En deux temps, cinq mouvements politiques issus de la gauche se sont prononcés ce week-end pour une alliance lors des prochaines élections municipales. Le samedi 25 janvier, c’est la fédération du Parti Socialiste de l’Eure qui a ouvert le bal.
Lors des vœux de la fédération du Parti Socialiste de l’Eure organisés dans une salle de l’Hôtel de Normandie, c’est Martine Séguéla qui a annoncé la couleur. 2025 « va être une année de combat. Il va falloir le mener sur tous les territoires de l’Eure », a déclaré l’élue régionale en appelant les militants à ne rien lâcher. À être extrêmement présents sur le terrain en 2025. « C’est ce qu’on va faire et cela portera ses fruits en 2026 ».
L’Union de la gauche
Avec à l’esprit les prochaines échéances, Timour Veyri a souligné l’importance, dans le département de l’Eure, de l’union de la gauche. Après avoir salué les partenaires politiques du PS dans l’Eure, « sans lesquels nous ne serons rien », le premier secrétaire fédéral est revenu sur le résultat des précédentes élections.
Après des européennes et des législatives « déterminantes » qui ont permis de « regarder les choses en face » ; de constater que « le Front national, à part dans la 4e circonscription, a aggravé son ancrage », mais aussi que la gauche s’est opposée, avec « force et vitalité », au Rassemblement national dans plusieurs circonscriptions, le responsable du PS dans l’Eure estime qu’il n’y a plus grand-chose entre le Rassemblement national et la gauche. Il est donc nécessaire d’être prêt pour « faire entendre les préoccupations réelles des Français, reprendre les combats, les drapeaux que nous avions mis de côté ».
Travail, laïcité, solidarité nationale, doivent revenir au cœur de nos préoccupations.
Préparer l’alternance dans les villes du département
Cela fait 10 ans que la droite à tous les pouvoirs. « On peut constater les dégâts d’une politique qui n’a abouti qu’à une chose. Faire progresser l’extrême droite » a continué le premier fédéral. L’objectif est donc de conserver les mairies de Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche, Gauville, Léry, Verneuil, Brionne, Alizay, etc. « Il faudra aussi partir à la conquête d’autres communes qui n’attendent qu’une chose, l’alternance ». Dans le viseur du PS et de ses partenaires politiques, Vernon, Les Andelys, Louviers qui doit « redevenir la ville de gauche qu’elle n’a jamais cessé d’être », Évreux qui « doit tourner la page des années Lefrand qui ont fait tant de mal ».
À en croire le PS, les militants sont prêts à entrer en campagne. Pour les soutenir et mieux les « armer », le parti va lancer une Université populaire sur tous les grands thèmes municipaux afin d’associer les citoyens à la préparation des programmes. Un premier rendez-vous est fixé le 22 février, avec une conférence spécifique sur la question de l’eau avec Simon Porchet, l’un des plus grands spécialistes de la question de l’eau. Suivra, le 1er mars, une formation spéciale sur le défi de l’égalité hommes-femmes dans les communes avec Sarah Mantah, porte-parole de l’association Olympe de Gouge. « Nous allons organiser un rendez-vous par mois pour préparer l’alternance ».
Bref, assure le député Philippe Brun, « le PS n’est pas mort ». Le nombre de ses adhérents aurait même doublé dans le département depuis les dernières législatives pour devenir la deuxième fédération de Normandie devant le Calvados, l’Orne, la Manche. « L’espoir renaît ». Celui d’une gauche que le parlementaire souhaite « populaire ».
Nous plaiderons pour l’union de la gauche.
Si au PS, les intervenants ont consacré la quasi-totalité de leurs propos aux échéances à venir, ce n’était pas le cas, dimanche matin, au siège de la fédération départementale du Parti Communiste de l’Eure où Amandine Liard a ouvert ses vœux par une longue intervention sur la situation du peuple palestinien.
Devant une assemblée composée de militants communistes, de représentants des Écologistes, du PRG, du PS et de LFI, la secrétaire du PCF de l’Eure s’est longuement attardée sur le désordre mondial.
De la Palestine à l’Ukraine, du blocus de Cuba à l’élection de Trump, elle a appelé le camp progressiste à être de toutes les luttes. Et les a replacés dans la lutte pour le droit à l’égalité. « Toutes nos luttes sont féministes » a souligné la représentante du Parti communiste de l’Eure en évoquant les 136 victimes de féminicides en 2024, en soulignant le courage et la force incroyable de Gisèle Pelicot.
Radicalement opposée au libre-échange qui « accélère les délocalisations », au capitalisme qui est « intrinsèquement lié à la domination masculine » qui « ne permet pas l’émancipation humaniste », Amandine Liard a encore évoqué la situation des outremers avant d’en arriver aux échéances locales. « Nous plaiderons pour l’union de la gauche » a-t-elle assuré en appelant les partis de gauche à composer une véritable coalition, un programme partagé, « à l’image de ce qui s’est passé pendant le Front populaire ». Un souhait exprimé par l’ensemble des intervenants qui ont suivi.
Je serai court et concis : rassemblement !
Invités à prendre la parole, ils l’ont tous répété comme une incantation. « On est tous ensemble », a assuré Christine Le Bonté, la secrétaire de la section PS d’Évreux. « Tout le monde a en tête les prochaines élections municipales, on souhaite que l’ensemble de la gauche se rassemble sur une seule liste. C’est le seul moyen de gagner », a insisté Dominique Cnockaert (Les Écologistes). « Je serai court et concis : rassemblement ! » a ajouté Diego Ortega (PRG).
Restait à entendre la position des Insoumis. « On attend les invitations, on viendra », a lâché Jean-Christophe Turpin. « Unioniste », l’unique représentant de LFI présent aux vœux du PCF estime qu’il n’y a pas d’autre choix que celui du rassemblement dans le département. Y compris avec les socialistes qui se préparent à voter le budget du gouvernement Bayrou ? C’est toute la question pour des Insoumis qui refusent le plus petit compromis avec la droite. « Il faut stopper Macron le plus vite possible » a tranché Jean-Christophe Turpin. Quitte à sacrifier le Nouveau Front Populaire au passage ?
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