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deux jeunes condamnés pour violence

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Gazeuse et béquille dans le camp des dealers, Opinel côté client : la transaction de cannabis s’annonçait houleuse, à Dives-sur-Mer (Calvados).

Présumés respectivement client et dealer de cannabis, Denis*, 21 ans, et Lucas*, 19 ans, ont été jugés mardi 25 février 2025 pour violence avec usage d’une arme. Comme c’est l’habitude lors d’une rixe en l’absence de témoins, les versions présentées par les deux parties sont contradictoires.

Toutefois, l’enquête de police a permis d’accréditer les explications données par Denis. À la fois prévenu et plaignant, il se dit victime d’un traquenard tendu par ses dealers et accuse formellement l’homme qui se tient à côté lui à la barre du tribunal d’être l’un de ses agresseurs.

Guet-apens

Le 23 août 2023 vers 19 heures, les policiers de Dives-sur-Mer interviennent place de la République où un homme blessé au ventre est allongé sur le sol au milieu d’un attroupement. Non loin de là, Denis, qui présente des traces de coups au visage, est retenu par un témoin pour l’empêcher de prendre la fuite.

Vidéos :

Lors de son audition, il dit aux policiers être venu de la région caennaise avec son cousin pour acheter de la résine de cannabis à Dives-sur-Mer. La confiance ne semblant pas de mise, il s’est muni d’un Opinel :

« Je l’avais dans ma poche avant de venir. Il y a pas mal de problèmes par chez moi. »

Denis

« Vous avez été racketté »

À leur arrivée place de la République où est fixé le rendez-vous, les deux dealers leur demandent de les suivre dans une ruelle sombre hors du champ des caméras de surveillance puis tentent dépouiller Denis des 50 € qu’il a sur lui pour régler son achat. « Vous avez été racketté », suggère le président. « Oui, c’est ça », répond le prévenu.

Devant son refus, les deux hommes qui ont été rejoints par plusieurs individus les aspergent de gaz lacrymogène et les frappent à la tête avec leur gazeuse. Alors que son cousin a réussi à s’enfuir et a rejoint sa voiture, Denis, aveuglé par le gaz lacrymogène, sort son couteau et tend le bras à l’aveuglette pour échapper aux coups.

Selon lui, c’est involontairement qu’il a porté un coup au flanc gauche de l’un de ses agresseurs. Bien qu’il présente une plaie abdominale d’une longueur de 5 cm et des coupures à la main justifiant 7 jours d’ITT, ce dernier ne souhaitera pas déposer plainte.

« Il en arrivait de partout »

Denis, qui a réussi à se dégager, est maîtrisé par un passant avant d’être pris à partie par des jeunes appelés à la rescousse. « Il en arrivait de partout », dira le témoin aux policiers.

Dans la confusion, Denis est projeté au sol et frappé au visage à coups de béquille par Lucas. Souffrant d’une fracture de la mâchoire, il aura 7 jours d’ITT. « Il plante mon pote devant moi et moi je ne fais rien ? », lance le jeune de 19 ans aux magistrats avec un semblant d’indignation.

Deux profils différents

L’avocat de Denis ne manquera pas de mettre en perspective la situation stable de son client – parfaitement inséré et inconnu jusqu’alors des services de police – et le parcours judiciaire de Lucas, riche de plusieurs condamnations dont une de 12 mois de prison avec sursis. De surcroît, ce dernier a comparu en octobre dernier au tribunal judiciaire de Toulon pour offre ou cession de stupéfiants et fait l’objet d’une convocation au mois de mars 2025 devant les juges pour une autre affaire.

Lucas est condamné à 10 mois de prison assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de travail et interdiction de porter ou détenir une arme pendant 5 ans. Il devra verser 1 000 € à Denis pour la souffrance endurée, 210 € en dédommagement de son ITT et 420 € au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.

Le tribunal n’ayant pas retenu la légitime défense plaidée par son avocat, Denis est condamné à 1 an de prison avec sursis. Une condamnation qui ne figurera pas au bulletin numéro 2 de son casier judiciaire et ne devra pas faire obstacle à la carrière dans l’armée à laquelle il se destine. En revanche, son inscription au Finiada (Fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes) va vraisemblablement contrarier ce projet.

*Prénoms d’emprunt.



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