En juillet 2024, la communauté de l’aviron dans le Val-de-Marne célébrait le passage de la flamme olympique. Quelques mois plus tard, l’heure n’est plus à la fête, surtout à l’Union sportive métropolitaine des transports (US Métro), à Joinville-le-Pont. Ce club historique de la RATP, lancé dans les années 1930 par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris -l’ancêtre de la Régie, est en péril.
Plus de financements de la RATP depuis deux ans
Depuis plus d’un an, la section d’aviron survit sans les financements de la RATP. Pourtant, son indépendance s’avère toute relative. Propriétaire du site, la Régie a droit de vie ou de mort sur le club. Et son patrimoine sportif ne l’intéresse plus. En conséquence, les bâtiments, où sont stockés une quarantaine de bateaux, vont être cédés.
Cette décision suscite le courroux des 78 rameurs de l’US Métro. Depuis une semaine, une pétition circule pour s’opposer à la disparition de la section. « Véritable institution des bords de Marne, il a formé des champions, accueilli des amateurs et insufflé un dynamisme unique à Joinville-le-Pont », est-il rappelé dans la missive signée par plus de 1 200 personnes, ce mercredi 26 février 2025.
« On veut garder l’âme du club. Mais la mairie nous y en empêche. Nous sommes fatigués »
« La mairie de Joinville nous laisse dehors avec nos bateaux, nos pelles et nos ergomètres sans aucune autre alternative », pestent les pétitionnaires. Sollicitée par actu Paris, la RATP rappelle que « le nombre d’adhérents salariés a diminué, ce qui a conduit le comité d’entreprise à revoir sa politique de subvention des activités sportives ». Selon la Régie, le club « n’est pas en mesure d’assurer le paiement des loyers et charges d’exploitation du site ». Une situation qui entraîne l’entreprise « à envisager la vente du site ».
La Ville riposte
De son côté, la municipalité a dégainé un communiqué amer, consulté par actu Paris. Qualifiant le contenu de la pétition d’« injuste voir mensonger », la Ville assure de ne pas être « à l’initiative de cette mise en vente », mais confirme son souhait de racheter les bâtiments utilisés par l’US Métro.
Selon la collectivité, ces entrepôts permettraient aux services techniques de se rapprocher de leur « dépôt et du garage municipal » situé sur le quai de la Marne. La Ville indique également souhaiter faire des économies pour « éviter de construire un centre technique municipal » dont le coût serait de « 7 à 8 millions » d’euros. Un projet également « plus frugal » sur le plan environnemental, précise-t-elle.
Mais l’association ne démord pas. « Il faut juste de la volonté politique », persifle la direction, qui réfute l’idée de fatalité. « Il y a la jurisprudence Antony (Hauts-de-Seine) », souffle-t-elle. Fin 2024, la commune avait décidé de racheter 6,5 hectares du parc des sports de la Croix de Berny pour un montant supérieur à 16 millions d’euros. Et ce, sans abandonner la finalité sportive du lieu.
Une solution de repli conditionnée
Pareille option se révèle fortement compromise à Joinville. Pour les rameurs du l’US Métro, leur avenir pourrait se dessiner à l’Aviron Marne et Joinville. Fondé en 1876, ce club de 480 licenciés dispose de deux bases nautiques de 1 800 mètres carrés. Une force de frappe considérable susceptible d’absorber la disparition de l’autre club de Joinville. Mais à certaines conditions.
« Nous avons fait savoir à la mairie que nous pourrions accueillir les adhérents, mais nous avons demandé une hausse de la subvention pour employer un encadrant vacataire en plus. Car nous sommes déjà au maximum de nos capacités »
Le club s’engage également à exonérer les droits d’entrée des licenciés du l’US Métro, soit 600 euros. Même promesse concernant les cotisations annuelles (480 euros). « Nous voulons également réunir les meilleurs des deux flottes dans nos locaux », explique Jean-Éric Loisel.
Les prochains mois devraient être intenses en tractations. D’autant que le sujet est inflammable à un an des élections municipales. Maire de Joinville-le-Pont, Olivier Dosne (Libres !) occupe le poste depuis 2008. Fragilisé par une enquête préliminaire pour « prise illégale d’intérêts », selon les informations du Monde, il n’a pas encore annoncé s’il était candidat à sa propre succession.
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