Home Faits Divers elle prépare sa fuite en cachette durant 5 mois, près de Caen

elle prépare sa fuite en cachette durant 5 mois, près de Caen

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La fin du calvaire est intervenue juste avant Noël pour Séverine*. Le 20 décembre 2024, la jeune femme a quitté le domicile conjugal à Saint-Martin-de-Fontenay (devenue Saint-Martin-de-May depuis le 1er janvier 2025), au sud de Caen (Calvados), avec ses trois enfants, dont un bébé de 13 mois issu de sa relation avec Cédric*.

« Je regrette tout ce qui a pu se passer durant des années »

Incarcéré depuis sa garde à vue, Cédric était jugé ce vendredi 7 mars 2025 en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Caen. Dans un contexte d’alcoolisation excessive, il était poursuivi pour des violences commises contre sa compagne durant leur cinq ans de vie commune, entre le 1er janvier 2020 et le 20 décembre 2024, ainsi que pour des actes de violences contre deux des enfants de sa compagne âgés de 10 et 15 ans issus d’une union précédente, et contre son fils de 11 ans avec qui il n’a plus de contact depuis un peu plus d’un an.

Je regrette tout ce qui a pu se passer durant des années. Je reconnais le problème d’alcool et que je leur ai porté des coups. Je reconnais les trois-quarts des faits qu’on me reproche.

Le prévenu à l’audience

Coup de poing au visage, elle se réfugie dans le rue en pleine nuit avec son fils

Pour s’extraire de cette situation, la victime a préparé durant cinq mois sa fuite en cachette, comme elle l’explique. Alcoolique, le prévenu qui va fêter ses 37 ans dans quelques jours se montrait régulièrement nerveux et violent à son encontre et celle de ses enfants.

En plus des insultes, quelques scènes de violences ont été relatées durant l’audience. En juin dernier, il a porté des coups de poing au visage de l’adolescent de sa compagne, ainsi que des coups de pied ou l’avoir saisi violemment par le cou pour une raison futile.

La même nuit, vers 4h30, le trentenaire s’est réveillé pour boire, dérangeant toute la maison. Il a demandé à sa compagne de lui rouler une cigarette, avant de lui mettre un coup de poing au visage car la cigarette n’était pas bien faite. Elle et son fils se sont alors enfui de la maison à 5h du matin, traînant et se cachant dans la commune sous la pluie jusqu’à 6h15.

Il met le feu à des vêtements, écrit sur le front ou menace avec un couteau

Autre scène évoquée : un jour, Cédric a mis le feu à un bac de vêtements de l’adolescent de 15 ans dans le jardin, car ce dernier n’était pas venu faire de la mécanique. « C’était un coup d’énervement« , lâche-t-il à la barre.

Troisième fait mis en avant : une fois, il a pris un couteau et l’a pointé sur le haut du torse de sa compagne. Elle a repoussé la lame avec sa main, se blessant à trois doigts. Une version de conteste le prévenu. « Je reconnais mes torts, mais pas ça ». Cédric a également écrit sur le front de sa belle-fille pour une assiette pas finie au restaurant ou mis trois fois les enfants à la porte pour qu’ils aillent dormir dehors. « C’était complètement débile de ma part ».

INTER : « J’ai plus que dépassé les bornes »

La famille se dit apeurée et craint les représailles. « Les engueulades, ça peut arriver dans les couples, mais on sort faire un tour… On ne peut pas en arriver à ces extrêmes « , lui lance la présidente du tribunal.

J’ai plus que dépassé les bornes. Il y a eu plein de débordements à cause de ma consommation d’alcool.

Le prévenu à l’audience

« La violence n’est pas un mode d’éducation »

« Il terrorisait tout le monde et n’opère aucune remise en question aujourd’hui. Sa famille n’est tranquille que depuis qu’il est en prison », précise l’avocate de la partie civile.

La représentante du ministère public requiert 18 mois de prison dont huit mois avec sursis. « Le prévenu banalise les faits, mais la violence n’est pas un mode d’éducation« , glisse-t-elle.

Pour l’avocat de la défense, son client « reconnaît l’essentiel des faits et a exprimé ses regrets. Il a dépassé les bornes, mais depuis, il a avancé et se remet en question. Il voulait aller en prison pour se soigner, c’était sa seule chance de se reconstruire. »

Condamné à 13 mois de prison ferme

Comptant 6 mentions à son casier judiciaire, le trentenaire a finalement été condamné à 18 mois de prison dont 8 mois avec sursis probatoire de deux ans, avec une obligation de soins, de formation et de suivre un stage de responsabilité sur les violences au sein du couple.

Il a écopé en plus de la révocation de trois mois de prison ferme d’un sursis antérieur. Il devra en outre payer une amende de 500€ pour les violences, 1€ symbolique à la victime, 2 000€ pour préjudice morale à chacun des enfants de sa compagne, 200€ pour les vêtements brûlés et 1 200€ de frais de justice. Son autorité parentale sur son fils de 11 ans lui ai retirée.

« Je tiens à m’excuser auprès des gens présents du mal que j’ai pu leur faire », conclut-il. Il a été conduit à la maison d’arrêt à l’issue de l’audience.



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