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comment une arme de guerre se retrouve dans les mains de criminels en France

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Ce mercredi 12 février 2025 au soir, une attaque à la grenade a fait 12 blessés dans un commerce de Grenoble. Au lendemain de l’assaut, qui serait lié à un règlement de compte entre narcotrafiquants, l’accès à ces armes pose question.

Des armes très réglementées

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe différents types de grenade. Il y a les grenades à main, les plus connues, les grenades assourdissantes, utilisées dans les manifestations, ou encore les grenades à plâtre, utilisées pour l’entraînement.

Mais peu importe la grenade, la réglementation est claire : « Aucun particulier ne peut en acheter », assure Yves Gollety, président de la Chambre Syndicale des Armuriers, contacté par actu.fr.

Oui, même pour les grenades à plâtre d’entraînement qui ne contiennent qu’une faible quantité d’explosif.

Ces armes sont réservées uniquement aux forces armées. Et même les armureries qui travaillent avec le ministère de l’Intérieur ne sont pas autorisées à vendre ces équipements. Seuls trois ou quatre endroits en France vendent des grenades.

Yves Gollety
Président de la Chambre Syndicale des Armuriers
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Leur stockage et leur transport sont d’ailleurs soumis à des normes strictes. « C’est très dangereux », insiste Yves Gollety. Un incendie ou un accident en route pourrait en effet avoir de graves conséquences.

Ce matériel est donc classé en A2, une catégorie qui correspond aux « matériels de guerre, des matériels destinés à porter ou à utiliser au combat les armes à feu, et des matériels de protection contre les gaz de combat », selon service-public.fr.

Quiconque détient ces armes classées s’expose à de lourdes sanctions.

Le fait d’acquérir, de détenir ou de vendre une ou plusieurs armes de catégorie A, sans en avoir l’autorisation, est sanctionné par une peine de prison de 5 ans maximum et une amende de 75 000 € maximum.

Service-public.fr

Si l’infraction est commise en bande organisée, la peine de prison passe à 10 ans maximum et l’amende à 500 000 euros.

Les grenades de la Seconde guerre mondiale

Il y a peu de chances que les grenades utilisées lors d’attaques soient celles utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale. Premièrement, il n’est pas autorisé de conserver ce type d’armes chez soi, selon Yves Gollety. En 2022, le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer avait d’ailleurs organisé une opération d’abandon simplifié d’armes à l’État. Ensuite, ces armes qui datent du siècle dernier, ont peu de chances de fonctionner.

Des grenades qui viennent des pays de l’Est

Alors, comment une de ces armes très réglementées s’est retrouvée à Grenoble ? « Les grenades en circulation viennent des pays de l’Est et des pays en guerre comme l’Ukraine », éclaircit l’armurier. Elles sont donc issues du commerce illégal.

Les grenades viennent des pays de l’Est car c’est l’endroit où il y a les derniers conflits en Europe, comme la guerre de Yougoslavie, mais aussi la guerre en Ukraine. C’est du matériel présent dans tous les conflits.

Yves Gollety
Président de la Chambre Syndicale des Armuriers

Autre avantage des pays de l’Est pour les criminels, leur proximité avec l’Europe occidentale. Comme expliqué précédemment, le transport de ces armes est risqué donc plus elles viennent d’un pays proche, plus elles sont privilégiées.

Selon Yves Gollety, ce problème ne va pas s’améliorer, notamment avec la guerre en Ukraine qui continue. « Et même si elle s’arrête, les grenades restantes risquent de circuler dans les pays alentour qui ont souvent une mafia très développée », déplore l’armurier.



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