Home Faits Divers En Vendée, des parents jugés pour une « éducation à la dure...

En Vendée, des parents jugés pour une « éducation à la dure » sur leurs trois enfants

22
0



Jeudi 6 mars 2025, le tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon jugeait un couple pour des violences commises sur leurs trois enfants, âgés de 8, 6 et 4 ans.

L’affaire a démarré par un signalement de l’école où est scolarisée la fratrie dans une petite commune de Vendée. « Le 18 mars 2024, l’aîné a dénoncé des violences à sa maîtresse. Il lui a expliqué avoir reçu un coup de pied de son père qui l’a ensuite poussé contre un radiateur », relate la juge pour resituer le contexte. Des dires qui collent avec l’énorme hématome que présente l’enfant sur l’une de ses hanches.

Un choc des cultures éducatives

Suite à ce signalement, tout s’emballe. Les trois enfants sont auscultés. « Beaucoup de cicatrices et de griffures ont été constatées sur le corps des trois enfants », souligne la juge. Ce nombre important de traces interroge, sans compter les faits de violences que dénoncent les enfants. Auditionné, le benjamin de la fratrie indique avoir vu sa maman donner une claque à sa petite sœur et son papa frapper son grand frère. Lui-même explique avoir reçu un coup de bâton sur les mains.

Ces accusations vont aussitôt déclencher un placement des enfants et une mise en examen des parents, qui ont déjà fait l’objet d’un rappel à la loi en 2021 pour des faits identiques. Des faits qu’ils ont reconnus à l’époque. Originaire de l’île Wallis-et-Futuna, le couple est arrivé en métropole en 2015 avec ses us et coutumes, notamment « une éducation à la dure » résumera la juge. « Chez vous, on dit les choses une fois, pas deux, sinon c’est la punition. » « Des violences éducatives avec lesquelles vous avez vous-mêmes été éduquées et qui sont acceptées dans votre culture. Mais ici, les règles sont différentes », souligne la juge.

« Ce sont des enfants agités »

Suite à ce rappel à la loi, une assistance éducative a été mise en place. Avec le retour des enfants au domicile qui, depuis leurs familles d’accueil, réclamaient leurs parents et sont revenus sur leurs premières déclarations. « Un soulagement », avouent les parents conscients du besoin d’être accompagnés. Entre-temps, l’aîné a aussi changé sa version devant le juge des enfants en expliquant avoir glissé et s’être cogné contre le radiateur.

Vidéos :

Ce jeudi, à la barre, le couple conteste ces nouvelles violences. Assure avoir compris le rappel à loi et jure qu’il n’y a pas eu de nouveaux faits de violences. « Ce sont des enfants agités, qui se bagarrent beaucoup entre eux », expliquent-ils à la juge. Ce que veut bien croire cette dernière au vu des descriptions des différents témoignages. « Mais alors, pourquoi vous dénoncent-ils ? » s’interroge la magistrate. « Ils ont été influencés par l’école », lâche la maman. « Nous sommes dans une petite commune. Nos enfants ont subi du racisme. On a dû les retirer de l’école privée pour les mettre dans l’école publique. » Le couple affirme aussi que leurs enfants revenaient de l’école avec des marques. « On n’est pas des parents méchants. On veut le meilleur pour nos enfants. On est en France pour qu’ils aient un meilleur avenir », poursuivent-ils.

« Des faits déjà jugés »

« Vos enfants ont donc menti ? » leur demande Nathalie Demorand, procureure de la République. « Oui », estiment les deux prévenus.

Une position qui attriste l’avocate de la partie civile, qui représente l’administrateur ad hoc des trois enfants. « Un signalement, ce n’est pas rien, tout comme le placement immédiat », note-t-elle avant de demander 2 000 € par enfant pour leur préjudice.

« Ce qui est caractérisé, ce sont les blessures », précise la procureure. Des marques « qui ne sont pas toutes explicables par des bagarres entre eux. » Tous les deux étant poursuivis pour violences sur les trois, elle demande une relaxe de la mère pour des violences sur l’aîné, puisque seul le père était visé, et ne retient que la claque sur sa fille. Elle poursuit le père que sur le coup porté sur l’aîné. Trois mois sont requis pour le couple, ainsi qu’un stage de responsabilité parentale. Le retrait de l’autorité parentale n’est pas demandé.

Me Jimmy Simonnot, qui défend les parents, demande une relaxe pure et simple. « On rejuge les faits de 2021 », estiment-ils. « Quand les enfants parlent de violences, du coup de bâton, de claques, ils parlent de faits de 2021 qui ont été reconnus par les parents et qui leur ont valu un rappel à loi. » Pour l’avocat, les enfants « ont tout mélangé, car ils ont été impressionnés quand ils se sont retrouvés devant les enquêteurs ». Et de rappeler les déclarations changeantes de l’aîné et l’hyperactivité de la fratrie. « Au final, on est dans le flou, parce que rien ne peut être daté. Et le flou, c’est le doute, donc la relaxe ».

Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 24 avril.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here