La soirée débat, organisée à Toulouse jeudi 20 mars 2025, n’avait rien d’un « meeting politique », avait souligné Régis Godec, choisi en novembre dernier pour être le chef de file des Écologistes dans la perspective des Municipales. Pourtant, si l’événement était organisé pour l’arrivée du printemps, il s’est aussi tenu « à 300 jours du premier tour des élections municipales », n’a pas manqué de faire remarquer le candidat.
Accompagné de son adjointe, Hélène Cabanes, ils avaient invité dans la Ville rose l’eurodéputée Écologiste Marie Toussaint pour débattre de la place de la nature en ville. Comment transformer Toulouse, une ville qu’ils estiment « sous-végétalisée » ? Voici leurs propositions.
Répondre à la règle 3-30-300
« La nature et la ville, ce ne sont pas deux mondes séparés. C’est un sujet politique important », introduit Régis Godec.
Garantir à chaque Toulousain un accès à un espace vert fait partie des priorités des candidats qui veulent répondre à la règle : « trois arbres visibles depuis son domicile ; avoir un jardin public à 300 mètres de chez soi ; bénéficier de 30 m² d’espace vert à proximité ».
Une règle loin d’être respectée dans la Ville rose selon Régis Godec et Hélène Cabanes : « on compte 18 m² d’espaces verts par habitant à Toulouse, alors que la moyenne française est de 51 m²».
Accès à la nature en ville : des inégalités pointées
Autre déséquilibre pointé, celui de l’inégalité dans l’accès à la nature en ville, pourtant « indispensable pour vivre mieux », insiste Marie Toussaint. « Ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont le plus touchées par la pollution », relève Hélène Cabanes.
Celle qui siège aussi au conseil de Toulouse Métropole pour le groupe Toulouse écologiste et solidaire prend notamment l’exemple du quartier Borderouge. Situé en bord de rocade, « c’est l’un des plus pauvres de la Ville rose où l’accès aux espaces verts est plus compliqué ».
« Débitumer partout où c’est possible »
En plus de sa situation sociale, Borderouge fait aussi partie des zones relevées par les Écologistes pour être bien trop minérales. Une illustration d’une politique « d’étalement urbain », pointé par Régis Godec. Il y oppose l’éco-quartier de La Cartoucherie, dossier sur lequel il avait travaillé en tant qu’adjoint du maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, de 2008 à 2014. « Il offre un véritable îlot de fraîcheur », souligne-t-il.
Au sein d’une métropole « qui fait partie des plus étendues en France », les Écologistes veulent, en une expression simple, « enlever le bitume partout où cela est possible ».
Ces actions de Jean-Luc Moudenc qui ne convainquent pas
100 000 arbres, Toulouse + fraîche, cours oasis dans les écoles… L’équipe de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a déployé plusieurs plans pour redonner place à la nature en ville et offrir plus de confort en période de canicule.
Des plans qui, aux yeux des Écologistes, sont non seulement loin d’être suffisants, mais rentrent aussi en forte contradiction avec d’autres décisions politiques, « facteurs de destruction des espaces verts » : la très contestée A69 qui reliera Toulouse à Castres, ou encore la Jonction Est qui prévoit la création d’un nouvel échangeur sur le périphérique toulousain. Ce dernier « va défigurer le parc des Argoulets. Il est largement inutile », dénonce Hélène Cabanes.
Corridors verts sur les boulevards, classes vertes…
En réponse, les candidats veulent développer « de véritables cours oasis au sein des écoles, avec des vrais arbres partout où c’est possible, et pas simplement dans des pots. On ne fera rien de mieux qu’un arbre planté en pleine terre. Il faut revenir à des choses simples ».

Sur les boulevards, « on veut retrouver des espaces de qualité pour les piétons, en créant des corridors verts ». À ces idées s’ajoutent encore la création de « grands axes dédiés à la marche », « un réel réseau express pour vélo » ou encore « une multiplication par trois de la surface des jardins partagés qui sont de vrais créateurs de liens sociaux ».
Puisque c’est au plus jeune âge que l’on adopte les bons gestes, Régis Godec veut remettre en avant les classes vertes. « Nous sommes très pauvres sur la place que nous laissons à l’éducation à l’environnement. »
Travaux de la ligne C : comment redonner place à la nature ?
Les travaux pour la future ligne C du métro ont grandement changé la place de la nature en ville dans les quartiers qui voient fleurir leur future station. 1 550 arbres ont été coupés, provoquant, par endroits, de vives réactions chez les riverains et les associations. Une perte que Tisséo, opérateur des transports en commun dans la Ville rose, a expliqué vouloir combler en ne plantant pas moins de 5 000 arbres avant la fin du chantier.
Comment redonner aux habitants impactés un peu de verdure ? « En 2026, on ne pourra pas défaire ce qui a été fait, répond Régis Godec. Mais on peut concilier les éléments : développer des systèmes de jardin, créer des interconnexions pour avoir des corridors écologiques et des espaces de balade de qualité ».
Autant de propositions grâce auxquelles les Écologistes espèrent séduire les Toulousains. En février dernier, le chef de file ne cachait pas son souhait d’être tête de liste d’une gauche unie à Toulouse. Un souhait partagé par Marie Toussaint : « on a impérativement besoin de villes écologistes partout », a encouragé l’eurodéputée.
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