mon épouse, il m’a répondu qu’elle n’avait pas toujours dit non », explique-t-il. Son sang n’a alors fait qu’un tour.

Depuis cette histoire, son épouse est en arrêt maladie. « Elle a dû quitter le service parce qu’elle ne pouvait plus travailler avec lui. Elle a aussi essayé de mettre fin à ses jours », raconte le trentenaire, toujours remonté.

« Vous êtes venus dans le bureau du médecin à trois, c’était pour être plus menaçant ? » lui demande la juge. « Non, c’était pour être prudent. Mon frère m’a d’ailleurs retenu en m’écartant du docteur après la claque. Et mon père, comme il a le même âge que lui, le but était qu’entre personne de même génération, il puisse lui faire comprendre qu’une relation avec une femme qui a l’âge de sa fille, n’était pas correcte », répond le prévenu qui estime que le problème de comportement se situe plus du côté du professionnel de santé. « C’est un homme décrit comme un pervers, addict au sexe. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est sa propre compagne que je suis allée voir », poursuit le prévenu. Des allégations qui ne reposent sur aucune plainte, si ce n’est une, mais classée sans suite.

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Présent à l’audience, le professionnel de santé maintient sa version, certificat médical à l’appui qui indique une Interruption temporaire de travail (ITT) de cinq jours. Il ne réclame rien, sauf « une mention » au casier judiciaire du prévenu.

Une affaire personnelle

L’avocat de la défense conteste dans un premier temps la qualification de l’infraction, à savoir des violences sur un professionnel de santé, sous-entendant une volonté de s’en prendre à sa fonction de médecin. « Il s’agit d’une affaire personnelle, d’ordre privé. Les faits ne se sont pas passés dans le cadre d’une consultation », indique le conseil du prévenu. « J’entends le cadre privé de cette affaire, mais je retiens cette qualification, car monsieur savait où le trouver. Cela s’est passé dans le cabinet du médecin, dans l’exercice de ses fonctions », répond la procureure Nathalie Demorand qui requiert un stage de citoyenneté à l’encontre du prévenu.

Face à un « contexte très particulier », l’avocat du prévenu a insisté sur le « climat détestable de harcèlement sexuel qui existe dans le milieu hospitalier », dans lequel les femmes, infirmières, « subissent des gestes déplacés sans oser se plaindre ». « Ici, monsieur est décrit comme quelqu’un qui a la main légère, qui soulève les blouses, qui attrape les seins avec les pinces chirurgicales. »

Une attitude dénoncée auprès de la direction de l’établissement « qui n’a eu aucun effet puisque madame a quitté le service et monsieur est toujours là ». D’où la colère de son client « qui est venu dans son bureau lui dire que ce n’est pas possible de continuer à agir comme ça ».

Quant à la demande de mention au casier souhaité par la partie civile, l’avocat rappelle que son client travaille, lui aussi, dans la fonction hospitalière et qu’une inscription à son casier judiciaire aurait des conséquences sur sa carrière. Il conteste enfin le certificat médical présenté par le médecin, qui n’est pas circonstancié. « C’est un certificat de complaisance fait par l’établissement où il exerce. Cela manque d’objectivité », estime l’avocat qui demande la relaxe de son client.

La claque étant reconnue et caractérisée, le tribunal a condamné le prévenu à 500 € d’amende, ainsi qu’une dispense de l’inscription de cette sanction à son casier judiciaire.



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