Home Politique David Belliard, une « personnalité complexe » passée d’outsider à champion des Verts

David Belliard, une « personnalité complexe » passée d’outsider à champion des Verts

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David Belliard, c’est l’homme derrière les « rues aux écoles » à Paris, la fin des trottinettes électrique en libre-service, le réseau cyclable, ou l’abaissement de la vitesse maximum sur le boulevard périphérique à 50 km/h. « Caricature de l’écolo du 11e en VEJA » pour certains, loyal partenaire qui sait d’où il vient pour d’autres, l’élu de 46 ans a, de l’avis de tous, pris de l’épaisseur depuis ses premières municipales, en 2020. Le candidat des Verts à la Mairie de Paris pour 2026 est aujourd’hui bien identifié par ceux qui s’intéressent à la politique locale.

Transfuge de classe, queer, avec une expérience dans le civil en tant que journaliste chez Alternatives économiques, notamment, ancien du Sidaction, désormais maire adjoint d’Anne Hidalgo (PS) et président du bailleur de la Ville, la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP)… son pedigree est grossièrement connu. Mais qu’en est-il de sa personnalité ? Grand échalas au regard sombre, l’homme est parfois difficile à saisir. actu Paris s’y est risqué.

Le « syndrome de l’imposteur »

Une personne qui l’a côtoyé de très près durant ses différentes campagnes offre une porte d’entrée. « David a une personnalité complexe, pose-t-elle. Il ne va pas serrer la pogne à un maximum de monde lors d’un déplacement, comme d’autres hommes politiques le font. On peut, par conséquent, avoir le sentiment qu’il ne veut pas aller vers l’autre, qu’il a une forme de froideur. Mais, en réalité, cela vient de son parcours de transfuge de classe. »

Ce que certains journalistes interprètent comme un « côté snob », serait, selon la maire écolo, Emmanuelle Pierre-Marie, un « syndrome de l’imposteur ». L’édile du 12e arrondissement précise sa pensée :

C’est un sentiment qui habite généralement les femmes, on se questionne sur notre légitimité. Lui a ça. Alors que d’autres ne se posent même pas la question

Emmanuelle Pierre-Marie
maire écologiste du 12e arrondissement de Paris

Notre source reprend : « Il vient d’un milieu modeste. L’un de ses premiers jobs étudiants a été de vendre des aspirateurs… Il y a parfois chez lui comme une impression de transgression. » Une ambivalence qui, dans certains contextes, peut s’avérer être un atout de premier ordre.

« Il n’est pas ‘que’ politicien »

« Je le connais depuis 2009, quand il était encore journaliste », contextualise d’entrée pour actu Paris Jérôme Gleizes, le vice-président des Écologistes de Paris. « Ça n’est pas un énarque, il a une expérience du privé. C’est un élément important, il n’est pas ‘que’ politicien. Mais, à côté de ça, il est maire adjoint depuis 2020, ce qui lui confère une bonne connaissance de la politique et des dossiers. »

Parti avec un déficit d’image lors des élections internes précédant les dernières municipales, David Belliard a largement corrigé le tir depuis. Un ancien membre de son équipe de l’époque raconte : « C’était un outsider, il a fallu le faire exister [médiatiquement] face à Julien Bayou. »

Une conquête qui a, fatalement, laissé des traces en interne. Un élu vert témoigne, anonymement : « Il est brillant, volubile, ses analyses sont fines et il peut s’appuyer sur un bon cabinet. C’est aussi un fin psychologue, avec du charme, il a un petit côté… [Emmanuel] Macron. Il vous dit ce que vous voulez entendre, ce qui fonctionne très bien, avec les jeunes, notamment. On se sent importants avec lui et il promet monts et merveilles. Mais, forcément, on est déçus, ensuite. » Amer.

La cause LGBTQ + chevillée au corps

Régulièrement présent à l’écran lors des matinales de chaînes locales, il côtoie aussi souvent la presse ces dernières années, lors des visites et conférences de la Ville de Paris. Sa notoriété a, enfin, été boostée par certains combats clivants très suivis médiatiquement.

« C’est une caractéristique de la nouvelle génération des élus Verts : elle mène des batailles dans l’exécutif, elle fait front, note Jérôme Gleizes. Pour les Jeux olympiques [auxquels il était opposé], il n’a pas reculé. Il a surtout mené un bras de fer avec le préfet, et donc l’État, pour le périphérique. » Ou défendu la Zone à trafic limité (ZTL)…

Son engagement en faveur de la cause LGBTQI + serait, lui, chevillé au corps. Quelqu’un qui a travaillé avec David Belliard par le passé jure : « C’est une pierre angulaire de qui il est, de son histoire. Avec Alice Coffin, ils se battent depuis des années pour un centre d’archives LGBTQI + à Paris. » Pour rappel, en 2012 déjà, l’élu avait cosigné la tribune « Sortons du placard ! » dans le journal Le Monde, ou participé, en 2013, au collectif fondateur de l’Association des Journalistes Lesbiennes, Gay, Bi-e-s, Trans (AJL).

Accéder au pouvoir, sans se diluer…

Dans son cercle resserré, David Belliard a aussi l’intelligence de s’entourer de personnes qui, si elles ne partagent pas forcément toutes ses opinions, savent le remettre en question. C’est en tout cas le sens de la majorité des témoignages recueillis par actu Paris. « Nous n’avons pas toujours été d’accords et je n’ai pas ma langue dans ma poche, mais je n’ai jamais été entravé. Au contraire, il est en demande d’analyses, d’avis différents [et de répondant] », confie un ancien collaborateur. La relation qu’il entretient avec son ex-directrice de campagne, aujourd’hui en charge de sa communication, Hélène Bracon, serait dans la même veine, nous dit-on.

Emmanuelle Pierre-Marie abonde. « Nous nous connaissons depuis plus de dix ans avec David. Nous avons passé une partie de notre vie [politique] ensemble, vécu de nombreuses épreuves. Quand on fait équipe avec lui, on devient son égal, il est très à l’écoute et il ne m’a jamais lâché », déclare-t-elle à actu Paris.

Sur la route des municipales 2026, une question reste en suspens et elle est formulée par Jérôme Gleizes : comment un élu Vert peut-il « accéder au pouvoir sans se diluer, sans perdre de sa radicalité ? ». Sa récente interview dans Le Parisien, où il détaille les grands axes de sa campagne à venir – qui serait davantage tournée vers des thématiques sociales et sociétales, qu’environnementalistes – interroge. Un ancien proche est perplexe : « C’est un positionnement très différent de celui du David Belliard de 2020. D’une certaine manière, il se rapproche un peu de LFI et je ne crois pas que ça soit un choix payant. »



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