« BONJOUR, c’est Marie Migot ! » Tomber sur son répondeur donne un sacré coup de fouet. Son débit de parole est vif ; le ton de sa voix, celui d’une adolescente. Pleine de d’insouciance. « J’ai dû enregistrer ce message quand j’avais 13 ans et je ne l’ai jamais changé », rigole Marie Migot.
Dernière saison à seulement 26 ans
Ce petit gabarit, cheveux blonds, les yeux clairs qui pétillent, a 26 ans aujourd’hui. Elle dispute cependant sa dernière saison au plus haut niveau sous les couleurs du Quimper Cornouaille tennis de table (QCTT).
Cette décision a été mûrement réfléchie. Marie Migot l’avait annoncé dès son départ d’Ethival dans les Vosges pour Quimper.
Je suis venue ici car je souhaitais finir dans un club où l’esprit était un peu moins tourné vers la compétition, plus familial. Et puis, on m’a dit que la Bretagne c’était sympa. J’ai voulu tester !
« Un niveau incroyable »
La jeune femme, originaire de Périgné près de Niort (Deux-Sèvres), n’a pas été déçue. « Depuis que j’ai commencé le ping-pong à l’âge de 4 ans, il a toujours été au premier plan dans ma vie. Aujourd’hui, je m’entraîne beaucoup moins et j’ai retrouvé la fantaisie de mon sport. »
Son niveau est resté au top. En témoigne sa double victoire, le 13 février contre Saint-Denis, synonyme de maintien du QCTT dans l’élite féminine. Marie Migot a démontré tout son talent sur Instagram :
En quelques mois, l’entraîneur Manu Palud a su cerner sa recrue : « Marie atteint un niveau de jeu incroyable lorsqu’elle est bien dans sa tête et que l’objectif est clairement défini. »
Plus relâchée
Cette année, Marie Migot est parvenue à jouer relâchée. « Je suis restée cinq ans à Ethival où j’ai disputé la Ligue des champions et réalisé mes meilleures performances. Mais c’est du passé. » Elle n’a aucun regret, se sent mieux dans sa peau.
Je suis plus calme. La charge mentale est moins forte. C’est plus fun. Entre nous, on se dit simplement qu’on va faire un match de ping-pong !
Manu Palud reprend : « Avec Marie, il faut réussir à trouver le bon équilibre pour que les consignes ne deviennent pas des contraintes. Dès le début, je lui ai dit de mettre la pression de côté et je lui ai fait confiance. »
Son discours a porté ses fruits. Marie Migot complète : « J’ai aussi beaucoup travaillé sur moi pour rejouer comme je suis ! Créative et en écoutant mon feeling. » Manu Palud va plus loin : « Marie une artiste du ping. Je la compare à Roger Federer sur le plan de l’élégance. »
Plus apaisée
Sur le terrain, le plaisir retrouvé a donc engendré de bons résultats. En dehors, inutile d’avoir fait de grandes études de psychologie pour constater que Marie Migot est épanouie. Apaisée. « Depuis cette année, je dors bien la veille d’un match. Avant, c’était parfois 4 h par nuit. »
Pour elle, le sport n’était plus un jeu. Il faut dire qu’elle a connu le haut niveau dès l’enfance. « À 7 ans, j’étais déjà en équipe de France. À 15 ans, je suis partie toute seule au Japon. Là-bas, tout était structuré, organisé. Il fallait faire comme les autres, entrer dans le moule. » À l’époque, on lui impose « un style robotique ».
Marie Migot finit par s’y plier : « Inconsciemment, j’ai adopté ce jeu en oubliant qui j’étais. »
Burn-out
En 2021, elle n’est pas sélectionnée pour les Jeux olympiques de Tokyo.
Il y avait alors trop d’entraînement, trop de stress. Le sport, ça peut être très dur. Il faut bien s’entourer. Ce que je n’ai pas forcément réussi à faire.
Cette énorme déception se transforme en burn-out. « Marie est comme un papillon qui n’a pas réussi à sortir complètement de son cocon. Elle aurait dû ou pu aller plus haut dans sa carrière », observe Manu Palud. L’athlète a su relever la tête, ouvrir les yeux. « Marie est curieuse ; elle s’intéresse aux gens », apprécie son coach.
Il y a un an, la jeune femme a créé son podcast autour du ping. Il s’intitule On The Edge Table Tennis. « L’idée, c’est d’interroger des joueurs, des coaches, des experts, et de les faire parler de leur parcours. »
« Une grosse perte »
L’entraîneur du QCTT sait que sa joueuse s’apprête à ranger sa raquette.
Ce sera une grosse perte sur le plan sportif. Elle apportait beaucoup au groupe. Elle a également conquis le public, les dirigeants.
Quimper doit encore disputer deux journées de classement pour boucler cette saison 2024-2025. Il reste donc deux rencontres à domicile, en mars et en mai 2025.
Le public quimpérois aura l’occasion de saluer Marie Migot. Elle a plusieurs projets en tête pour la suite, dans l’événementiel sportif, toujours dans le ping-pong. Elle s’intéresse aussi à la préparation mentale. Dans ce domaine, la jeune athlète a déjà beaucoup de choses à raconter.
Podcast à écouter sur les plateformes Spotify, Apple, Deezer…
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