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comment cette commune du Cotentin est née

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Et voilà, c’est fait. Après son adoption par la Chambre des députés et le Sénat, le décret promulguant la loi divisant la commune de Tourlaville en deux communes distinctes, vient d’être signé par Émile Loubet, président de la République. C’est l’acte de naissance officiel de la commune de La Glacerie, jusqu’alors simple section de la commune de Tourlaville.

1 800 hectares

En laissant La Glacerie prendre son indépendance, Tourlaville perd plus de la moitié de son territoire, soit près de 1 800 hectares.

Une idée qui fait son chemin

Il en a fallu du temps et de la persévérance pour en arriver là ! A l’origine du mouvement, la liquidation de la manufacture des glaces en 1834 (voir notre édition du 5 mars précédent) et le refus des habitants du village de la Verrerie (où était installée la manufacture) de voir disparaître leur chapelle en même temps.  

Mieux encore, dès le 4 octobre 1846, les habitants de la Verrerie peuvent aller assister aux offices de leur nouvelle église, Notre-Dame-de-la-Délivrande. Dans la foulée, le clergé reconnaît l’existence de la nouvelle paroisse, désormais indépendante de celle de Tourlaville. Dès lors, l’idée que La Glacerie peut exister en tant que commune indépendante, fait son chemin.

Et c’est le maire de Tourlaville lui-même, Michel Mauger, qui pousse à la roue de cette idée dès 1849. La commune est trop grande, argumente-t-il, car pour un habitant de la Verrerie qui désire faire établir un document officiel, il doit se rendre à la mairie de Tourlaville, distante de plusieurs kilomètres. Même chose pour les mariages : imagine-t-on les jeunes époux et leur noce marcher pendant des heures pour joindre la nouvelle église de La Glacerie et la mairie de Tourlaville ? Enfin, Michel Mauger pense également à une plus grande efficacité administrative pour peu que la commune soit séparée en deux.

Autant d’arguments sensés qui ne seront pas entendus pendant des décennies jusqu’à ce qu’à la fin du XIXe siècle, le conseil municipal donne enfin son accord pour que le processus administratif et législatif s’enclenche, et aboutisse à la signature tant attendue d’Émile Loubet.

Un maire, une mairie et des Glacériens

Qui dit nouvelle commune, dit élections pour désigner le conseil municipal et le maire… non seulement dans la nouvelle commune de La Glacerie, mais aussi dans celle de Tourlaville. Maurice Cabart-Danneville, sénateur et maire sortant de Tourlaville, pense qu’il a partie gagnée en se présentant à La Glacerie (où il a une belle propriété, Les Sorbiers). C’est au contraire une liste composée de cultivateurs et d’ouvriers qui l’emporte, et qui désigne Henri Menut, entrepreneur, pour être le premier maire de la commune.

Henri Menut, premier maire. ©Archives La Presse de la Manche.

Qui dit maire et conseil municipal, dit mairie. Rapidement, le choix des élus se porte sur l’école des Rouges-Terres, quartier plus central et plus peuplé que le village de la Verrerie. Le choix ne sera entériné qu’en 1907 (l’école des garçons occupant la partie droite, celle des filles la partie gauche, et la mairie au centre du bâtiment).

Dans la vallée de Quincampoix, de nombreuses guinguettes où on vient s'amuser le dimanche.
Dans la vallée de Quincampoix, de nombreuses guinguettes où on vient s’amuser le dimanche. ©Collection privée.

Enfin il est temps de faire connaissance avec les Glacériens de cette époque. Ils sont environ 2 000, répartis essentiellement sur deux « quartiers », autour des Rouges-Terres et le village de la Verrerie. Il y a 4 écoles (2 aux Rouges-Terres, une aux Brûlins, et une privée au village de la Verrerie), des petits commerces, quelques entreprises (dont la briqueterie-tuilerie du maire Henri Menut, installée dans les Rouges-Terres), et surtout, de nombreuses fermes. Sur le versant ouest, la vallée de Quincampoix est dédiée au passage de la Divette et de la ligne Paris-Cherbourg. Enfin repliée discrètement dans la vallée, la pyrotechnie du Nardouet (qui ne sera opérationnelle qu’en 1903).

Et maintenant, que la vie de La Glacerie commence !

Un receveur municipal pointilleux

Pour fonctionner, la nouvelle commune de La Glacerie a besoin d’un budget. Sauf que le receveur municipal de Tourlaville met des bâtons dans les roues de La Glacerie, à tel point que c’est le maire Henri Menut qui doit puiser dans ses propres économies pour permettre à sa commune d’avoir ses fonds propres. Les choses rentreront dans l’ordre dès 1902.



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