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dix ans de réclusion pour la fille et son ex-compagnon

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Les faits se déroulent en pleine nuit, dans une résidence de Cabourg. Ce soir-là, la fille de la victime se présente chez sa mère, sous prétexte de passer la nuit chez elle. Peu avant minuit, elle ouvre la porte à son compagnon, qui fait irruption, le visage dissimulé. Il ligote et bâillonne la septuagénaire, frappée alors qu’elle tente de se débattre. Pour donner plus de crédibilité à la mise en scène, il attache également sa complice.

L’objectif est clair : dérober des objets de valeur. L’agresseur fouille l’appartement et s’empare de plusieurs sacs à main, ceintures et montres de luxe, avant de prendre la fuite. Les enquêteurs révéleront plus tard que ce vol sous contrainte visait à rembourser une dette de 3 000 euros liée à la consommation de stupéfiants du couple.

Alertée par des bruits suspects, une voisine prévient la police. En arrivant sur place, les forces de l’ordre découvrent la septuagénaire sous le choc, qui vient tout juste de se libérer. Sa fille, retrouvée dans l’immeuble avec plusieurs objets appartenant à sa mère, est rapidement interpellée. L’enquête établira qu’elle n’a jamais été une victime, mais bien une actrice du stratagème.

Un procès marqué par la trahison

Devant la cour d’assises du Calvados, trois jours de débats tentent de faire la lumière sur le rôle exact de chacun. L’homme, âgé de 36 ans, est jugé pour extorsion avec arme, violences et séquestration en récidive. La fille de la victime est poursuivie pour complicité.

Dans la salle d’audience, la trahison filiale est au cœur des échanges. Des témoins évoquent une victime profondément marquée. Après l’agression, la septuagénaire ne sortait presque plus, effrayée par le moindre bruit. Son fils, partie civile, décrit une femme anéantie par ce qu’elle avait vécu, incapable de se remettre du choc. Deux mois plus tard, elle décédait. « Elle en est morte de chagrin », déclare son avocat, suggérant un lien direct entre l’agression et son état de santé déclinant.

Deux accusés qui se renvoient la faute

Face aux juges, les accusés tentent de minimiser leur responsabilité. L’homme affirme que sa compagne était pleinement consciente du plan et qu’elle l’a encouragé. Elle, au contraire, se présente comme une femme sous influence, entraînée malgré elle dans un amour toxique.

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Mais pour l’accusation, les responsabilités sont partagées. L’avocat général ne croit pas à l’image d’une femme soumise, ni à celle d’un homme manipulé par sa compagne. Il insiste sur le caractère prémédité du crime et l’implication des deux accusés dans l’exécution du plan. « Ils sont aussi coupables l’un que l’autre », assène-t-il, avant de requérir douze ans de réclusion criminelle contre chacun.

Les experts psychiatres, appelés à la barre, confirment que les accusés avaient pleinement conscience de leurs actes. Leur discernement n’était en aucun cas altéré au moment des faits.

Un verdict sans distinction

Après plusieurs heures de délibération, les juges suivent en partie les réquisitions. Le verdict tombe en fin d’après-midi : dix ans de réclusion criminelle pour chacun des accusés.

À l’annonce de la peine, aucun d’eux ne réagit. L’homme garde les yeux baissés, la femme essuie discrètement quelques larmes. Dans la salle, le fils de la victime serre les poings, partagé entre soulagement et douleur. Pour lui, ce verdict ne pourra jamais réparer ce qui a été fait.

L’affaire aura marqué la cour par la froideur de son exécution et l’onde de choc qu’elle a laissée dans cette famille brisée.



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