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en pleine séparation, elle avait tué son conjoint de 20 coups de couteau

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Un couple qui se déchire jusqu’au sang. Ce mardi 18 février 2025 s’ouvre devant les assises de Seine-Saint-Denis le procès d’une femme de 51 ans. Fatma A. est jugée à Bobigny pour avoir commis en 2022 un crime ultraviolent : le meurtre de son mari, lardé d’une vingtaine de coups de couteau. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Une scène d’horreur

Il est 3 heures du matin ce lundi 22 août 2022. Le standard de pole-secours reçoit un appel glaçant. « Je suis blessée. Mon mari, il a essayé de me tuer », hurle une voix apeurée, déclarant aussi qu’elle ne s’est pas battue. Les forces de l’ordre se rendent au lieu indiqué, un appartement situé au Pré-Saint-Gervais. À peine entrés dans le logement, ils font face à un spectacle horrifique. Le sol et les murs sont tâchés de sang.

L’appelante est présente. Son corps est ensanglanté. Elle est blessée à l’avant-bras gauche et à la cuisse droite. Les marques sont profondes, et nécessitent une hospitalisation d’urgence. Dans le salon, un corps gît sur le sol dans une mare d’hémoglobine. Il a de multiples plaies au cou et au visage. Son décès est très vite constaté.

Elle « manipulatrice » et lui « coureur de jupons »

Que s’est-il passé dans le huis clos de cet appartement ? La réponse est difficile à établir dans un premier temps, car Fatma A. est en soins intensifs. Auprès de ses proches, les enquêteurs récoltent quelques informations : des différends existaient au sein du couple. Ce dernier s’était séparé quelques mois avant les faits. Les raisons seraient financières et sentimentales. La victime aurait été un coureur de jupons, et vivait sur l’argent de sa compagne. Si l’on n’évoque pas de violences conjugales, le conjoint se serait montré humiliant contre l’accusée.

À l’inverse, l’entourage de la victime dresse un tableau aux couleurs bien différentes. Fatma A. est décrite par la victime comme une femme « manipulatrice », voire « dangereuse », qui rôdait autour de chez lui. Il la soupçonnait par ailleurs d’avoir incendié sa voiture et de lui avoir volé plusieurs papiers importants.

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Un traquenard dans l’appartement ?

C’est avec ces éléments troubles que les policiers auditionnent l’accusée, à peine remise. Les premiers échanges sont difficiles. Elle explique s’être rendue au domicile de son ex-conjoint le soir des faits afin qu’il paie les billets retours de ses enfants en vacances. Encore amoureuse, elle décrit une relation en pleine résurrection. Le couple aurait eu une relation sexuelle, puis la soirée aurait basculé dans le sordide.

Alors qu’elle sort des toilettes, la quinquagénaire est attrapée par son ancien compagnon. Il lui aurait mordu la lèvre pour l’empêcher de crier, puis lui aurait porté le coup de couteau à la cuisse. Après, le néant. L’accusée se souvient avoir pris la lame des mains de son agresseur, mais pas de la suite. Lors de son audition, elle se met à hurler et doit être prise en charge par les soignants.

Une « bête sauvage » et un « démon »

Les interrogatoires s’enchaînent, et au fil des échanges, Fatma A. décrit une relation conjugale très sombre. L’accusée parle de son ancien compagnon comme un homme « obsédé par le sexe ». Les viols et les sévices auraient été routiniers pour cette femme, déjà victime de violences par d’autres conjoints. Depuis leur séparation, il la suivait partout, explique-t-elle. Si Fatma A. se rend chez lui cette soirée du 22 août, c’est pour récupérer une de l’argent qu’il lui doit.

La nuit du crime devient aussi un condensé de sordide. Le conjoint aurait violé à plusieurs reprises l’accusée. Elle le décrit comme « bête sauvage » et un « démon ». Après une énième agression, il l’aurait frappé à la cuisse. « Pétasse, tu n’es même pas capable de me satisfaire », aurait-il lancé avant son acte. Fatma A. aurait alors pris le couteau pour se défendre.

Des éléments qui posent questions

Plusieurs éléments de l’enquête viennent toutefois instiller le doute dans cette version des faits. Selon l’autopsie, la victime a reçu une vingtaine de coups de couteau. Un acharnement rare. Plus surprenant, des plaies sont présentes dans le dos et à l’arrière du crâne du défunt, ce qui ne correspond pas à une attaque par désarmement. Autre questionnement : les traces de sang dans l’appartement sont peu présentes sur les murs et le plafond. Une absence troublante, dans le contexte d’un affrontement entre deux personnes debout.

Pourtant, l’accusée le maintient, elle a agi pour se défendre. « C’est une femme qui n’a fait que subir tout au long de sa vie. Elle a réagi par instinct après avoir subi des violences physiques », déclare son avocat Me Nabil El Ouchikli. Le verdict du procès est attendu pour le 21 février.



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