Ils sont contrôlés en cette semaine du 3 février 2025 par la police et la gendarmerie. À Cherbourg, Saint-Lô, Coutances ou Granville (Manche), les forces de l’ordre sont mobilisées pour une vaste opération de contrôle et de dépistage des conducteurs de transports en commun.
Après l’accident dramatique survenu en Eure-et-Loir
« À la suite de l’accident dramatique survenu en Eure-et-Loir, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de faire mener des contrôles cette semaine dans tous les départements », explique Laurent Damarin, commissaire de police de Cherbourg-en-Cotentin.
Jeudi 30 janvier 2025, un accident de car scolaire est en effet survenu près de Châteaudun. Le bus, en chemin pour déposer 35 mineurs dans leurs établissements scolaires, s’est couché dans un virage. Plusieurs enfants sont blessés et une adolescente perd la vie. Quant au chauffeur, il avait consommé du cannabis.
Ce mardi 4 février 2025, le commissaire et cinq de ses hommes – deux motards et trois membres du Groupe de sécurité de proximité (GSP) – étaient présents sur le passage des lignes de bus. « Tout ce qui est bus de ville, transports en commun, public, grandes lignes voire van 9 places…, détaille le commissaire. On fait souffler pour l’alcoolémie et on fait un test salivaire pour les stupéfiants. »
Quand on est au volant d’un bus, on doit être en parfaite maîtrise de ses capacités, sans avoir ni bu ni consommé de stupéfiants. C’est une question de responsabilité avant même de parler répression ou délit.
Devant le lycée Alexis-de-Tocqueville, un bus Cap Cotentin ouvre ses portes à deux hommes du GSP. Après avoir expliqué au conducteur les raisons du contrôle, le policier lui tend un collecteur qu’il doit frotter dans sa bouche. Et à l’attention des usagers, il précise : « Le contrôle va prendre quelques minutes, merci pour votre patience. »
Sur le trottoir, l’agent consulte la réaction de la bandelette du test salivaire qui permet de révéler la présence de cocaïne, d’opiacés, de cannabis, d’amphétamines ou encore de méthamphétamines. Pour Thomas, au volant du bus : « C’est tout à fait normal, surtout après ce qu’il s’est passé. »
« Si le test s’avérait positif, précise le commissaire, le conducteur devrait cesser immédiatement son activité et être remplacé sur place par un autre. Rappelons que l’usage de stupéfiants est un délit. » Celui de Thomas s’avère négatif. Il peut reprendre la route.
Avant les vacances
Quelques minutes plus tard, devant la gare routière, d’autres bus de Cap Cotentin font l’objet de contrôles.
« Quand on est au volant d’un bus, on doit être en parfaite maîtrise de ses capacités, sans avoir ni bu ni consommé de stupéfiants, rappelle Laurent Damarin. C’est une question de responsabilité avant même de parler répression ou délit. Dans le cas de ces chauffeurs, ils sont responsables des personnes qu’ils transportent comme de la sécurité des autres usagers de la route qu’ils peuvent croiser. »
La seule politique, c’est la tolérance zéro. Et ces contrôles ont aussi une vocation préventive en vue des départs en vacances qui s’annoncent, notamment sur les grandes lignes de bus.

Outre ces contrôles « coordonnés et ciblés », les policiers le savent : la drogue est partout. « Prenez la cocaïne, note l’un des motards. Avant, elle était réservée à un milieu bien défini. Aujourd’hui, on la retrouve dans toutes les couches de la société. » Le commissaire confirme : « Dans le Nord-Ouest de la France, les réseaux s’étendent. »
Les propositions du député manchois Bertrand Sorre
Dans un courrier daté de ce mardi 4 février 2025 à l’attention du ministre en charge des Transports, le député de la 2e circonscription de la Manche Bertrand Sorre (Renaissance) propose : « Depuis 2015, les autocars affectés à un transport en commun doivent être obligatoirement équipés d’un éthylotest antidémarrage. Des dispositifs existent pour la détection des stupéfiants, mais ils ne sont pas encore obligatoires. […] Je souhaiterais que soit généralisée la détection des stupéfiants. » En outre, l’élu de cette « circonscription rurale pourvue de nombreux secteurs non éclairés et sans accotements aménagés » plaide en faveur « du port obligatoire d’un gilet fluorescent par tous les élèves ».
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