
Un paradoxe. Si le Tour de France 2025 se veut comme un hommage au cyclisme français, cette idée est née… en Italie, sur le parcours 2024.
« Nous étions sur les routes de Gino Bartali, originaire de Florence (où est parti le Tour l’an passé, NDLR), on passait chez Fausto Coppi, Gastone Nencini », énumère Christian Prudhomme. Que « des campionissimi, des campionissimo », s’enflamme alors le directeur de la Grande Boucle, dans une longue interview accordée à actu.fr en décembre dernier.
« On avait envie de faire la même chose en France », tranche-t-il.
Soit, le parcours 2025 rendra donc hommage aux légendes. Et quelque part, c’est tout à fait normal.
Car 2025 est l’année parfaite pour cela. « Ce sont les 40 ans de la dernière victoire d’un Français sur le Tour », note Christian Prudhomme, en l’occurrence Bernard Hinault.
Toutes les légendes françaises « choyées »
Mais il n’y en aura pas que pour le champion breton. Le peloton va s’élancer du Nord, « chez Jean Stablinsky, champion du monde, quatre fois champion de France », pointe le boss du Tour.
L’homme qui fait que la trouée d’Arenberg est sur Paris-Roubaix, lui qui la parcourait à vélo et était mineur en-dessous.
Ensuite, les coureurs iront à Rouen (Seine-Maritime), chez Jacques Anquetil, quintuple vainqueur de l’épreuve. Et dans le tracé rouennais, on retrouve la fameuse côte de Bonsecours, « Tour de la reprise en 1947 », avec la stèle de Jean Robic qui va gagner « le dernier jour » dans une étape Caen-Paris mythique.
Il y aura donc l’hommage à Bernard Hinault en passant chez lui à Calorguen, mais aussi sur son lieu de naissance à Yffiniac (Côtes-d’Armor).
L’autre légende bretonne n’est pas en reste puisque Louison Bobet sera à l’honneur avec le départ de la huitième étape donnée à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), « l’année du 70ᵉ anniversaire de sa troisième victoire sur le Tour et du centenaire de sa naissance ».
C’était un record à l’époque. Aucun coureur n’avait jamais gagné trois fois de suite. Les élus de Saint-Méen-le-Grand m’avaient écrit depuis des années. En 2025, on savait très bien que l’on irait en Bretagne.
Il y aura évidemment l’arrivée sur les Champs Élysées, 50 ans après la première arrivée du Tour sur la plus belle avenue du monde et la victoire de Bernard Thévenet, qui « bat en 1975 le plus grand champion de l’histoire, Eddy Merckx », insiste Christian Prudhomme.
Le Tour passe aussi par La Plagne (Savoie), où Laurent Fignon a gagné deux fois.
Seuls André Leduc et Antonin Magne, d’une certaine manière, ne sont pas servis. Autrement, les multiples vainqueurs du Tour français seront à un moment ou un autre, choyés, mis en avant, mis en valeur sur le parcours.
Le Tour, une histoire de transmission
De son propre aveu, le public reproche à Christian Prudhomme de « célébrer les anciens ». Réponse : « Mais heureusement ! Moi, les gens qui n’ont pas de mémoire me font très peur. On n’arrive pas comme ça, je n’ai pas de racines et après moi le déluge. »
La transmission sur le Tour de France, elle est pour moi aussi importante dans la légende du Tour de France que les champions. Sans champions, il n’y a pas de Tour de France bien sûr. Mais autour des champions a été créé un mythe plus grand que la simple compétition sportive.
Du grand-père au petit-fils, donc, la légende se transmet. Et en 2025, il y aura encore des histoires à raconter.
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