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Coûts, bénévoles, accidentologie… « Le cyclisme est en danger », selon cette figure du vélo à Alençon

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S’il a contacté la rédaction de L’Orne hebdo, c’est qu’il l’heure de « tirer la sonnette d’alarme ». Jean-Pierre Bonhomme, 69 ans, presque autant à graviter autour du vélo, n’est guère optimiste sur la santé du cyclisme en France. Cette figure de la petite reine au pays d’Alençon, tour à tour pratiquant, bénévole et dirigeant, ne mâche pas ses mots : « Le cyclisme est en danger ! »

« C’est devenu un sport de riche »

Selon l’ancien président de l’Union cycliste Alençon-Damigny (Ucad), club dans lequel il est toujours « actif », son sport déraille à cause de plusieurs maux. Comme l’explosion des coûts du matériel, symbolisé par la percée du carbone.

C’est dramatique, le vélo est devenu un sport de riche. Avant, pour 1 000 €, on avait un super vélo. Tous mes champions de l’époque, aux origines très modestes, n’auraient jamais pu s’acheter aujourd’hui un vélo carbone à 3 000 ou 4 000 €.

Jean-Pierre Bonhomme

L’Ornais évoque également l’accidentologie « énorme » dans sa discipline. « Toutes les semaines, des coureurs, amateurs comme professionnels, se mangent des voitures, avec plus ou moins de graves blessures. Ça concerne aussi les pratiquants loisirs et les vélotaffeurs. Le nombre de tués sur les routes est trop important », déplore le sexagénaire, qui a perdu un beau-frère dans ces circonstances.

« Le sport le plus difficile à organiser »

Jean-Pierre Bonhomme s’inquiète de la crise de petites mains pour faire tourner cette pratique, les bénévoles manquant à l’appel comme dans bien d’autres secteurs. « D’autant plus qu’on est le sport le plus difficile à organiser. Pour un match de sport co, il suffit d’arbitres et de bénévoles pour gérer la buvette. En cyclisme, il faut dix fois plus de personnes pour bloquer la route », estime celui qui a contribué à la création du Signal d’Écouves, épreuve nationale réservée aux juniors, à Alençon. « Le danger peut venir de partout. Les organisateurs ont une pression énorme sur la sécurité des coureurs. » Ce qui en a découragé certains : « Avant, pratiquement chaque village avait sa course de vélo. »

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Le spécialiste du vélo dézingue, aussi, l’attitude « désolante » de la Fédération française de cyclisme (FFC). « Le cyclisme d’en bas est oublié », dit-il. « La fédération augmente constamment ses tarifs de licence. Les clubs ne peuvent plus s’en sortir, certains ont dit stop. Il y a un grand découragement. »

Les effectifs chutent, la relève attendue

Cette mauvaise dynamique se répercute sur les effectifs du club alençonnais. Aujourd’hui, l’Ucad ne compte plus « qu’une cinquantaine de licenciés ». « À son apogée, dans les années 80 à 2000, nous tournions autour des 120. Nous étions le deuxième club de Normandie. » Avec d’illustres champions : Laurence Leboucher, Anthony Geslin, Alexandre Pichot…

Malgré « toute la bonne volonté des bénévoles de l’UCAD », la relève se fait attendre.

Cette année, il n’y a que trois cadets à l’Ucad. Les effectifs jeunes baissent en France. Alors que le vélo est de plus en plus plébiscité, avec 9 millions de pratiquants en France.

Jean-Pierre Bonhomme

Son idée : un anneau routier à Alençon

Pour s’en sortir, la discipline doit opérer une « révolution interne ». S’il reconnaît ne pas avoir de « solutions toutes faites », il pense, par exemple, que la construction d’un anneau routier serait bénéfique sur le cyclisme local. « Ça créerait de l’engouement et favoriserait la pratique en sécurité. Nous sommes le seul sport sur Alençon qui ne bénéficie d’aucun équipement. »



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