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elle conteste une amende pour stationnement gênant, le tribunal sort la photo

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C’est le genre d’affaire, ou plutôt de ligne de défense, qui suffit à fissurer l’austérité d’une salle d’audience. Parce que personne, ou presque, ne peut réprimer un sourire. Le 28 janvier 2025, au tribunal de police de Lille (Nord), où sont jugées des affaires liées à des contraventions de classe 1 à 5, une jeune femme a montré un certain aplomb face au juge et à l’officier du ministère public. Elle comparaissait pour avoir contesté, par deux fois, une amende pour stationnement gênant. L’infraction s’est produite dans le centre-ville de Lille en 2022, photos à l’appui. « C’est bien votre voiture, avec votre plaque ? », l’interroge le juge. « Oui, mais ce n’est pas moi qui l’ai conduite. » « Vous l’avez donc prêtée ? », renchérit le magistrat. « Non, à personne ! » Démarre alors toute une argumentation, lunaire, dans laquelle la principale intéressée effleure la possibilité qu’un inconnu lui ait emprunté son véhicule à son insu, à Valenciennes, avant de discrètement le remettre à sa place. Récit.

Au tribunal, elle reconnaît sa voiture mal stationnée en photo : « La question se pose… »

C’est l’occasion ou jamais de se défendre : le tribunal de police de Lille offre, par la voix de l’officier du ministère public et du juge, la possibilité de se justifier en cas de contestation d’une amende. Cette dernière peut être annulée, si une preuve est apportée par le particulier, sinon, elle est maintenue. Aussi simple que ça. Il faut dire que la jeune femme de 27 ans est venue avec un bien maigre bagage, le 28 janvier, pour se disculper d’une contravention liée à un stationnement gênant. L’infraction a été relevée le 8 septembre 2022.

Sans avoir vu les photos prises par la police à ce moment-là, la jeune femme avait une première fois contesté l’amende, disant qu’elle n’avait pas bougé de chez elle à Valenciennes. Cela n’avait pas marché. Elle avait finalement contesté une seconde fois, avançant, cette fois, qu’elle avait parfaitement le droit de se garer là où son véhicule avait été identifié. Drôle de retournement de situation, mais soit. Au tribunal, toutefois, ce qu’elle ne semblait pas soupçonner, c’est que le juge était en possession des photos de son véhicule mal garé.

On distingue clairement le modèle, la plaque d’immatriculation, et surtout son emplacement sur une ligne jaune, interdisant tout arrêt et tout stationnement. La jeune conductrice n’a d’autre choix que d’admettre que c’est bien sa voiture, mais elle plaide l’incompréhension. En mai de la même année, elle avait passé un IRM mettant en évidence une rupture du ligament croisé, au niveau du genou. « Je ne pouvais pas conduire, c’est impossible. » « Donc vous l’avez prêtée ? », insistent le juge et l’officier du ministère. « Non, je n’ai jamais prêté ma voiture à personne ! »

Plane alors l’hypothèse d’un « emprunt » dont elle ne se serait pas aperçue. Quelqu’un serait venu lui prendre sa voiture chez elle, aurait fait un tour à Lille à son bord, puis l’aurait remise à sa place. « La question se pose », se risque-t-elle à dire à l’audience.

« Vous avez réponse à tout, n’est-ce pas ? »

Pour les contestations de l’amende, ce n’est pas elle qui en est l’auteure. Pourtant, deux « requêtes d’exonération », pour reprendre le terme précis, ont bien été adressées à l’officier du ministère public. Dans la première, il est avancé que la voiture ne pouvait pas se trouver en ville, pour les raisons médicales évoquées ; dans la seconde, il est reconnu que le véhicule était en ville, mais qu’il était correctement garé. Il est même demandé, dans la requête : « Si le stationnement était gênant, pourquoi n’a-t-il pas été pris par la fourrière ? » Il fallait oser.

La jeune femme de 27 ans dément en tout cas formellement avoir rédigé ces constatations. « Alors qui les as écrites ? », demande le tribunal. « Là aussi, la question se pose. » Et l’officier du ministère public de perdre patience : « Si quelqu’un fait usage de votre identité de façon numérique, il faut vous en inquiéter ! » Le juge est, lui aussi, incrédule. « Vous avez réponse à tout, n’est-ce pas ? » Loin de se démonter, la Valenciennoise dit être de bonne foi, et va même jusqu’à déclarer n’avoir « mis qu’une fois les pieds à Lille dans sa vie ».

Elle est finalement déclarée coupable par le tribunal de police, et devra bien s’acquitter de l’amende de 145 euros.



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