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En Gironde, pourquoi deux faucheurs d’OGM ont-ils été convoqués par les gendarmes ?

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« Eh oui, je suis un vieux délinquant. » Jacky Berrahil, 78 ans, glisse un petit sourire. Nous sommes lundi 24 mars 2025. Dans quelques minutes, ce faucheur volontaire d’OGM va pousser la porte de la gendarmerie pour y être entendu. Une convocation, « une de plus », au tableau de chasse de ce militant de la première heure. Installé dans le petit village de Marions (210 habitants), au sud de la Gironde, l’homme doit être entendu par les gendarmes la brigade de Bazas pour des faits s’étant déroulés à 260 km de là. Dans un autre département, dans une autre région et, même, dans une autre décennie…

« Le 15 août 2018, raconte Jacky Berrahil, j’ai participé à une opération de fauchage dans l’Aveyron, à Druelle. Il s’agissait d’une parcelle d’essais du groupe semencier RAGT. »

Jacky Berrahil déjà auditionné pour cette même affaire

Sur place, le Sud-Girondin opère à visage découvert, ne se cache pas devant les caméras. Il répond même aux questions de nos confrères de France 3 Occitanie. Ils sont quelque 70 faucheurs volontaires à avoir fait le déplacement pour détruire des variétés de tournesols génétiquement modifiées par mutagénèse. « Ils voulaient les rendre tolérants à des herbicides », rappelle le septuagénaire.

À l’époque, comme 57 autres faucheurs volontaires, il dépose son nom et son adresse au tribunal de Rodez. S’en suivent des auditions qui n’aboutissent à rien… Jusqu’à ce qu’une nouvelle enquête préliminaire soit lancée, avec de nouvelles convocations dans tout le territoire.

Alors même que Jacky Berrahil, faucheur volontaire d’OGM, était entendu par les gendarmes de Bazas (Gironde), plusieurs personnes se sont rassemblées devant la brigade. ©Gaël Arcuset / Le Républicain

La raison ? La parcelle ciblée par les faucheurs volontaires en 2018 avait de nouveau été « nettoyée » deux années plus tard. « Je n’avais hélas pas pu y prendre part, regrette Jacky Berrahil. C’était au début de l’épidémie de covid-19 et j’étais très prudent. »

En Gironde, l’habitant de Marions n’est pas le seul à avoir reçu une convocation de la gendarmerie. Le même jour, au nord du département, à Castelnau-de-Médoc, un de ses « camarades » est entendu par les militaires. En Occitanie, mercredi 19 mars, cinq faucheurs volontaires ont été placés en garde à vue, à Figeac, dans le Lot.

Je ne comprends pas pourquoi on relance ça […] Je ne comprends pas pourquoi ils s’acharnent sur ce dossier

Jacky Berrahil

Être entendu par la gendarmerie, pour Jacky Berrahil, ce n’est donc pas une première. « Je ne dis pas que je suis habitué, mais bon… »

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Devant la gendarmerie de Bazas (Gironde), lundi 24 mars 2025, une dizaine de personnes sont venues apporter leur soutien à Jacky Berrahil et manifester publiquement contre les OGM. ©Gaël Arcuset / Le Républicain

« L’empreinte carbone des faucheurs volontaires, elle n’est pas terrible »

Le militant faisait, par exemple, partie des faucheurs volontaires ayant détruit une parcelle de vigne transgénique expérimentale de l’Inra [l’institut national de la recherche agronomique, ndlr] de Colmar, en 2010. Depuis 2003, l’homme a participé à « d’innombrables actions » aux quatre coins de France. « L’empreinte carbone des faucheurs volontaires, elle n’est pas terrible », ironise-t-il. 

Venu sans avocat à la gendarmerie de Bazas, placé en garde à vue, Jacky Berrahil a été soutenu par une dizaine de personnes devant la brigade. Le faucheur volontaire d’OGM est resté fidèle à l’une des « traditions » de son mouvement : « Ne rien dire et réserver ses déclarations pour la justice. À toutes les questions, j’ai dit que je n’avais rien à répondre. »

Après deux heures passées en gendarmerie, Jacky Berrahil a pu ressortir. 



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