Sept mois après la mort de Maïky, père de famille de 28 ans tué par balle à bord de son véhicule, deux gendarmes, dont celui auteur du tir mortel, ont été mis en examen, a annoncé le procureur de la République de Toulouse, mercredi 26 février 2025 soir.
« Des indices graves », selon le parquet de Toulouse
Ses proches n’avaient cessé de manifester, encore récemment, après la disparition du jeune homme appartenant à la communauté des gens du voyage.
Dans un communiqué, le procureur de la République de Toulouse rapporte que suite aux auditions des deux membres des forces de l’ordre, « des indices graves et concordants » justifient les mises en examen des forces de l’ordre.
Les gendarmes estiment cependant « avoir agi conformément au cadre légal d’usage des armes par les forces de sécurité intérieure » et assurent que « leurs tirs n’avaient nullement pour objectif de causer la mort de Maïky »,
Violences volontaires
L’auteur du tir mortel est mis en examen pour les chefs de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commis par une personne dépositaire de l’autorité publique, et violences volontaires n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail (à propos des blessures ayant pu être causées aux deux autres occupants de la voiture).
Le second militaire, quant à lui, est inculpé pour violences volontaires n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail. « Il a bénéficié du statut de témoin assisté pour les faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », a justifié le parquet de Toulouse.
Interdiction de porter une arme depuis sept mois
Le procureur de la République rappelle par ailleurs que, depuis sept mois, les deux hommes sont placés sous contrôle judiciaire et ont interdiction de porter une arme. Après les faits, ils avaient tous les deux étaient placés en garde à vue et contrôlés aux stupéfiants et à l’alcool (résultats négatifs, NDLR) en attendant les résultats des premières expertises.
Le procureur avait notamment saisi l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) pour diriger l’enquête de flagrance ouverte du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP).
Un refus d’obtempérer qui vire au coup mortel
Le 25 juillet 2024, c’est vers 22h que ces gendarmes avaient ouvert le feu aux abords du Burger King de Fenouillet. Plus tôt, ils avaient décidé de contrôler Maïky, sa compagne et sa petite fille qui se trouvaient dans un véhicule correspondant à celui utilisé le matin même pour commettre un vol suivi de violences.
Mais la victime avait refusé d’obtempérer et avait pris la fuite. « Ce dernier forçait le passage avant de s’immobiliser après avoir dégradé du mobilier urbain dans sa course », précise le parquet. Deux des gendarmes s’étaient alors rapprochés de la voiture, réitérant la demande de s’arrêter, et l’un d’eux avait été heurté à la jambe.
« Contraints de s’écarter face au danger, indique le parquet, ces militaires ont alors fait usage de leur arme de service dans l’objectif de stopper le véhicule ». Cinq tirs étaient décomptés dont un atteignant le conducteur. Sa compagne et leur tout jeune enfant, présents dans le véhicule, n’avaient pas été touchés.
Par la suite, l’autopsie de celui qui appartenait à la communauté des gens du voyage et vivait à Ginestous, avait confirmé que sa mort était liée à un seul tir d’arme à feu. Une balle dans le crane. Mortelle.
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